•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

De l’argent accordé pour des carabines, deux ans avant la fusillade de Moncton

Des armes à feu.
La GRC de Codiac a obtenu de l'argent pour financer l'achat de carabines en 2012. Photo: iStock

La GRC a obtenu de l'argent pour financer l'achat de carabines en 2012, deux ans avant la fusillade de Moncton, qui a coûté la vie à trois policiers. Des policiers se demandent pourquoi ces renseignements n'ont pas fait partie du procès de la GRC.

La GRC de Moncton a obtenu 16 399,60 $ pour l’achat de carabines, selon un procès-verbal de l’Autorité policière régionale de Codiac (APRC) datant de février 2012. Le document montre que la force policière a obtenu 79 699,96 $ sur 3 ans pour l’achat des carabines et la formation.

L’utilisation faite de ces montants, qui avaient été accordés spécifiquement pour l’achat de carabines en 2012 et 2013, soulève aujourd'hui des questions.

La GRC a été reconnue coupable en septembre de ne pas avoir fourni la formation et l’équipement appropriés à ses agents, y compris des carabines, pour leur permettre de faire leur travail adéquatement le soir du 4 juin 2014.

Ce soir-là, Justin Bourque a tué trois policiers et en a blessé deux autres. Le tireur était équipé d’armes beaucoup plus puissantes que celles des policiers de la GRC.

En juin 2014, la force policière avait acheté des carabines, mais leur nombre et le moment de l’achat n’est pas clair. Aucun policier n’était encore formé pour les utiliser, puisque les carabines étaient à la base de Gagetown en vue d’une première ronde de formation.

À quoi a servi l'argent?

L’Association professionnelle de la police montée du Canada (APPMC) demande qu’on explique le délai entre l’allocation de fonds pour l’achat de carabines, en février 2012, et le début des formations qui n’avait toujours pas eu lieu en juin 2014.

« Qu’avons-nous fait avec cet argent pendant ces deux ans et demi? Pourquoi n’avons-nous pas formé les membres? » demande Louis-Philippe Thériault, membre de la GRC à Moncton et secrétaire national de l’APPMC.

Louis-Philippe Thériault, membre de la GRC à Moncton et secrétaire national de l’APPMC.Louis-Philippe Thériault, membre de la GRC à Moncton et secrétaire national de l’APPMC Photo : Radio-Canada

La demande de financement a été faite par la surintendante du détachement régional de Codiac, Marlene Snowman, qui parlait d’un « enjeu de sécurité ».

Le montant de 16 399,60 $ a été donné à la GRC en février 2012, et le reste de l’argent était inclus dans les budgets de 2013 et 2014, selon Charles Léger, un conseiller municipal de Moncton, qui préside également l’Autorité policière régionale de Codiac.

Charles Léger explique que l’Autorité policière a fait le nécessaire pour fournir l’argent, mais qu’elle n’était pas responsable de l’implantation d'un usage des carabines ou de la formation.

Les carabines au coeur du procès de la GRC

Lors du procès de la GRC, accusée en vertu du Code canadien du travail, il a été dit que la GRC au Nouveau-Brunswick avait demandé l’obtention de 22 carabines en 2012, ainsi que 12 carabines additionnelles tous les ans, pendant 4 ans.

Louis-Philippe Thériault se demande pourquoi l’argent accordé en 2012 pour l’achat de carabines n’a pas fait partie du procès. Des responsables de la GRC ont affirmé lors du procès que des contraintes budgétaires pouvaient expliquer ce délai dans l’obtention des carabines.

L’argent n’était pas un problème pour Moncton, Dieppe et Riverview. Ça a dû être autre chose.

Louis-Philippe Thériault, membre de la GRC à Moncton et secrétaire national de l’APPMC

L'homme continue à chercher des réponses, même si le procès est terminé.

La GRC n'a pas commenté l'affaire en question. Elle a seulement tenu à rappeler que ses membres étaient formés pour l'utilisation de la carabine.

La force policière sera de retour en cour le 23 novembre pour le prononcé de la peine. La GRC est passible d'une amende d'un million de dollars.

D'après un reportage de Gabrielle Fahmy, CBC

Nouveau-Brunswick

Justice et faits divers