•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'avenir sombre des ours polaires de Churchill

Un ours polaire dans la toundra dans la région de Churchill.

Un ours polaire dans la toundra dans la région de Churchill.

Photo : Alex Beatty/Centre d'études nordiques de Churchill

Radio-Canada

Ils sont l'un des symboles du Nord canadien, mais les ours polaires sont aussi devenus, malgré eux, le symbole du changement climatique. Des scientifiques estiment que l'avenir d'un groupe particulier d'ours polaires vivant dans le nord du Manitoba est désastreux.

Le biologiste Nick Lunn a étudié les ours polaires pendant plus de 30 ans. Il explique que les preuves sont là : la population d'ours polaires du nord du Manitoba est en déclin constant.

La capitale mondiale des ours polaires

Les ours polaires ont longtemps eu l'habitude de se rassembler en octobre et en novembre à proximité de Churchill, au Manitoba, durant leur migration depuis leur habitat d'été, dans la toundra, vers leur territoire de chasse au phoque, la banquise de la baie d'Hudson.

Une sculpture devant un magasin de souvenirs à Churchill.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une sculpture devant un magasin de souvenirs à Churchill.

Photo : Radio-Canada / Duncan McCue

Un aimant à touristes

Plus de 10 000 visiteurs convergent chaque année pour observer les ours dans la nature depuis leurs véhicules tout-terrain. L'industrie de l'ours polaire injecte plusieurs millions de dollars par année dans l'économie de la ville, qui s'est elle-même baptisée capitale mondiale des ours polaires.

Un panneau situé à l'entrée de la ville de Churchill au Manitoba.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Ville de Churchill n'a pas hésité à se baptiser capitale mondiale des ours polaires.

Photo : Radio-Canada / Duncan McCue

Des données inestimables

La proximité des ours polaires en fait les ours les plus étudiés dans le monde. Les scientifiques du Service canadien de la faune amassent des données sur cette population d'ours depuis les années 1970.

Un camion devant le Centre d'études nordiques de Churchill.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Centre d'études nordiques de Churchill.

Photo : Radio-Canada / Duncan McCue

Les preuves du changement

Les données inestimables rassemblées au Centre d'études nordiques de Churchill offrent suffisamment de preuves aux scientifiques sur les changements dans le climat et les conditions écologiques pour qu'ils tirent la sonnette d'alarme.

Des scientifiques équipés de fusils tranquilisant s'apprêtent à monter à bord d'un hélicoptère.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un hélicoptère utilisé par les scientifiques pour suivre la migration des ours blancs.

Photo : Radio-Canada / Duncan McCue

Comment repérer un ours polaire

La migration annuelle des ours polaires sur les rives de Churchil les rend relativement faciles à compter au printemps et à l'automne. Depuis les airs, l'équipe scientifique est en mesure de repérer un ours blanc plus aisément que sur la banquise.

Un pilote s'apprête à fermer la porte d'un hélicoptère.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le scientifique Nick Lunn s'apprête à embarquer à bord d'un hélicoptère.

Photo : Radio-Canada / Duncan McCue

Une population en déclin constant

Le biologiste Nick Lunn explique que la population d'ours polaires de la région n'est plus ce qu'elle était.

« Il y avait environ 1200 ours à la fin des années 80 à l'ouest de la baie d'Hudson. Les études les plus récentes montrent des estimations qui tournent autour de 800 individus », souligne Nick Lunn.

Depuis un hélicoptère, le scientifique Nick Lunn tire sur un ours pour le tranquiliser.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Depuis un hélicoptère, le scientifique Nick Lunn tire sur un ours pour le tranquilliser.

Photo : Alex Beatty/Centre d'études nordiques de Churchill

Poursuite dans la toundra

Depuis un hélicoptère, Nick Lunn tranquillise les ours. Les scientifiques marquent alors rapidement les animaux et prennent leurs mesures, ce qui permet de surveiller leur état de santé.

Le scientifique Nick Lunn manipule un ours qui a été tranquillisé. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nick Lunn manipule un ours qui a été tranquillisé.

Photo : Amy Johnson/Centre d'études d'études de Churchill

Moins de glace, moins de poids

Le déclin des ours polaires est inscrit dans leur masse graisseuse. Les ours de la baie d'Hudson passent désormais en moyenne 30 jours de plus sur la terre ferme qu'ils n'en passaient durant les trois dernières décennies, car le réchauffement climatique a réduit la période pendant laquelle les blocs de glace se détachent de la banquise. Cela signifie que les ours ont moins de temps pour chasser leur proie de prédilection : le phoque.

De moins en moins d'oursons

Depuis que des scientifiques ont commencé à suivre les ours polaires, de moins en moins d'oursons naissent, et leurs chances de survie diminuent. Nick Lunn dit n'avoir pas vu de femelle donner naissance à des triplés depuis 1996.

Un scientifique prend la mesure de la dent d'un ours.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un scientifique prend la mesure de la dent d'un ours.

Photo : Alex Beatty/Centre d'études nordiques de Churchill

Des mesures délicates à prendre

Les scientifiques couvrent les yeux de l'ours pour qu'il reste calme. Ils peuvent alors mesurer ses dents et prendre des échantillons de sang.

Des scientifiques mesurent un ours de la tête à la queue.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des scientifiques mesurent un ours de la tête à la queue.

Photo : Alex Beatty/Centre d'études nordiques de Churchill

Des ours à problème

Nick Lunn souligne que les ours les plus vulnérables aux changements climatiques sont les jeunes, car ils sont encore en croissance et ont besoin de réserves. Pourtant, en période de chasse au phoque, ils sont souvent repoussés par des adultes mâles plus forts, ce qui signifie qu'ils sont affamés lorsqu'ils migrent vers Churchill vers le mois de novembre. Ils deviennent alors souvent les ours dont on doit se méfier quand ils s'approchent trop près des habitations.

Le nombre de rencontres avec des ours dans la ville de Churchill a atteint un record l'année dernière, celui de 351 incidents recensés. En conséquence, 65 ours ont dû être tranquillisés, le plus grand nombre jamais atteint, avant d'être placés dans la « prison » spécialement conçue pour eux en ville, puis d'être relâchés dans la nature.

Le scientifique Nick Lunn devant des échantillons prélevés sur des ours polaires de la région de Churchill.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le scientifique Nick Lunn devant des échantillons prélevés sur des ours polaires de la région de Churchill.

Photo : Radio-Canada / Dave Rae

Des prédictions désastreuses

De retour dans son laboratoire du Centre d'études nordiques de Churchill, Nick Lunn doit encore analyser une grosse série d'échantillons. Il n'est pas optimiste quant à ce qu'il pense découvrir.

« Je m'attends à un déclin graduel de la population des ours de Churchill, prévient le scientifique. À un moment donné, si cela continue, la population ne sera plus viable. Les ours auront disparu. »

Le scientifique Nick Lunn pointe quelque chose sur une carte.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pour le scientifique Nick Lunn, la disparition des ours polaires de Churchill est peut-être imminente.

Photo : Radio-Canada / Dave Rae

Un point de non-retour

Nick Lunn ne fait pas de prédictions fermes au sujet de l'avenir des ours, mais selon lui, à moins que la planète ne commence à se refroidir, les ours polaires devraient disparaître de la région de Churchill d'ici 20 ou 40 ans.

Il ajoute cependant qu'il existe peut-être d'autres endroits encore plus au nord où il y aurait assez de glaces pour permettre la survie des ours polaires.

D'après un texte de Duncan McCue

Manitoba

Animaux