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Son visa révoqué aux États-Unis, ce médecin syrien déménage au Canada

Photo : Maxime Beauchemin

Radio-Canada

Le médecin et travailleur humanitaire syrien Khaled Almilaji et sa femme étudiaient au Rhode Island depuis 2016. Alors qu'il était en voyage en Turquie plus tôt cette année, son visa d'étudiant américain a été révoqué. Il a donc été séparé de sa femme enceinte pendant six mois. Ils ont finalement été réunis au Canada, juste avant la naissance de leur fille.

Un texte de Christian Noël, correspondant à Toronto

Khaled Amilaji a perdu des collègues et des amis, des médecins et des patients dans des hôpitaux bombardés durant la guerre en Syrie. C’est pour cette raison qu’il a décidé de participer aux efforts d’un organisme de charité qui offre des soins de santé aux Syriens assiégés.

Récemment, lui et son équipe ont construit un hôpital souterrain. L'édifice recouvert de dunes de sable permet au personnel médical de soigner les Syriens à l'abri des regards et des bombes.

C’est aussi pour venir en aide à son peuple que sa femme Jehan et lui sont allés étudier aux États-Unis en 2016 : elle en médecine générale, lui pour se spécialiser en santé publique. Mais quand Donald Trump a pris le pouvoir, en janvier 2017, la situation est devenue plus compliquée.

Khaled devait retourner en Turquie pour s’occuper de son organisme de charité et rencontrer des donateurs, des bénévoles et des représentants de l’ONU.

Des amis et des collègues ont essayé de m'avertir que c'était une mauvaise idée, que je risquais de ne pas pouvoir revenir aux États-Unis, en raison des nouvelles règles d'immigration. Mais je ne les ai pas écoutés.

Khaled Almilaji

Après une semaine en Turquie, la veille de son retour, son visa est révoqué. Il ne peut pas rentrer aux États-Unis. Non seulement il est séparé de sa femme, mais en plus, Jehan est enceinte de leur premier enfant.

C’était horrible. Je me sentais impuissant. Ma femme était seule, sans famille au Rhode Island. Impossible de rentrer à la maison, et impossible pour ma femme Jehan de venir en Turquie.

Khaled Almilaji

Un exil long et douloureux commence pour Khaled. Chaque tentative de réactiver son visa échoue. La grossesse de Jehan progresse. Les obstacles se multiplient et semblent insurmontables.

Accueil au Canada

Finalement, après six mois sans succès, une bonne nouvelle. L'Université de Toronto accepte sa demande de transfert du Rhode Island. Khaled et sa femme obtiennent un visa d'étudiant canadien. En juin, ils sont réunis pour la première fois à l'aéroport Pearson.

J'en tremblais de joie. La dernière fois que j'ai vu Jehan, elle était toute mince. Et là, elle est enceinte de 7 mois.

Khaled Almilaji

« Quand je suis arrivé à l'aéroport, se souvient-il, il y avait une foule d'amis et de collègues qui m'attendait. Mais je ne voyais personne à part ma femme et son gros bedon. C'était un moment incroyable. »

Daria est née au mois d'août. Elle a fait son premier sourire à Toronto, et fera fort probablement ses premiers pas au Canada.

« Retourner aux États-Unis en ce moment, ça ne serait pas pratique, assure Khaled. Le climat est tellement incertain, surtout pour les immigrants comme moi. Les Américains ont un rôle important à jouer sur la scène internationale pour aider à régler certaines crises. Mais en ce moment, les États-Unis sont trop occupés par leurs problèmes de politique intérieure, malheureusement. »

Khaled sent que sa vie de famille est plus stable à Toronto. Et en plus, ses efforts humanitaires en Syrie lui ont même valu un Prix du Gouverneur général du Canada.

Les deux prochaines années, lui et sa femme termineront leurs études.

Mais Khaled prévoit un jour retourner au Moyen-Orient pour continuer son travail humanitaire et, par la suite, il espère aider son peuple à se remettre des horreurs de la guerre.

Khaled Almilaji doit recevoir mardi une décoration pour service méritoire de la part de la gouverneure générale du Canada, Julie Payette, à Rideau Hall, pour son travail humanitaire en Syrie.

Khaled AlmilajiAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Khaled Almilaji

Photo : Khaled Almilaji

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