•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Bois d’oeuvre : les producteurs du N.-B. font appel au gouvernement Gallant

Des travailleurs dans une scierie manipulent des planches

L'industrie néo-brunswickoise, qui emploie quelque 22 000 travailleurs, craint les conséquences des droits compensateurs et antidumping imposés par les États-Unis.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les producteurs de bois d'oeuvre du Nouveau-Brunswick demandent au gouvernement provincial de faire tout ce qu'il peut pour que la province soit exemptée des droits compensateurs et antidumping imposés par les États-Unis, comme les autres provinces de l'Atlantique.

Le Nouveau-Brunswick est la seule province de l'Atlantique non exemptée des droits définitifs annoncés jeudi.

Les producteurs de bois d’oeuvre dénoncent le fait que les scieries de la province paieront des droits totalisant 20,8 % sur leurs exportations aux États-Unis. Pour sa part, l’entreprise J. D. Irving, qui avait demandé un réexamen auprès du département américain du Commerce durant les procédures, paiera des droits compensateurs de 3,34 % et des droits antidumping de 6,58 % pour un total de 9,92 %, souligne l’association Forêt Nouveau-Brunswick.

Tableau avec les droits Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le taux combiné des mesures punitives au Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada / Troy Poirier

Les producteurs demandent donc au gouvernement provincial d’agir rapidement pour obtenir un examen accéléré en faveur des scieries du Nouveau-Brunswick.

« Les producteurs de bois d’œuvre du Nouveau-Brunswick s’unissent pour demander à la province du Nouveau-Brunswick de faire immédiatement tout ce qui est en son pouvoir pour résoudre ce problème. C’est la première fois dans l’histoire des négociations commerciales américaines sur le bois d’œuvre que la province du Nouveau-Brunswick n’est pas exemptée », affirme Mike Legere, directeur général de Forêt Nouveau-Brunswick, par voie de communiqué.

« On aimerait que le gouvernement du Nouveau-Brunswick engage un professionnel qui peut regarder le système de [redevances] actuel et confirmer qu’il n’y a aucune subvention qui sont données aux producteurs néo-brunswickois en ce moment », ajoute le porte-parole de J. D. Irving, Jerome Pelletier.

Une coalition de sociétés américaines soutient que l'augmentation des allocations de bois des terres de la Couronne incluse dans le plan plan de foresterie lancé en 2014 par le précédent gouvernement progressiste-conservateur de David Alward dépasse la limite permise. Le gouvernement de Brian Gallant assure pour sa part que rien n'a changé dans la façon dont les scieries du Nouveau-Brunswick achètent leur bois. L’entreprise J. D. Irving soutient que l'industrie n'est toujours pas subventionnée.

« L’industrie du sciage n’est pas subventionnée. Et je crois que le fait qu’Irving a été auditée par le département du Commerce, le fait que les droits compensateurs pour Irving ont été calculés à 3,34 % vient encore une fois confirmer que le plus gros producteur de bois de sciage au Nouveau-Brunswick n’est pas subventionné, et on croit que la même logique s’applique également au reste des producteurs néo-brunswickois », affirme Jerome Pelletier.

Des milliers de pousses d'arbres dans une pépinière Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La pépinière de JD Irving, à Sussex au Nouveau-Brunswick. Plus de 100 millions d'arbres ont été traités avant d'être plantés avec un endophyte résistant à la tordeuse de bourgeons de l'épinette.

Photo : PIERRE-ALEXANDRE BOLDUC

« On veut continuer à travailler avec les autorités américaines pour expliquer les raisons pour lesquelles on a été exclu dans les 35 dernières années, pour expliquer que ces raisons n’ont pas changé, et continuer à présenter des faits, utiliser des faits, pour démontrer que les producteurs du Nouveau-Brunswick et J. D. Irving devraient être exclus encore une fois du litige commercial », ajoute Jerome Pelletier.

Inquiétude dans l’industrie

Les scieries du Nouveau-Brunswick exportent 70 % de leur bois d'oeuvre aux États-Unis. L’industrie compte 22 000 emplois.

Mike Legere explique qu’il est difficile pour le moment d'évaluer l'impact des droits imposés par les États-Unis, mais il parle de la fermeture possible d’usines ou de diminution de la production.

L’impact des droits compensateurs et antidumping inquiète Jeannot Volpé, propriétaire de lot boisé.

« Quand il y a une crise comme celle-là, les plus gros réussissent à survivre, et quand la douane leur revient parce qu’ils ont eu gain de cause ils continuent de survivre. Mais ceux qui n’ont pas pu passer au travers parce qu’ils n’ont pas pu supporter ce montant-là pour un an, deux ans ou trois ans, doivent laisser aller. Donc, graduellement, on est en train d’éliminer dans les régions les petits moulins à scie qui créaient de l’emploi et qui donnaient aussi des possibilités de négocier des prix un peu plus équitables pour le produit », affirme Jeannot Volpé.

Pour le moment, le gouvernement du Nouveau-Brunswick va attendre la décision de la Commission du commerce international des États-Unis qui a 45 jours pour déterminer si les exportations canadiennes de bois d'oeuvre au sud de la frontière ont causé un préjudice à l'industrie américaine.

Le gouvernement va aussi s'entretenir avec des membres de l'industrie provinciale, vendredi.

Avec des informations de Catherine Dumas et de Nicolas Steinbach

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !