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Faut-il sortir la malbouffe des pharmacies?

On voit des chocolats et des friandises vendus en pharmacie.

Des chocolats et friandises vendus en pharmacie.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Bonbons, chips et friandises à la pharmacie : nous y sommes habitués. Parfois, une section entière est consacrée à de la nourriture rarement bonne pour la santé. Est-ce contradictoire pour une entreprise d'abord vouée à la santé?

Un texte d’Émilie Jacob, de L’épicerie

En mars dernier, François Marziali ouvrait à Cowansville, en Montérégie, un Familiprix grande surface dédié uniquement à la santé. Tous les produits qui ne répondent pas à ce critère sont bannis.

« Si vous choisissez votre pharmacien, quand on vous vend de la malbouffe, il y a peut-être lieu de se questionner », dit-il. François Marziali est à contre-courant.

Les pharmacies sont principalement propriétés des grandes chaînes d’alimentation. Pharmaprix appartient à Loblaw. Walmart et Sobeys ont aussi leurs pharmacies dans leurs épiceries et Jean Coutu a été vendue à Metro, qui détient déjà les pharmacies Brunet.

Au Québec, 7 % de la nourriture est achetée dans les pharmacies. Les aliments sains sont pratiquement inexistants dans certains de ces points de vente. Une situation qui commence à rendre l’Ordre des pharmaciens mal à l’aise.

« Ce n’est pas l’idéal et je pense qu’il y a beaucoup de pharmaciens qui ne sont pas vraiment à l’aise avec ça », affirme Bertrand Bolduc, président de l’Ordre des pharmaciens du Québec.

Le pharmacien a un rôle beaucoup plus large que la dispensation et le suivi de médicaments. Je pense que les pharmaciens doivent réfléchir à ce qu’ils offrent comme produits et services à leur clientèle, toujours dans une optique santé.

Une citation de : Bertrand Bolduc, président de l’Ordre des pharmaciens du Québec
On voit un sac de croustilles, une bouteille de boisson gazeuse et des boîtes de gâteaux vendus en pharmacie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La malbouffe vendue en pharmacie

Photo : Radio-Canada

L’avocate Mélanie Bourassa-Forcier, professeure et directrice des programmes de droit et politiques de la santé à l’Université de Sherbrooke, s’est penchée sur ce paradoxe. « On se retrouve maintenant avec un pharmacien qui a deux chapeaux. C’est un pharmacien qui a le rôle de promouvoir la santé publique et la santé de ses patients et c’est aussi un pharmacien commerçant », dit-elle.

Si la cigarette a été bannie des pharmacies, pourquoi ne pas le faire pour la malbouffe? La position de l’Ordre sur la présence de nourriture n’est pas aussi tranchée que pour la vente de tabac.

« On avait un levier légal pour le tabac; pour le sucre ou les autres aliments, nous n’en avons pas. On n’a pas de levier légal pour fouiller dans la boutique du pharmacien et lui interdire des choses, mais on peut très certainement l’encourager à réfléchir à ça et à développer », explique M. Bolduc.

Selon Me Bourassa-Forcier, la perception de la société sur l'effet malsain de la malbouffe n'est pas la même que celle sur le tabac. « Si je consomme, par exemple, des chips, des boissons gazeuses composées de sucre, c’est malsain pour moi, ce n’est pas recommandé, mais je vois beaucoup moins l’impact sur les tiers », souligne-t-elle.

[Mais] l’impact est quand même là parce que juste les coûts du système de santé associés au fait de traiter les gens qui ont des maladies chroniques sont faramineux.

Une citation de : Me Mélanie Bourassa-Forcier, professeure à l’Université de Sherbrooke

Me Bourassa-Forcier explique que si certains pharmaciens semblent éprouver un malaise à vendre ces produits, ils sont généralement associés à des chaînes qui exercent des pressions importantes. Leur pouvoir de décision au sein de leur pharmacie est limité.

Les deux plus gros joueurs au Québec, Pharmaprix et Jean Coutu, ont refusé d’en discuter. Pour le moment, au Canada, aucune loi n’interdit la vente d’aliments néfastes pour la santé.

Le reportage est diffusé à L’épicerie, mercredi, à 19 h 30, à ICI Radio-Canada Télé.

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