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« Je voulais l'aventure! » Une femme de Caraquet raconte son passage dans l'armée

Denise Dumaresq manie un fusil et monte dans un camion avec d'autres militaires

Denise Dumaresq s'est enrôlée dans les Forces armées canadiennes à 18 ans. Sur ces photos, elle s’entraîne avec un groupe de femmes à Saint-Jean-d'Iberville, en 1977.

Photo : Contribution : Denise Dumaresq

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Elle avait l'habitude de se lever au milieu de la nuit pour charger des bombes sur des avions de l'armée canadienne. C'était en pleine guerre froide, à une époque où les femmes commençaient à peine à accéder aux métiers opérationnels dans l'armée, mais Denise Dumaresq cherchait l'aventure.

Un texte de Catherine Allard

À Caraquet, on la connait comme la propriétaire du gîte l’Isle-du-Randonneur, qu’elle exploite depuis plus de 20 ans. Avant de s’installer dans la Péninsule acadienne,Denise Dumaresq a fait partie des tout premiers groupes de femmes à faire un « métier d’homme » dans les Forces armées canadiennes.

« À 18 ans, je ne comprenais pas pourquoi les femmes faisaient des études pour simplement retourner à la maison et élever une famille. Je voulais prouver que les femmes pouvaient faire mieux. » C’était en 1977. Elle décide de quitter la maison pour aller au camp d'entraînement de l'Aviation royale canadienne, au Québec.

On faisait des push-up, comme les gars. On faisait tout comme les gars. C’était pour nous durcir. Ce n’était pas facile, beaucoup de filles ne sont pas restées, mais moi j’aimais ça.

Une citation de : Denise Dumaresq, ancienne combattante
Denise DumaresqAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Denise Dumaresque lors d'un déploiement en Islande, en 1979.

Photo : Contribution : Denise Dumaresq

Le premier déploiement de la soldate fut à Summerside, à l’Île-du-Prince-Édouard. De là, elle a participé à des exercices qui se déroulaient aussi loin qu'en Islande.

« Je travaillais dans les armes dans l’aviation. Je travaillais avec des bombes, des torpilles, des fusils, et des mitraillettes. On les réparait et on les installait dans les avions. »

Faire sa place dans un monde d’hommes

Il y a aujourd’hui 9938 femmes dans les Forces armées canadiennes. Dans les années 1970, lorsque Denise Dumaresq s’est enrôlée, elles étaient environ 1500, mais leur engagement se limitait surtout à des rôles traditionnels dans les domaines de la médecine, des communications et de l’administration.

« C’était un monde d’hommes, ou l’homme était supérieur, et nous on devait prouver qu’on était aussi bonnes qu’eux autres. Quand tu arrivais à te prouver, alors là, ils étaient gentils avec toi. »

Des femmes et des hommes en uniformeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les femmes dans l'armée ont eu accès aux métiers opérationnels dans les années 1970. Quatre femmes faisaient partie de la cohorte de Denise Dumaresq (première rangée à gauche).

Photo : Contribution : Denise Dumaresq

Elle se souvient qu’au début, les hommes étaient souvent choisis avant les femmes. « C’était toujours les hommes, pour faire les gros exercices, mais à la fin ils ont commencé à faire des rotations plus justes. »

Mes amies étaient secrétaires ou étaient mariées avec des enfants. Mais moi, j’avais de l’action!

Une citation de : Denise Dumaresq, ancienne combattante

La vie en temps de guerre

« C’était enivrant. J’étais toujours prête. Comme un enfant avec un nouveau jouet. En même temps, c’était inquiétant », raconte-t-elle.

Denise Dumaresq se souvient des entraînements difficiles et des exercices en pleine nuit. Elle n’a jamais été appelée à la guerre, mais pour elle, c’était tout comme.

« On nous réveillait en pleine nuit pour monter dans les avions. On ne savait pas si c’était un exercice ou bien une vraie attaque avant qu’on ait fini, et là on nous disait “ OK, c’était juste un exercice ”. »

Des femmes dans un entraînement de combatAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ce camp d'entrainement, en 1977, fut très difficile physiquement pour plusieurs femmes. Bon nombre d'entre elles ont ensuite choisi de ne pas poursuivre leur aventure dans l'armée.

Photo : Contribution : Denise Dumaresq

De femme militaire à femme de militaire

Denise Dumaresq a quitté l’armée après trois ans au sein des Forces armées canadiennes. Elle a rencontré l’amour dans la base militaire de Summerside et a choisi de fonder une famille.

À l’approche du jour du Souvenir, elle a une pensée pour les femmes qui ont servi leur pays, mais aussi pour les conjointes des hommes qui sont partis à la guerre.

Je pensais que mon métier était dur, mais être femme de militaire, c’est plus dur.

Une citation de : Denise Dumaresq, ancienne combattante

Des décennies plus tard, elle avoue qu’elle aurait aimé continuer son aventure dans l’armée. « C’est un regret que j’ai », dit-elle.

« Mais, ça a permis de montrer que les femmes pouvaient être ''autre chose'' que caissières. Elles peuvent faire mieux. »

Denise Dumaresque assise devant une fenêtreAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Denise Dumaresq lors de son tout premier déploiement, à Summerside, en 1978.

Photo : Contribution : Denise Dumaresq

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