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Les travaux de l'enquête nationale sur les femmes autochtones divisent en Saskatchewan

Le reportage d'Omayra Issa

Le rapport intermédiaire sur les avancées de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées suscite des réactions partagées en Saskatchewan.

Un texte d’Omayra Issa

Darlene Okemysim-Sicotte, dont la cousine a été tuée dans les années 90, accueille favorablement les 10 recommandations de la commission d'enquête.

Elle se réjouit notamment de la proposition des commissaires de mettre sur pied une escouade policière nationale vers laquelle la commission pourrait diriger les femmes afin de rouvrir des dossiers ou d’examiner des enquêtes.

La disparition de Shelley Napope a été signalée 30 fois par sa famille aux autorités policières avant que celles-ci n'agissent. Une escouade spécialisée permettrait d’éviter une telle situation. Par ailleurs, Darlene Okemysim-Sicotte salue la demande pour un fonds pour la commémoration de la vie des victimes et un Programme de soutien en santé pour leurs familles.

« Les familles ont besoin de soutien en santé avant, pendant et après les audiences », déclare-t-elle. Elle ajoute que c’est une manière de les aider dans leur guérison pendant tout le processus de l'Enquête.

Un processus toujours colonial, selon une experte

La professeure en sociologie de l'Université de la Saskatchewan Julie Kaye est déçue par le rapport, estimant qu'il ne révèle rien de nouveau.

« La commission d’enquête continue de tenir des audiences sur la base du modèle colonial », affirme-t-elle.

Selon elle, les familles des victimes ont toujours des inquiétudes sur la manière dont l'Enquête est menée. « La commission ne prend pas assez sérieusement [en compte] les besoins des familles », pense-t-elle.

Le rapport demande également à Ottawa, aux provinces et aux territoires de financer la participation d'organisations autochtones à l'Enquête. Dans un message envoyé à Radio-Canada, le ministère saskatchewanais de la Justice affirme qu'il examinera les ressources qu'il pourrait mettre en place si la commission lui demandait directement de l'aide.

Le mandat de l'Enquête est d'examiner les causes systémiques de la violence contre les femmes et les filles autochtones au Canada en explorant les tendances et les facteurs sous-jacents. Elle doit mener ses activités indépendamment du gouvernement fédéral et des gouvernements des provinces et des territoires.

Environ un tiers du budget de 53,8 millions de dollars sur deux ans dégagé par le gouvernement fédéral a été dépensé, ont affirmé les commissaires.

Jusqu'ici, 320 des 900 personnes inscrites pour témoigner à l'Enquête ont fait part de leurs expériences. La Commission d’enquête sera à Saskatoon du 20 au 23 novembre pour entendre les familles saskatchewanaises touchées par la violence contre les femmes et les filles autochtones.

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