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L'Alberta dépose son projet de loi pour protéger les élèves LGBT

Un drapeau arc-en-ciel dans un pot de crayons

Le gouvernement albertain dit vouloir mieux protéger les élèves LGBT.

Photo : iStock / Carlos Alberto Kunichek

Radio-Canada

Le ministre de l'Éducation de l'Alberta, David Egen, a déposé un projet de loi pour interdire aux écoles de rendre publique l'identité des élèves qui se joignent à des Alliances gai-hétéro (AGH).

Un texte de Mario De Ciccio

Selon la loi scolaire actuelle, « un conseil scolaire doit aviser le parent d'un élève lorsque des cours, des programmes d'enseignement, du matériel didactique, des instructions ou des exercices comprennent un sujet qui traite principalement et explicitement de la religion ou de la sexualité ».

Les amendements proposés dans le projet de loi 24 viendraient soustraire les associations volontaires comme les AGH à cette obligation. Il serait donc impossible pour toute école régie par la loi d’avertir les parents quand leurs enfants créent ou se joignent à une AGH.

Le gouvernement propose aussi d’autres amendements pour assurer que toutes les écoles recevant un financement provincial permettent la création d’AGH, y compris les écoles à charte et privées.

David Eggen devant les journalistes. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre de l'Éducation David Eggen.

Photo : Radio-Canada

« Notre priorité est de nous assurer que toutes les écoles à travers l’Alberta sont sécuritaires et accueillantes pour les élèves, peu importe leur identité sexuelle ou leur genre », affirme le ministre de l’Éducation, David Eggen. « C’est ce que cette loi de notre gouvernement viendrait assurer. »

Selon le projet de loi, les écoles qui ne s’y conformeront pas seront sujettes à une enquête du ministre et risqueraient de perdre leur financement.

Un projet de loi important pour les FrancoQueer

Selon Sympa César, un membre du groupe FrancoQueer, le projet de loi vient redonner le choix aux élèves d’afficher leur identité sexuelle auprès de leurs familles. « De faire leur propre coming out à leurs parents, c’est un choix très important pour ces jeunes » explique-t-il.

Sympa César à coté de David Eggen. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sympa César du comité Francoqueer, accompagné du ministre de l'Éducation de l'Alberta, David Eggen.

Photo : Radio-Canada

Selon lui, même après l’adoption du projet de loi de 2015, qui devait faciliter la création d’AGH, de nombreux étudiants se faisaient bloquer la route par les conseils scolaires catholiques comme le sien.

Le nouveau projet de loi remettra la responsabilité de la création d’une AGH entre les mains du directeur de l’école. Ce sera aussi à ce dernier d'accorder les ressources de mise en oeuvre dans un délai raisonnable.

Moi, je n’ai pas fait mon coming out avant ma 12e année, mais j’aurais pu le faire beaucoup beaucoup plus tôt si on avait eu ces bases de sécurité là.

Sympa César

Au-delà des amendements, le projet de loi a aussi tout un aspect symbolique, selon le président de Francophonie jeunesse de l’Alberta. « C’est le fait de savoir que nos élus sont là pour nous, qu’ils nous respectent et qu’ils veulent que nous nous sentions comme chez nous dans nos écoles », dit Martin Kreiner.

Ce qui est important c’est l’action symbolique du projet de loi. C’est l’attitude.

Martin Kreiner, président, Francophonie jeunesse de l’Alberta

L’opposition

Le chef du Parti conservateur uni, Jason Kenney, devant les journalistes au lendemain de son électionAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier objectif du chef du Parti conservateur uni Jason Kenney sera de se faire élire à l'assemblée albertaine.

Photo : The Canadian Press / Jeff McIntosh

Le dépôt du projet de loi risque d'alimenter les débats à l’Assemblée législative. Le nouveau chef du Parti conservateur uni, Jason Kenney, alors candidat à la direction du parti, avait déclaré en août que « les parents ont le droit de savoir » lorsque leur enfant se joint à une AGH, à moins qu'il n'y ait une preuve de violence.

Le ministre de l’Éducation avait alors décrit l’opinion de Jason Kenney comme « extrémiste ».

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