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Ce qu’on attendait vraiment de Donald Trump au pays du charbon

Une affiche annonce la ville de Gillette, et tout à côté, un train

Bienvenue à Gillette, au Wyoming!

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un an après la victoire surprise de leur champion, les travailleurs du charbon sont toujours derrière Donald Trump. Et pas seulement parce que les mines ont rembauché des gens. Rencontres avec des habitants de Gillette, au Wyoming.

« C’est parce qu’il y a tant de charbon que Gillette existe. » Ça fait plus de 20 ans que Toy Buell travaille dans les mines de charbon de la région. Au Wyoming, Gillette et ses 50 000 habitants vivent au rythme de l’industrie minière.

Les longs trains remplis de briquettes de houille passent régulièrement au centre-ville de Gillette. Enfouis dans les terres autour de la ville, les gisements « d’or noir » semblent inépuisables.

Le train traverse la ville.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

À Gillette, au Wyoming, un train transportant du charbon

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Le quart des emplois de la région est lié à l’industrie énergétique. Surtout celle du charbon. Gillette est le plus grand fournisseur du pays. Son charbon produit plus du tiers de l’électricité consommée aux États-Unis.

Dans une vitrine, une affiche et son sloganAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Au centre-ville de Gillette, au Wyoming, une affiche dit : «L'industrie du charbon du Wyoming est fière de produire l'énergie de l'Amérique.»

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

« Quand Trump a été élu », explique Toy Buell, assis dans un pub avec trois confrères de travail, « j’ai fait : "Fiou"! Un soupir de soulagement. » Soulagement, parce que les temps ont été difficiles dans leur industrie.

L'homme, souriant, est attablé devant une bière dans un pub.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Toy Buell, 42 ans, opérateur de machinerie dans une mine de charbon

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Quelques mois avant l’élection, 500 mineurs de Gillette ont perdu leur emploi d’un coup. Un « jeudi noir », comme on l’appelle ici. Le résultat d'un marché mal en point, d’une demande à la baisse.

Les locaux d'une agence immobilièreAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Au centre-ville de Gillette, au Wyoming

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

À Gillette, ils seront nombreux à vous dire que tout ça, c’est la faute à Barack Obama. Il « nous a écœurés », lance Jarek Dudley, répartiteur dans une mine. Il pense surtout à une série de mesures destinées à limiter la pollution atmosphérique, à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Jarek DudleyAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jarek Dudley, 37 ans, répartiteur dans une mine de charbon

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Ces mesures visaient en grande partie les centrales énergétiques au charbon. Ceux qui gagnent leur vie dans cette industrie se sont sentis personnellement visés.

Une affiche dans une vitrineAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

«Sois forte Gillette!» dit cette affiche posée dans une vitrine du centre-ville de Gillette, au Wyoming.

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

« Bien des gens se sont sentis trahis, abandonnés », explique Stacey Mueller, qui manœuvre des pelles dans les mines. Les règles dictées par Obama, « ça venait avec une attitude désinvolte envers nos emplois, nos gagne-pain ».

Stacey MoellerAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stacey Moeller, 59 ans, opératrice de pelle dans une mine de charbon

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

L’arrivée d’un nouvel occupant à la Maison-Blanche a tout changé, disent ces mineurs. La preuve, les mines ont rappelé quelques centaines de travailleurs depuis l’élection, dont Kevin Sisel.

Kevin SiselAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kevin Sisel, 31 ans, conducteur de camion dans une mine de charbon

Photo : Radio-Canada

Jeune père de famille, il dit devoir son emploi à Donald Trump. « C'est certain. Il l'a dit lui-même, la guerre au charbon est terminée! » lance-t-il.

Assise à côté de lui, Stacey Mueller n’est pas aussi convaincue. « La demande pour le charbon américain est à la hausse. Ça n'a pas grand lien avec Trump. Ce sont les conditions du marché. »

Un gros camion en avant-plan, et dans le fond, encore de la machinerieAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Machinerie utilisée dans les mines de charbon

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Peu importe la raison, l’impact de la présidence Trump se mesure en dollars à Gillette. Des recettes plus importantes que prévu dans les coffres de la municipalité et de meilleurs chiffres d’affaires pour les commerçants.

De nombreuses voitures stationnées devant les commercesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le centre-ville de Gillette, au Wyoming

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Une reprise qui redonne confiance. Pour la mairesse de Gillette, l’avenir demeure lié au charbon. Louise Carter-King veut attirer des entreprises qui cherchent des façons moins polluantes de produire de l’électricité avec la houille.

Une mine de charbonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une mine au charbon près de Gillette, au Wyoming

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

Elle espère aussi pouvoir vendre le charbon de sa région à l’étranger. Notamment au Japon, qui s’éloigne du nucléaire et se tourne davantage vers les combustibles fossiles comme le charbon et le gaz naturel.

Cet optimisme inquiète un peu la jeune entrepreneure Laura Chapman. Elle a ouvert une petite pâtisserie à Gillette, après plusieurs années passées en Arizona. Elle parle du besoin de « changer les mentalités », d’accepter le déclin annoncé du charbon comme source d’énergie.

Laura ChapmanAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La femme d'affaires Laura Chapman

Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron

« C'est surtout une crise d'identité », explique Laura Chapman. « On se voit comme le pays du charbon, mais pourquoi on ne pourrait pas être le "pays de l'énergie"? On peut exploiter le charbon et le pétrole et le méthane et le vent et le solaire. »

À 31 ans, Kevin Sisel n’en est pas là. Il se voit travailler dans les mines toute sa vie. Gagner assez d’argent pour payer les études de ses enfants. C’est sa version du rêve américain. Un rêve qui semble plus réaliste avec le président Trump à la Maison-Blanche.

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