•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le temps d’attente dans les salles d’urgence à la baisse au Québec

Une patiente attend sur une civiève dans une salle d'urgence d'un hôpital

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le temps d'attente dans les salles d'urgence est à la baisse dans la province, reconnaît l'Association des médecins d'urgence du Québec. Les hôpitaux semblent ainsi avoir réagi à l'ultimatum donné par le ministre de la Santé au printemps dernier. Cependant, l'objectif officiel fixé par Gaétan Barrette n'est pas encore atteint.

Un texte de Davide Gentile

Malgré les allégations de camouflage de patients, les chiffres indiquent une baisse marquée de l'attente sur civière dans les urgences québécoises. Quand on compare la période allant d'avril à octobre 2017 avec la même période en 2016, les chiffres indiquent une baisse de 15 % du temps d'attente sur civière à l'échelle provinciale.

Le temps moyen passé sur civière est de 13 heures, soit une heure de plus que l'objectif gouvernemental de 12 heures.

La région de Montréal s'améliore, mais reste en queue de peloton

C'est dans la région de Lanaudière que la baisse du temps d'attente sur civière est la plus marquée au Québec. En 2016, pour la période allant d'avril à octobre, le nombre d'heures sur civière est passé d'une moyenne de 18,3 à 13,7 cette année. Une baisse de 25 %.

Une baisse corroborée par la Dre Karine Chevrette, directrice des services professionnels à l'Hôpital Pierre-Le Gardeur. « C'était le corridor de débordement de l'urgence, mais ça va faire un an qu'on ne l'utilise plus », dit-elle, en montrant un corridor adjacent à l'urgence, où traînent quelques civières vides.

À Montréal, on est passé de 17,2 heures à 13,8 heures, soit 20 % de moins en un an. Et en Montérégie, ça a baissé de 19,3 heures à 15,7 heures, une diminution de 19 %.

On ne cache pas de patients. On n'a pas de cachettes à patients.

Philippe Éthier, directeur adjoint des services professionnels au CISSS de Lanaudière

Selon Philippe Éthier, directeur adjoint des services professionnels au CISSS de Lanaudière, l'augmentation du nombre de Québécois qui ont un médecin de famille explique une partie de la baisse constatée. Mais la décongestion de l'urgence serait surtout due à l'amélioration des soins à la sortie de l'hôpital.

Les sommes réinvesties par Québec en 2016 en hébergement et en soins à domicile permettent de donner leur congé plus rapidement aux patients, estime-t-il. « Ce n'est pas des congés précoces ou dangereux. Ce sont des congés qu'on donne au bon moment, mais avec les bonnes ressources à l'extérieur de l'hôpital. »

Encore place à l'amélioration

Pour la première fois depuis des années, l'Association des médecins d'urgence du Québec observe une amélioration réelle. « Il y a une baisse importante de la durée moyenne de séjour sur civière. Elle s'explique par le fait que les patients ont accès à des lits d'hospitalisation », dit Bernard Mathieu, le président de l'Association.

« En clair, les patients qui poireautent sur une civière à l'urgence sont admis plus rapidement dans les départements spécialisés dans le traitement de leur maladie, explique-t-il. C'est normal dans un hôpital de voir les patients monter aux étages dans ces délais-là, et il faudrait même que ce soit plus rapide. »

L'objectif au Québec est d'arriver à une moyenne de séjour sur civière de 12 heures.

La norme canadienne c'est 8 heures, non pas 12 heures. Il faudrait qu'on puisse s'améliorer encore.

Bernard Mathieu, président de l'Association des médecins d'urgence du Québec

Gaétan Barrette salue les efforts du réseau et pense quant à lui qu'il est possible d'arriver à une attente moyenne sur civière de 12 heures.

« On est capable de se rendre à 12 heures, parce qu'à peu près la moitié du Québec a atteint ou dépassé l'objectif », affirme le ministre de la Santé du Québec.

Dans plusieurs régions en effet, le temps d'attente est bien inférieur à cette cible. C'est le cas par exemple du Bas-Saint-Laurent, où le temps moyen d'attente sur civière est de 7 heures. Même la région de Québec atteint maintenant l'objectif de 12 heures.

Problèmes dans les grandes villes

La pression démographique est largement plus forte dans un hôpital comme celui de Pierre-Le Gardeur, situé dans une banlieue à forte croissance démographique.

Le médecin d'urgence Simon Fortier pense que, pour continuer à progresser, le personnel de l'Hôpital Pierre-Le Gardeur aura besoin de plus de moyens. « Je pense qu'on a atteint la limite de ce qu'on peut demander aux gens », dit le médecin.

Une demi-douzaine de sources consultées par Radio-Canada partagent son point de vue. « Je ne pense pas qu'on va pouvoir faire plus avec ce qu'on a actuellement comme ressources. »

Il faudra attendre encore quelques mois pour voir si l'amélioration constatée peut se maintenir, compte tenu de la fatigue des travailleurs du réseau.

Santé publique

Santé