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Front commun contre la surprescription d'opioïdes au Canada

OxyContin
Le Canada est l'un des pays où il se prescrit le plus d'opioïdes dans le monde. Photo: La Presse canadienne / AP/Toby Talbot
Radio-Canada

Près de 500 professionnels de la santé ont décidé de faire front commun pour mettre un frein à la surprescription d'opioïdes au Canada. La Coalition pour une gestion sûre et efficace de la douleur a livré un plaidoyer en faveur des traitements alternatifs non pharmaceutiques à l'occasion du 7e Congrès sur les dépendances, qui se tient à Calgary.

Selon Michael Heitschu, président de la Coalition pour une gestion sûre et efficace de la douleur, il est impératif que le Canada trouve des façons de diminuer son recours aux opioïdes.

« L’année passée seulement, 19 millions d'ordonnances ont été rédigées au Canada. Il ne faut pas s’étonner alors de voir que le Canada est le deuxième consommateur d’opioïdes prescrits [Du monde]. Mais ça ne doit pas nécessairement être comme ça », explique-t-il.

Opioïdes 101

Les opioïdes, qui font partie de la famille des narcotiques, regroupent des médicaments utilisés pour contrôler la douleur. Santé Canada explique que ces produits, normalement prescrits par un médecin, agissent sur les cellules nerveuses spécifiques de la moelle épinière et du cerveau.

Mal utilisés, ces médicaments peuvent occasionner une accoutumance assez rapidement et mener à des surdoses ou à la mort. Le gouvernement fédéral a d’ailleurs recensé au Canada près de 2500 décès liés aux opioïdes en 2016.

La Coalition a profité de l’événement pour dévoiler un rapport dans lequel elle fait des recommandations à l’intention des professionnels de la santé.

Dans le document, on souligne qu’un grand nombre de Canadiens ignorent qu’il existe des traitements de rechange pour réduire la douleur tels que les soins de chiropractie, de physiothérapie ou d’ergothérapie.

« Bien que la crise des opioïdes soit complexe, une partie de la solution consiste à réduire le nombre de personnes à qui l'on prescrit des opioïdes, en repensant le rôle et l'accès aux solutions non pharmaceutiques dans la gestion de la douleur », indique le rapport.

La forte demande pour les opioïdes est basée sur l'idée trompeuse que toute douleur, y compris la douleur chronique, peut être traitée avec une pilule.

Extrait du rapport de la Coalition pour une gestion sûre et efficace de la douleur

Une personne sur quatre

Plus du quart des patients qui utilisent des opioïdes risquent de devenir dépendants après la première ordonnance, selon les auteurs du rapport.

Pour Matthew Young, analyste principal au Centre canadien sur les dépendances et l'usage de substances, tant les professionnels de la santé que les compagnies pharmaceutiques ont sous-estimé les risques associés à la consommation soutenue d’opioïdes.

Chez les Canadiens, ces médicaments sont généralement utilisés pour traiter les douleurs du cou ou du dos, ou encore les douleurs relatives à la fibromyalgie.

Les études indiquent toutefois que les opioïdes ont des effets limités, comparativement à d’autres types de soins, parce qu’ils n’aident pas à prévenir la douleur à long terme.

Selon la Coalition, le manque d'options abordables dans le système de soins de santé du Canada – les soins de santé dispensés par les médecins spécialistes demeurent chers, alors que les médicaments ont tendance à être remboursés par les assureurs et par les régimes de santé provinciaux – fait en sorte que les opioïdes sont souvent prescrits par défaut.

Malgré toutes ces recommandations, les auteurs du rapport rappellent qu’ils ne cherchent pas à s’en prendre aux utilisateurs actuels d'opioïdes ni à ceux qui reçoivent des ordonnances pour un traitement de cancer ou des soins palliatifs.

« Il est important que les gens ne soient pas abandonnés dans la douleur ou sans la certitude qu'ils trouveront un peu de soulagement, note le rapport. Les patients qui bénéficient vraiment des opioïdes devraient être en mesure de les obtenir. »

Avec les informations de Stéphanie Rousseau

Avec les informations de CBC

Alberta

Santé