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L’affaire Anthony Griffin, 30 ans plus tard

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Le son des français d’Amérique, 12 novembre 1981 (enregistré en 1976)

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le matin du 11 novembre 1987, alors qu'il tente de s'enfuir, Anthony Griffin, un jeune Noir, est abattu d'une balle en plein front par le policier Allen Gosset. La communauté noire de Montréal est sous le choc. Que s'est-il passé? Retour sur L'Affaire Griffin-Gosset.

Au Téléjournal, le soir de l’incident, l’animateur Bernard Derome résume en une phrase l’événement tragique qui s’est déroulé dans le stationnement d’un poste de police du quartier Notre-Dame-de-Grâce à Montréal.

Tout à l'heure, le chef de la police de la communauté urbaine de Montréal, Roland Bourget, a suspendu, sans salaire, le policier qui, ce matin, a abattu un homme de 19 ans qui tentait de s'enfuir.

Bernard Derome

Trente minutes plus tôt, les agents Allen Gosset et Kimberly Campbell venaient d’interpeller le jeune homme. Il refusait de régler le coût d’un déplacement en taxi. Entre le lieu de l’arrestation et le poste de quartier, les agents procèdent à des vérifications.

Anthony Griffin fait l’objet d’un mandat d’arrêt pour un braquage à domicile. En arrivant derrière le poste de quartier 15, il tente de s’enfuir. L’agent Allen Gosset tire une balle. Le jeune homme la reçoit en pleine tête. Il meurt sur le coup.

Meurtre ou accident?

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Montréal ce soir, 13 novembre 1987

La direction de la police est dans le trouble, affirme le journaliste Alexandre Dumas deux jours après l'événement. Roland Bourget, le directeur du service de police, doit revenir sur ses propos et avoue que l’agent Gosset a bel et bien des antécédents à caractère raciste dans son dossier.

La communauté noire de Montréal est en colère. Pour l’organisme SOS Racisme, l'événement oblige les autorités à se questionner sur le moyen de contrôle des forces policières.

On a de fortes raisons de croire qu’il y a matière à approfondir le dossier pour savoir si le racisme n’était pas à la base de son action.

Osé Domond

Une commission d’enquête publique permettrait aux commissaires d’obtenir des pouvoirs supérieurs à ceux qui sont normalement consentis au coroner.

L’affaire devant les tribunaux

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Téléjournal, 26 novembre 1987

Le 26 novembre 1987, un chef d’accusation est porté à l’endroit du policier Allan Gosset. Pour la Fraternité des policiers et policières de Montréal, il s’agit d'abord et avant tout d’une bataille syndicale. Pour la population, il s'agit d'une affaire juridique.

Le policier Allan Gosset, que personne ne connaissait ce matin, a été littéralement assailli par une mitraille d’éclair de magnésium dès qu’il fut identifié par les journalistes. Accompagné par des dirigeants syndicaux, Gosset a été poursuivi à travers les corridors.

Alexandre Dumas

Cependant, considérant la nature des allégations, c’est toute la profession policière qui est, à ce moment, remise en cause. En 1987, avec un effectif de 4500 personnes, la police de Montréal ne compte seulement 3 Noirs parmi ses forces policières.

Durant la commission d’enquête sur la police qui suit, la discrimination à l’embauche, le travail des forces policières et les liens avec les communautés culturelles seront scrutés à la loupe par les commissaires.

Avec ses nombreux griefs syndicaux et la démission du directeur de police, le décès du jeune Anthony Griffin marque les esprits.

Ce tragique événement marque le début des problèmes du corps policier avec les communautés ethniques dans la métropole. Des problèmes qui, encore aujourd'hui, parfois persistent.

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