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Occupation des édifices vacants à Montréal : une promesse électorale à adapter

Construit entre 1853 et 1940, l'ancien hôpital de la Miséricorde situé sur le boulevard René-Lévesque Est à Montréal est vacant depuis maintenant 6 ans.

Construit entre 1853 et 1940, l'ancien hôpital de la Miséricorde situé sur le boulevard René-Lévesque Est à Montréal est vacant depuis maintenant 6 ans.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Radio-Canada

Projet Montréal s'est engagé pendant la campagne électorale municipale à créer 10 incubateurs d'entreprises dans des bâtiments publics vacants. Contrairement à d'autres promesses, comme la ligne rose ou encore la construction de 12 000 logements sociaux, cet engagement devrait pouvoir se concrétiser facilement, à condition de l'adapter un peu.

Un texte de René Saint-Louis

Il y a environ 900 bâtiments vacants à Montréal, dont 120 qui sont d'intérêt patrimonial. On n'a qu'à penser à l'hôpital de la Miséricorde, sur le boulevard René-Lévesque, au théâtre Empress, dans Notre-Dame-de-Grâce, ou encore à l'ancienne gare d'autocars de la station de métro Berri-UQAM.

Même s'ils sont vides, ces édifices sont souvent entretenus, ce qui engendre des dépenses importantes pour le chauffage, la sécurité et même les assurances.

Ainsi, l'entretien des grands hôpitaux montréalais vacants depuis l'ouverture du CHUM et du CUSM coûte 3,5 millions de dollars par année aux contribuables.

Occupation temporaire

L'organisme Entremise a comme mission de faciliter l'occupation temporaire de bâtiments vacants. Son cofondateur Jonathan Lapalme croit que la promesse électorale de Projet Montréal sera « tout à fait faisable ».

Selon lui, de nombreux freins administratifs, techniques ou fiscaux, ralentissent le déploiement d'usages temporaires des bâtiments vacants. Une volonté politique manifeste était donc nécessaire pour aller de l'avant.

Le défi va être d'apprendre de chacun de ces projets-là pour faciliter les autres. Plus on va en faire, plus ça va être facile, et plus on va créer vraiment un cadre adapté pour ce type de pratiques là. Et éventuellement changer la culture de planification urbaine à Montréal.

Jonathan Lapalme, cofondateur d'Entremise

Jonathan Lapalme ajoute qu'il ne faut surtout pas attendre le projet parfait qui va répondre à toutes les questions; on risquerait alors d'attendre indéfiniment, comme c'est le cas en ce moment.

Jonathan Lapalme au centre de la rue de Gaspé bordée de vieux édifices industriels.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le cofondateur de l'organisme Entremise, Jonathan Lapalme.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Des incubateurs?

L'idée de Projet Montréal de créer 10 incubateurs d'entreprises semble cependant plus difficile à concrétiser, selon le directeur de l'Accélérateur de l'Institut d'entrepreneuriat Banque Nationale-HEC Montréal, Manaf Bouchentouf.

Un incubateur d’entreprises est « un programme » qui permet aux entreprises en démarrage d’accéder à du mentorat et à d’autres formes de soutien pour les aider à s’établir. À Montréal, chaque université en a déjà un. L'École de technologie supérieure (ETS) déménagera d'ailleurs le sien sous peu dans un édifice vacant, soit l'ancien Planétarium Dow.

Les incubateurs d'entreprises sont déjà assez nombreux. Toutefois, précise Manaf Bouchentouf, il manque d'espace de travail collaboratif, car ce phénomène gagne en popularité à Montréal.

La demande est aussi très forte, dit-il, pour des « fablab », c'est-à-dire des laboratoires ou des ateliers de fabrication de produits.

Plutôt que d'aller développer des prototypes ailleurs dans le monde, où les entrepreneurs doivent breveter leurs produits pour qu'ils ne soient pas copiés, on peut le faire ici pour arriver avec un prototype facilement vendable, commercialisable, avec lequel le marché peut être testé.

Manaf Bouchentouf, directeur de l'Accélérateur de l'Institut d'entrepreneuriat Banque Nationale-HEC Montréal

Du côté de Projet Montréal, l'attaché de presse de Valérie Plante, Marc-André Viau, précise que la promesse faite pendant la campagne électorale résulte d'une vision assez large et qu'elle pourrait donc prendre plusieurs formes. « En gros, écrit-il, il y a des entrepreneurs sans espace et des espaces sans entrepreneurs. On veut combler les besoins. »

Grand Montréal

Politique municipale