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  • Envoyé spécial
  • Rodrigo Duterte rejette les critiques de Trudeau sur les droits de la personne

    Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s'adresse aux médias après sa participation au sommet de l'Asie du Sud-Est, le 14 novembre 2017, aux Philippines.

    Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s'adresse aux médias après sa participation au sommet de l'Asie du Sud-Est, le 14 novembre 2017, aux Philippines.

    Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

    Radio-Canada

    Affirmant avoir été insulté par les commentaires de Justin Trudeau lors d'une rencontre où ce dernier a abordé sa violente politique de répression antidrogue, le président philippin Rodrigo Duterte a déclaré n'avoir de comptes à rendre qu'à son peuple en matière de droits de la personne.

    Avec des informations de Philippe-Vincent Foisy, envoyé spécial à Manille, aux Philippines

    « J’ai eu la chance d’échanger directement avec le président Duterte. J’ai parlé des liens très profonds entre le Canada et les Philippines, mais j’ai aussi soulevé des enjeux plus difficiles […] Je lui ai dit que j’étais préoccupé, évidemment, par les droits de la personne », avait fait valoir peu avant le premier ministre canadien au terme du sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE) qui avait lieu cette année à Manille.

    Des groupes, comme Amnistie internationale, avaient demandé au premier ministre de soulever les préoccupations du Canada au sujet des milliers de meurtres commis par la police philippine dans le cadre de la guerre que livre le président Duterte aux trafiquants et aux consommateurs de drogues.

    Il fallait absolument que j’en parle en personne avec le président. Je lui ai proposé d’être là s’ils ont besoin de nous ou s’ils veulent de nous.

    Justin Trudeau

    Duterte « insulté » par les commentaires de Trudeau

    Le président Rodrigo Duterte, offusqué et en colère, a répliqué peu après, devant un parterre de journalistes, qu'il n'a de comptes à rendre qu'aux Philippins lorsqu'il est question de droits de la personne.

    J'ai été élu par le peuple de la République des Philippines. Je ne réponds qu'au peuple de la République des Philippines.

    Rodrigo Duterte, président des Philippines

    Rodrigo Duterte a estimé « insultant » qu'un étranger se prononce sur la situation intérieure d'un pays qui n'est pas le sien.

    « Je lui ai dit [à Justin Trudeau] que je ne m'expliquerai pas. C'est une insulte personnelle et officielle », a-t-il déclaré. « Cela me choque lorsque vous êtes un étranger et que vous ne connaissez pas exactement la situation dans ce pays. Que vous n'enquêtez même pas », a dénoncé Rodrigo Duterte devant les journalistes.

    Justin Trudeau, de son côté, affirme avoir eu un échange tout à fait cordial avec son homologue philippin.

    En septembre 2016, Rodrigo Duterte avait traité le président des États-Unis Barack Obama « de fils de pute » [son of a bitch] après que le département d'État eut critiqué publiquement sa campagne antidrogue.

    Tisser des liens avec l’ANASE

    Le premier ministre canadien a prononcé un discours plus tôt mardi devant les dirigeants de l’ANASE pour souligner le 40e anniversaire des liens entre ce bloc des 10 pays de l’Asie du Sud-Est et le Canada.

    Justin Trudeau a notamment déclaré que le Canada était impatient de devenir membre du sommet de l’Asie orientale, un groupe de pays qui discute des enjeux de sécurité dans la région, et du panel des ministres de la Défense de l’association.

    « Le Canada n'a pas seulement envie, mais il est prêt à devenir un partenaire essentiel pour les 50 prochaines années », a déclaré Justin Trudeau.

    En conférence de presse, il a rappelé que l’Asie du Sud-Est représente un marché de 640 millions de personnes, presque deux fois l’équivalent de la population américaine. D’ailleurs, le Canada a entamé en septembre des discussions exploratoires en vue d’un accord de libre-échange avec la région.

    « Cela représente une occasion économique formidable », a-t-il indiqué.

    M. Trudeau a également souligné les efforts du Canada pour aider la minorité musulmane des Rohingyas, dont la décision de nommer l'ancien député Bob Rae comme envoyé spécial dans la région.

    « Le Canada continuera de soutenir les efforts humanitaires et politiques de l'ANASE afin de trouver une solution durable et juste à la crise en cours », a dit M. Trudeau, qui a discuté plus tôt cette semaine avec la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi.

    Missions de paix : une annonce au menu mercredi

    Immédiatement après son discours, Justin Trudeau a quitté les Philippines en direction de Vancouver, où s’ouvre mardi le sommet sur les missions de la paix de l’ONU.

    Le gouvernement doit annoncer mercredi son plan. Ottawa offrira aux Nations unies de l’équipement haut de gamme et des militaires qui pourraient entraîner des troupes de maintien de la paix engagées dans des déploiements dangereux, a appris Radio-Canada.

    Le Canada discute de sa contribution aux forces de maintien de la paix avec l’ONU depuis plusieurs mois, mais certaines des propositions présentées par Ottawa ne sont pas considérées comme des priorités opérationnelles de l’ONU, ni même comme nécessaires, selon nos informations.

    En août 2016, Ottawa annonçait que jusqu’à 600 soldats canadiens seraient mis à la disposition des Nations unies dans le cadre du Programme pour la stabilisation et les opérations de paix, doté d’un budget de 450 millions de dollars. Le gouvernement n’avait toutefois pas dévoilé à quel endroit et à quel moment ces troupes seraient déployées.

    La mission devait être annoncée au début de l’année.

    Lors d’une entrevue aux Coulisses du pouvoir dimanche, le général à la retraite Roméo Dallaire indiquait que le Canada pouvait jouer un rôle important en matière de formation.

    « Il y a présentement 110 000 Casques bleus sur le terrain. Et ce n’est pas avec 600 ou 500 ou 800 soldats que le Canada va faire le poids avec ce qui se passe sur le terrain », a-t-il indiqué.

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