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Un transgenre de 11 ans soutenu par sa famille

Mason, un transgenre de 14 ans, se sent libre, 3 ans après sa transition. Il est assis dans un restaurant.

Mason, un transgenre de 14 ans, se sent libre, 3 ans après sa transition.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les jeunes transgenres se sentent prisonniers d'un corps qui leur est étranger. Ils portent un poids énorme sur les épaules au moment où ils tentent d'exprimer leur identité sans déplaire à ceux dont ils recherchent l'approbation. Lorsqu'ils tentent timidement de s'affirmer à l'école, ils sont rapidement l'objet de rejet et d'ostracisme.

Un texte de Jacqueline Landry

C'est avec la peur au ventre qu'ils passent les portes d'entrée de l'école, attendant anxieusement les premières moqueries et les menaces, qui se transforment parfois en violences verbales, voire physiques.

De retour à la maison, les choses ne s'arrangent pas. Au contraire, pour la plupart de ces jeunes, la situation empire. Les parents, déconcertés par leur désir de transition, réagissent de façon très négative et exercent une pression énorme sur leur enfant, car ils croient qu'il subit de mauvaises influences.

C'est ce qu'explique Morgane Oger, la présidente de l'Association transgenre de la Colombie-Britannique, qui rencontre des adolescents à la recherche de conseils.

Ces jeunes sont profondément malheureux, dit-elle, car ils veulent plaire à leurs parents, mais ils savent que quelque chose ne va pas entre leur corps et leur esprit.

Je me sentais pris dans ce corps qui ne correspondait pas à mon cerveau.

Mason, jeune transgenre

Une personne transgenre est quelqu'un qui modifie, voire rejette, son identité sexuelle d'origine et affiche une nouvelle identité de genre.

En parallèle à ces histoires très sombres, il existe de véritables contes de fées, ou l'enfant transgenre s'épanouit comme par magie.

Mason, 14 ans, qui vit dans la vallée du Fraser, a fait la transition de fille à garçon à l'âge de 11 ans.

Sa mère, Lisa, raconte qu'il a d'abord informé sa petite soeur de 9 ans avant de trouver le courage de se confier à ses parents.

Un jour, lorsqu'il a vu sa mère lisant un article de magazine où l'on expliquait avec respect ce qu'était un transgenre, il s'est senti en confiance et prêt à lui parler.

Mason, un transgenre de 14 ans de la vallée du Fraser avec sa mère, Lisa, 3 ans après sa transition.

Mason, un adolescent transgenre de 14 ans de la vallée du Fraser avec sa mère Lisa 3 ans après sa transition.

Photo : Radio-Canada / lisa

Malgré le choc de la nouvelle, Lisa n'était pas surprise. Le comportement de son enfant depuis son plus jeune âge prenait tout son sens.

Nous avons toujours su que quelque chose le dérangeait. Son attitude en retrait à l'école, car il n'avait pas d'amis, ses difficultés scolaires. Nous ne savions pas ce que c'était jusqu'à ce qu'il se confie à nous.

Lisa, mère de Mason

Les parents de Mason ont alors recherché de l'aide, et leur fils a entamé sa transition sociale trois jours plus tard, épaulé par des psychologues et des médecins.

L'enfant s'est ensuite fait couper les cheveux très court, une chose qu'il demandait depuis longtemps.

C'était extraordinaire lorsqu'on m'a coupé les cheveux. Je me suis senti libre. Même si je portais toujours une robe comme uniforme à l'école. Au moins, je n'avais plus les cheveux longs.

Mason, jeune transgenre

« Puis, poursuit Lisa, nous avons décidé d'annoncer la nouvelle à la famille élargie. Nous craignions un peu les réactions, car nous avons été élevés dans un catholicisme très strict.

Mais tout le monde a bien accueilli la nouvelle. Ils étaient unanimes sur le fait que nous devons aimer nos enfants, quelle que soit la route qu'ils empruntent. »

Mason, un transgenre de 14 ans de la vallée du Fraser, en compagnie de sa mère, Lisa.

Mason, un garçon transgenre de 14 ans de la vallée du Fraser, en compagnie de sa mère Lisa.

Photo : Radio-Canada / Famille de Mason

Lisa regrette d'avoir tardé à aviser sa famille de peur que son fils ne soit rejeté.

Je n'ai jamais été le genre de mère qui imagine sa fille en robe de mariée le jour de ses noces. Je n'ai donc pas été déçue dans mes rêves de mère. Mais j'avais peur du jugement et de la méchanceté envers mon enfant.

Lisa, mère de Mason

« Mason, explique Lisa, est ensuite devenu un enfant complètement différent. Nous croyions qu'il avait une difficulté d'apprentissage, mais tout est rentré dans l'ordre à l'école après sa transition au milieu de sa 6e année. Il s'est fait des amis. Il n'a pas vécu de harcèlement à l'école. Même après avoir abandonné la robe de l'uniforme pour le pantalon. »

Elle reconnaît que son fils a été privilégié d'avoir le soutien qu'il a reçu, tout en déplorant que ça ne soit pas le cas dans la plupart des familles.

La règle d'or, dit-elle avec beaucoup d'émotion, c'est l'amour inconditionnel.

Ça prend de l'amour et de l'écoute. Notre enfant nous dit qui il est. Il faut mettre de côté tout ce que la société enseigne sur ce qui est normalement établi et écouter ce que notre enfant nous dit.

Lisa, mère de Mason

Mason, qui réussit bien sa 9e année, dit qu'il sera éternellement reconnaissant de l'amour et de l'ouverture d'esprit dont sa famille a fait preuve. Grâce à son aide, conclut-il, il peut enfin être lui-même.

Je me sens tellement plus à l'aise avec les cheveux courts et en portant des pantalons comme tous les autres garçons.

Mason, jeune transgenre

Les personnes transgenres qui souhaitent recevoir de l'aide et des conseils peuvent contacter l'Association transgenre de la Colombie-Britannique, au numéro suivant : 1 800 825-2405.

Colombie-Britannique et Yukon

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