•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Hezbollah accuse Riyad d'avoir contraint Hariri à la démission

Le premier ministre libanais démissionnaire  Saad Hariri et le chef du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah
Le premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri et le chef du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah Photo: Reuters / Mohamed Azakir/Aziz Taher
Reuters

Le chef du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a affirmé dimanche que la décision du premier ministre libanais, Saad Hariri, de démissionner lui avait été imposée par l'Arabie saoudite.

« Cette démission est une décision saoudienne qui a été imposée à Saad Hariri », a-t-il dit dans un discours télévisé, au lendemain de l'annonce surprise faite en Arabie saoudite par le chef du gouvernement d'union nationale libanais, en poste depuis janvier.

« Des questions légitimes » se posent en outre, a ajouté le chef de la milice chiite, notamment pour déterminer si Saad Hariri dispose de sa pleine liberté de mouvement en Arabie saoudite.

Dans l'entourage de Saad Hariri, qui possède la nationalité saoudienne, on dément avec la plus grande fermeté qu'il ait été placé en état d'arrestation ou forcé de démissionner.

Sayyed Hassan Nasrallah a invité les Libanais à faire preuve de calme face à cette nouvelle crise politique d'ampleur et à ne pas manifester, car, a-t-il dit, « cela n'aboutirait à aucun résultat ».

Les dirigeants politiques libanais, a-t-il ajouté, s'attendent à ce que Saad Hariri rentre au Liban jeudi, si toutefois « on l'autorise à voyager ».

Le président libanais, Michel Aoun, n'acceptera pas la démission du premier ministre tant qu'il ne sera pas revenu en expliquer les raisons, dit-on dans son entourage.

En annonçant sa démission, Saad Hariri a accusé le Hezbollah chiite et l'Iran qui le soutient de semer la discorde dans la région et a dit craindre pour sa vie.

Le journal saoudien Acharq al Aoussat, citant des sources non identifiées, a écrit dimanche que des services de renseignement occidentaux l'ont averti qu'une tentative d'assassinat à son encontre était en préparation.

Selon la chaîne de télévision saoudienne Al Arabiya al Hadath, il a échappé jeudi à une tentative de meurtre alors qu'il se trouvait encore à Beyrouth. Le général Abbas Ibrahim, chef de la Sûreté libanaise, a assuré dimanche n'avoir eu vent d'aucun complot visant une personnalité politique.

« Nous vivons dans un climat semblable à celui qui régnait avant l'assassinat du martyr Rafik Hariri », a dit Saad Hariri, évoquant son père, tué dans un attentat en 2005 à Beyrouth.

Cinq membres du Hezbollah soupçonnés d'implication dans ce meurtre ont été inculpés en janvier 2014 par un tribunal spécial formé sous l'égide des Nations unies.

La démission du chef du gouvernement libanais risque dans un premier temps de raviver les tensions entre Téhéran et Riyad, qui se disputent le leadership régional, et entre les différentes communautés religieuses libanaises.

Elle remet en outre en question la survie de la coalition gouvernementale formée fin 2016 après des années d'impasse politique et dont la difficile mise sur pied avait été perçue comme une victoire pour le Hezbollah.

Le « pacte national » au Liban, accord non écrit conclu en 1943, réserve la présidence à un chrétien maronite, le poste de chef du gouvernement à un sunnite et la présidence de la Chambre des députés à un chiite. Saad Hariri avait déjà été à la tête d'un gouvernement d'union nationale de 2009 à 2011.

International