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Un programme d’immersion française en péril en banlieue de Toronto

L’auditorium, de 147 sièges,  de l’école secondaire Notre Dame était comble.
L’auditorium de 147 sièges de l’école secondaire Notre Dame était plein, mardi soir. Photo: Tamara Adamo
Radio-Canada

Une véritable levée de boucliers attendait les conseillers scolaires catholiques anglais de Halton, mardi soir, alors qu'ils se réunissaient pour discuter de la possibilité d'éliminer le programme local d'immersion en français.

Un texte de Lisa Marie Fleurent

Un comité a recommandé au Conseil scolaire HCDSB de cesser d’offrir le programme pilote d’immersion en français dans quatre de ses écoles. Des difficultés de recrutement d'enseignants qualifiés motivent cette décision.

Un vote sur le sort de ce programme intensif de français sera tenu le 21 novembre. Le Conseil scolaire pourrait mettre un terme au programme dès l’automne prochain.

Refus en bloc

Il est rare qu’une réunion d’un conseil scolaire attire les foules. Mais mardi soir à Burlington, on se serait cru à un concert attendu plutôt qu’à une réunion protocolaire.

L’auditorium de 147 sièges de l’école secondaire Notre Dame était comble. Les membres de plusieurs familles ont pris la parole, relatant leur attachement profond au programme d’immersion française.

Plusieurs familles ont pris la parole, relatant leur attachement profond au programme d’immersion françaisePlusieurs familles ont pris la parole, relatant leur attachement profond au programme d’immersion française Photo : Tamara Adamo

Au nom de l’égalité des chances, ils refusent que leurs enfants soient privés d’une éducation bilingue.

Le programme d’immersion en français débute en 1re année; la moitié des matières scolaires sont enseignées en français.

Le fils de Natalie Cambone est en 2e année dans ce programme.

La famille Cambone est une famille exogame. Le mari de Natalie est unilingue anglophone et les cours de français à l'école de son enfance sont bien loin dans son esprit.

C’est en partie pour prévenir cette perte de connaissance linguistique que Mme Cambone a voulu inscrire son fils au programme d’immersion française.

Ma fille a 20 mois et j’aimerais qu’elle ait la même chance [que mon fils] lorsqu’elle fera son entrée à l’école.

Natalie Cambone, mère d’un fils en 2e année dans le programme d’immersion française

« Tous les parents qui souhaitent que le programme se poursuive sont frustrés, parce qu’on croit que le conseil n’en fait pas assez », explique au bout du fil Cheryl Neves, mère de deux filles qui sont inscrites en immersion.

La mère de famille et enseignante de français est « déçue ».

On ne comprend pas pourquoi le conseil ne peut pas offrir ce programme quand les écoles publiques [de la région] peuvent l’offrir.

Cheryl Neves, mère de deux filles au programme d’immersion française
Quelques élèves et une quinzaine de parents ont plaidé pour que le programme soit conservé alors que le conseil scolaire considère son élimination.Quelques élèves et une quinzaine de parents ont plaidé pour que le programme soit conservé alors que le conseil scolaire considère son élimination. Photo : Tamara Adamo

Il ne fait aucun doute dans l’esprit de ces deux mères que plusieurs parents évalueront la possibilité d'inscrire leurs enfants dans une autre école, si le Conseil scolaire catholique de Halton supprime ce programme.

J’espère que les gens ouvrent leurs yeux et voient que c’est un cadeau qu’on donne aux jeunes.

Natalie Cambone, mère d’un fils en 2e année dans le programme d’immersion française

Le Conseil scolaire catholique de Halton n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.

Et le Québec, dans tout ça?

Selon plusieurs parents, le conseil scolaire a fait peu d’efforts pour tenter de recruter des professeurs qualifiés.

Natalie Cambone croit que l’Ontario devrait tenter de séduire les enseignants québécois.

« Ils [les conseillers scolaires] disent que les gens du Québec ne veulent pas déménager ici… Et ce n’est pas vrai! A-t-on essayé de les encourager à postuler? Moi, je ne crois pas. Il y a 103 000 professeurs au Québec et le ministère de l’Éducation du Québec dit que 45 % de ces enseignants n’ont pas de poste permanent... », lance-t-elle.

Une porte-parole du ministère ontarien de l’Éducation, Francella Richard, affirme que le gouvernement tente d’attirer des candidats à l'international pour venir enseigner le français dans les écoles de l’Ontario.

Société