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Efficacité du vaccin contre la grippe : la production à partir d'oeufs critiquée

Une personne reçoit un vaccin contre la grippe.

Une personne reçoit un vaccin contre la grippe.

Photo : iStock

Radio-Canada

Devant l'efficacité limitée du vaccin contre la grippe l'an dernier, des chercheurs souhaitent utiliser un moyen de production différent, qui n'utilise pas d'oeufs. En 2016, seulement 20 % à 30 % des personnes immunisées ont été protégées du virus.

Selon une étude publiée lundi (Nouvelle fenêtre) dans les comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS), la protection réduite du vaccin contre la grippe se justifie par une mutation de la souche virale H3N2 dominante en 2016.

Le vaccin de cette année est similaire à celui de l’an dernier, ce qui veut dire que la saison s’annonce « difficile si elle est de nouveau dominée par le virus H3N2 », mentionne Scott Hensley, principal auteur de ces travaux et professeur à la Faculté de médecine Perelman de l'Université de Pennsylvanie.

Malgré tout, l’expert recommande la vaccination.

Le vaccin au Québec

La campagne annuelle de vaccination contre la grippe est commencée partout au Québec.

Chaque année, environ deux millions de doses sont distribuées dans la province.

Le virus de la grippe peut parfois entraîner des hospitalisations ou même des décès chez les populations à risque.

Les aînés, les jeunes enfants et les personnes atteintes de maladies chroniques peuvent recevoir le vaccin gratuitement.

M. Hensley précise que le vaccin de 2016 avait été bien « actualisé » pour y incorporer la nouvelle version de cette protéine mutante, mais sans grand succès.

La plupart des protéines virales de vaccins sont purifiées à partir de virus cultivés dans des oeufs de poule. Mais seulement une petite partie des vaccins est produite à partir de cultures cellulaires, plus rapides et plus souples.

Or, l’équipe de Scott Hensley a constaté que la protéine mutante du virus H3N2 ne se développe pas bien dans des cultures d’oeufs.

L’étude démontre que les anticorps développés par des furets et par des humains soumis aux vaccins produits à partir de ces cultures neutralisaient difficilement les virus H3N2 en circulation.

Toutefois, les experts notent que lorsque le vaccin a été produit à partir de cultures cellulaires, les anticorps à la nouvelle protéine mutante ont, eux, été efficaces.

« Nos expériences suggèrent que des antigènes du virus de la grippe cultivés dans des systèmes autres que des oeufs sont probablement plus aptes à déclencher une réaction immunitaire en produisant des anticorps neutralisant les virus H3N2 en circulation », explique Scott Hensley.

Nos données suggèrent que nous devrions investir dans de nouvelles technologies permettant de nettement accroître la production de vaccins contre la grippe qui ne dépend pas des oeufs.

Scott Hensley, principal auteur de l'étude

« Mais en attendant, tout le monde devrait se faire vacciner chaque année contre la grippe, car même une protection limitée contre les virus H3N2 vaut mieux que rien », insiste le chercheur.

Avec les informations de Agence France-Presse

Vaccination

Science