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  • Onde de choc à Schefferville en 1982

    Bernard Derome est devant une carte du Nord-Est du Québec pointant vers Schefferville.

    Bernard Derome anime le Téléjournal du 2 novembre 1982

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 2 novembre 1982, la compagnie Iron Ore du Canada (IOC) annonce la fin des activités minières à Schefferville, entraînant la quasi-fermeture de la ville. Retour sur le destin tragique de cette petite ville fondée en 1955 et reconnue pour son minerai de fer.

    Tout le monde là-bas doit décider, avant le 1er juillet, s’ils quittent ou s’ils restent à Schefferville.

    L’animateur Bernard Derome

    Téléjournal, 2 novembre 1982

    C’est ce qu’annonce l’animateur Bernard Derome au Téléjournal du 2 novembre 1982. Dans le cadre de son reportage, le journaliste André Bédard passe la journée dans cette ville minière, où il rencontre des commerçants, des travailleurs et leurs familles. Accablés par la nouvelle, les résidents de Schefferville ne cachent pas leur colère.

    « On est inquiets, c’est normal qu’on soit inquiets de voir une ville qui est en train de mourir », affirme une Scheffervilloise visiblement émue.

    Téléjournal, 2 novembre 1982

    À ce même Téléjournal du 2 novembre 1982 animé par Bernard Derome, le journaliste Daniel Lessard présente un reportage sur les impacts économiques et politiques de cette annonce.

    Les possibilités pour les travailleurs de Schefferville de se trouver un nouvel emploi sont limitées. En effet, le secteur minier canadien traverse une grave crise. Les coûts du minerai de fer et de la main-d’œuvre ne peuvent plus faire face à la concurrence de pays comme le Brésil. C’est ce qu’explique Brian Mulroney, alors président d’IOC.

    Notez que la qualité de l’image est détériorée sur le support d’origine du Téléjournal du 2 novembre 1982.

    Brian Mulroney chez Iron Ore

    Après sa défaite au congrès d’investiture du Parti conservateur, Brian Mulroney accepte la vice-présidence de l’Iron Ore du Canada (IOC) en 1976, puis la présidence en 1977. Filiale d’une compagnie américaine, l’IOC est spécialisée dans l’exploitation de gisements de minerai de fer dans le Nord-du-Québec et au Labrador.

    Brian Mulroney a hérité d’une société fortement déficitaire et secouée par de fréquents conflits ouvriers. Sous sa présidence, l’IOC enregistre d’importants profits, et les relations de travail s’améliorent. Il ne peut cependant parer les contrecoups d’une industrie sidérurgique nord-américaine en perte de vitesse.

    La fermeture de Schefferville, inévitable, aurait pu nuire au retour éventuel de Brian Mulroney en politique. Le règlement « généreux » qu’il a négocié lui confère plutôt l’aura d’un patron honnête et équitable, tant aux yeux du public que des syndicats, du gouvernement et des milieux d’affaires.

    Schefferville, une ville au bord de la faillite

    Téléjournal, 13 octobre 1984

    Deux ans plus tard, la fermeture de la ville de Gagnon, sur la Côte-Nord, porte un autre coup dur pour la région. Un événement qui rappelle le « triste épisode de la crise du fer » à Schefferville, comme l’explique l’animateur Jean Ducharme au Téléjournal du 13 octobre 1984. Dans son reportage, la journaliste Monique Durand dresse un sombre portrait de la ville devenue presque fantôme.

    Malgré la volonté de Brian Mulroney de trouver une nouvelle vocation à la ville, la fermeture de la mine s’est révélée désastreuse pour la population. Sur les quelque 4000 habitants que comptait Schefferville dans ses meilleures années, il ne reste plus que quelques centaines de personnes. Au conseil municipal, les membres s’entredéchirent et l’intérêt public est laissé de côté.

    Schefferville est devenue le théâtre de toutes sortes de pratiques illégales et de petites combines clandestines.

    La journaliste Monique Durand

    Schefferville, une deuxième ruée vers le fer

    En 2012, Schefferville connaît un nouveau souffle avec l’arrivée de deux compagnies minières. Le journaliste Raymond Saint-Pierre réalise une série de trois reportages sur l’impact éventuel d’un boom minier engendré par le Plan Nord. Un espoir qui ravive aussi de douloureux souvenirs chez les populations autochtones.

    Iron Ore au Canada

    • Iron Ore du Canada est constituée en 1949 en vue d’exploiter le minerai de fer découvert sur le site où sera fondée Schefferville en 1955.
    • Un autre gisement entraîne la création de Labrador City en 1961. L’Iron Ore aménage par la suite une usine de production à Sept-Îles sur la Côte-Nord québécoise.
    • En 1977, l’Iron Ore comptait 7200 employés; il n’en reste plus que 2800 lorsque Brian Mulroney quitte la compagnie en 1983. Schefferville n’est que la pointe de l’iceberg. D’importantes mises à pied ont aussi lieu à Sept-Îles et Labrador City.
    • Au cours des neuf années ayant précédé l’arrivée de Brian Mulroney à la présidence de l’Iron Ore, 59 arrêts de travail, dont deux grèves d’importance, ont secoué les exploitations minières de la compagnie.
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