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Une petite histoire des arts du cirque

Deux femmes en uniforme accueillent les spectacteurs dans un cirque

Visite au cirque

Photo : photothek via getty images / Ute Grabowsky

Radio-Canada

Plusieurs municipalités ontariennes se prononcent pour l'interdiction des performances d'animaux de cirque sur leur territoire, une approche qui semble quelque peu anachronique dans un environnement où les cirques s'éloignent de plus en plus de ce format de spectacle. Mais d'où viennent ces numéros animaliers? Voici une petite histoire du cirque.

Un texte de Marine Lefèvre

Depuis l’Antiquité, le cirque fascine et attire les foules. Que ce soit dans la Chine du IIIe siècle d’av. J.-C. friande d’acrobaties et de jonglerie ou dans la Rome antique captivée par les jeux du cirque qui présentaient courses de chars et combats de gladiateurs, ce divertissement rythme la vie du peuple.

Ces spectacles ont toutefois évolué et pris différentes formes au fil du temps.

Au Moyen-Âge, les acrobates et mimes sont des artistes ambulants qui se produisent dans des foires un peu partout en Europe. En plus des performances humaines, des montreurs d’ours ou d’animaux plus exotiques comme des singes circulent.

Les spectacles n’ont plus lieu dans des espaces précis, mais plutôt dans les rues.

Astley's Royal Amphitheatre, Lambeth, London, before 1895. Philip Astley opened the Astley's Amphitheatre in 1777. The amphitheatre mixed circus with theatre, having a circus ring attached to a stage and featuring circus tricks which horses. The amphitheatre was renowned for its historical military and equestrian dramas until its destruction in 1895. (Photo by Museum of London/Heritage Images/Getty Images)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le britannique Philip Astley présente un premier spectacle équestre en 1768. Il est considéré comme le père du cirque moderne.

Photo : heritage images/getty images / Heritage Images

La naissance du cirque moderne

Il faut attendre le 18e siècle pour voir apparaître le cirque moderne tel qu’il marque depuis des générations l’imaginaire collectif.

En 1768, Philip Astley, un ancien soldat britannique crée un spectacle équestre sur une piste circulaire à Londres en Angleterre. Les représentations ont lieu en plein air jusqu'à l'ouverture en 1777 de l'amphithéâtre royal Astley.

Le cirque repose alors sur une piste conçue pour permettre à un cheval de galoper. Il y avait aussi des équilibristes qui montraient leur talent de dressage et d’acrobates.

Louis-Patrick Leroux, professeur au Département d'études françaises de l'Université de Concordia, spécialiste de l'art du cirque

Les spectacles d'Astley connaissent un succès retentissant. D’autres compagnies lui emboîtent d’ailleurs le pas comme celle de Charles Hugues qui ouvre le Royal Circus en 1870.

Astley est invité en France où il ouvre en 1782 le Manège anglais.

Gravure datée d'environ 1800 représentant John Bill Ricketts debout sur un cheval galopant Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le cirque arrive aux États-Unis en 1793 avec l'Écossais John Bill Ricketts qui présente un spectacle à Philadelphie.

Photo : Pennsylvania Historical Society Collection

Ces numéros équestres se perfectionnent tout au long du 19e siècle et sont présentés aussi bien en Europe qu’aux États-Unis.

Dans les années 1820, les clowns y font leurs débuts.

Le cirque-ménagerie

La diversification des spectacles de cirque avec l’apparition de numéros de dressage d’animaux exotiques commence à la même époque. C’est la naissance du cirque-ménagerie avec ces dompteurs et dresseurs d’animaux sauvages.

En Europe, cette introduction est étroitement liée à la colonisation de l’Afrique et du Moyen-Orient.

Ils ramenaient des bêtes sauvages et dangereuses pour montrer à quel point ils avaient voyagé. Ces animaux étaient présentés au public pour démontrer qu’on pouvait les mater et les contrôler.

Louis-Patrick Leroux

La popularité de ces spectacles exotiques ne va cesser de grossir au début du 20e siècle.

Photo date de 1932 - Des éléphants sont placés sur des caisses en bois. Un homme monté sur une chaise en bois enregistre le barrissement des animaux avec une sorte d'entonnoir relié à un microsillon.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dans les années 1930, le cirque allemand Krone est considéré comme le plus grand cirque du monde. Ici, le linguiste Wilhelm Doegen tente d'enregistrer le barrissement de jeunes éléphants.

Photo : ullstein bild via getty images / ullstein bild Dtl.

Dans les années 1930, le cirque allemand Krone, « le plus grand cirque d’Europe », compte dans sa ménagerie plus de 800 animaux. Aux États-Unis, le cirque Ringling Bros. and Barnum & Bailey possédait une ménagerie de 1000 animaux sauvages.

Le cirque contemporain

Après avoir connu son apogée dans l’entre-deux-guerres, le cirque-ménagerie va progressivement décliner à compter des années 1950-1960 en raison de l’apparition de nouvelles distractions comme la télévision.

Mais loin de disparaître, les spectacles de cirque vont prendre de nouvelles formes qui placent à nouveau la performance humaine au coeur des numéros.

Sept artistes sur des vélos tournent en rond autour d'une piste dans un cirqueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La tradition soviétique du cirque se centre sur la performance humaine dès les années 1920. Des cyclistes font une démonstration de leurs habiletés en 1947.

Photo : the life picture collection/gett / Thomas D. McAvoy

Cette tradition est issue de l’école soviétique de cirque.

« Dans les années 1920, on s’aperçoit que les vieilles familles circassiennes restent fermées aux bienfaits du nouvel état soviétique. On crée alors des écoles étatiques spécialisées où les gestes circassiens et l’apprentissage des différentes disciplines et d’une certaine façon artistique sont imposés », explique Louis-Patrick Leroux.

Ce modèle qui est également imposé aux pays voisins comme la Roumanie ou la Bulgarie devient une source d’inspiration ailleurs en Europe et dans le monde, notamment en France puis au Québec.

On évacue les animaux et on se rapproche davantage de la performance sportive d’élite ou encore des écoles d’art, comme les conservatoires de théâtre ou de danse.

Louis-Patrick Leroux

Le Cirque du Soleil ou le cirque Éloize sont des exemples parfaits de cette tradition.

Tableau d'une scène de Toruk du Cirque du Soleil Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Scène de Toruk du Cirque du Soleil

Photo : Photo: Jesse Faatz Costumes: Kym Barrett © 2015 Cirque du Soleil

Que reste-t-il aujourd’hui du cirque traditionnel?

Des cirques qui présentent des numéros d’animaux continuent toutefois de se produire dans plusieurs endroits dans le monde.

Aux États-Unis et dans certains endroits au Canada anglais, l’image un peu ancienne du cirque avec des éléphants et des clowns tristes perdure, tout au moins dans l’imaginaire des gens, selon Louis-Patrick Leroux.

C’est un regard très nostalgique par rapport à un cirque qui est révolu.

Louis-Patrick Leroux
Des éléphants dans un cirque.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des éléphants présentés par le cirque Ringling Bros and Barnum & Bailey

Photo : -

Toutefois, ces spectacles sont de plus en plus rares, les spectateurs appréciant de moins en moins de voir des animaux domptés.

Le public a été longtemps subjugué par ces artistes qui mettaient leur tête dans la gueule de lion. Aujourd’hui, il s’étonne, un peu comme au JO, des gestes et prouesses extraordinaires des artistes de cirque.

Louis-Patrick Leroux

Aujourd'hui encore, ce cirque contemporain ne cesse d'évoluer et d'intégrer différentes formes d'arts et d'expressions.

Avec des informations du site circopedia.org

Windsor

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