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Exclusif

Cannabis à 18 ans : une majorité de groupes et de citoyens consultés favorables

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La prévention constitue la principale inquiétude qui ressort de la consultation publique menée par Québec. Plus de 12 000 citoyens ont participé à la consultation par Internet, et 139 mémoires ont été déposés lors des consultations menées par la ministre responsable, Lucie Charlebois, dans sept villes. C'est peut-être une preuve de l'intérêt que suscite la légalisation du cannabis au Québec.

Un texte de Davide Gentile

Les participants aux consultations s’accordent, dans une proportion variant de 60 % à 67 %, pour dire que l’âge légal pour l’achat et la consommation de cannabis devrait être 18 ans.

Les risques de banalisation dans la foulée de la légalisation inquiètent une bonne partie des quelque 270 citoyens et organisations présents aux consultations qui ont eu lieu du 22 août au 12 septembre. Bon nombre craignent une hausse de la consommation et des incidences sur le réseau de la santé.

La consultation fait ressortir le besoin d'établir un plan de match élaboré pour prévenir les méfaits. « Dès maintenant, des investissements doivent être consentis en prévention », écrit-on dans le rapport des consultations.

Cela explique peut-être la raison pour laquelle le Québec et d'autres provinces sont insatisfaits de l'offre d'Ottawa quant au partage des revenus de vente qui seraient orientés vers la prévention. Ottawa propose de diviser les revenus en parts égales avec les provinces, qui en réclament davantage, parce qu'elles estiment qu'elles seront en première ligne pour répondre aux demandes découlant de la légalisation.

Cependant, le rapport suggère d'éviter de diaboliser le produit.

« L'accent doit être mis sur la modération plutôt que l'interdiction. Elle ne devra pas banaliser ni diaboliser la substance et sa consommation. »

— Une citation de  Extrait du rapport des consultations publiques

Pour arriver à jauger les effets du produit, il faudra accentuer l'effort de recherche. Parce que le produit est illégal, on dispose de peu d'information sur les effets de la consommation de cannabis à long terme.

Malaise face à la recherche du profit

Associer la notion de profit à la vente de cannabis est loin de faire l'unanimité. Selon le rapport des consultations, une majorité de groupes et de citoyens entendus seraient opposés à ce que le cannabis serve à enrichir les particuliers. On perçoit aussi une inquiétude quant au fait de publiciser le cannabis. Et tous souhaitent que les revenus soient réinvestis dans la réduction des méfaits.

Vente : la présence de l'État souhaitée par plusieurs

La majorité des représentants du milieu des affaires sont en faveur d'une implication du secteur privé. Mais dans l'ensemble, plus de la moitié des personnes et organisations qui ont participé aux consultations régionales privilégient un monopole de l'État dans la vente de cannabis.

Cette tendance est forte chez les intervenants du secteur de la santé. Cependant, la consultation sur Internet a donné des résultats assez différents : 22 % favorisent un monopole d'État, 20,5 % le secteur privé et 34 % un système mixte.

La consultation fait ressortir le besoin d'offrir des produits de qualité avec un étiquetage clair, mais aussi la présence de personnel qualifié dans les établissements qui vendront le cannabis.

Le gouvernement du Québec doit réinvestir les revenus et les profits de la vente de cannabis en prévention, en éducation, en santé et en recherche. Quel que soit le modèle final choisi pour la vente, on indique que « le prix devra être compétitif pour restreindre le marché noir ». Plusieurs insistent sur le fait qu'il faudra développer le commerce en ligne.

Production à des fins personnelles : craintes chez les uns, espoirs chez d'autres

Il existe ici un schisme assez clair entre les citoyens et les organisations. La majorité de citoyens qui se sont prononcés sur le web ou lors des consultations régionales y sont favorables. Mais les organisations sont nettement moins enthousiastes.

« Ce type de production serait difficile à contrôler, contribuerait à banaliser la substance et pourrait augmenter l'accès du produit pour les enfants et adolescents. »

— Une citation de  Extrait du rapport des consultations publiques

De plus, la perspective de voir des milliers de Québécois lancer une petite production personnelle inquiète les associations de propriétaires immobiliers. Ils craignent que la production, même de quelques plants, ne génère de l'humidité et n'augmente les risques de moisissures.

Cannabis et conduite : tolérance zéro réclamée par plusieurs

D'autres éléments risquent d'être problématiques. On pense par exemple aux lieux de consommation et à la conduite sous l'influence du cannabis. Le gouvernement devra fournir une partie de la réponse à la plupart des questions soulevées depuis quelques mois.

Des sources indiquent que le projet de loi québécois visant l’encadrement du cannabis sur son territoire sera volumineux, parce que la légalisation du cannabis a des incidences sur plusieurs ministères. Ce projet de loi doit être déposé sous peu.

La loi fédérale devrait entrer en vigueur l'été prochain. Toutefois, parce que la majeure partie des incidences sont provinciales, Québec doit avancer rapidement.

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