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Amir Khadir et Peter Simons unis pour l'équité fiscale des entreprises

Peter Simons et Amir Khadir répondent aux questions des journalistes.

Peter Simons était aux côtés du député Amir Khadir los de son point de presse.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le combat que mène l'homme d'affaires Peter Simons contre les géants de la nouvelle économie a trouvé écho à l'Assemblée nationale, mercredi, alors que le parti Québec solidaire a déposé un projet de loi pour encadrer le commerce en ligne.

Un texte de Louis Gagné

La formation de gauche propose de modifier les lois sur les impôts, l’administration fiscale et la taxe de vente afin d’y assujettir les entreprises qui, à défaut d’avoir une présence physique au Québec, y ont une « présence numérique significative ».

Les activités économiques d’une entreprise seraient considérées comme « significatives » à partir du moment où elles génèrent des revenus supérieurs à 30 000 $.

Le député solidaire Amir Khadir insiste sur l’importance d’adapter l’arsenal législatif à la réalité économique du XXIe siècle. Selon lui, les « grands joueurs » du commerce électronique profitent de la désuétude des lois fiscales pour échapper à leurs responsabilités.

« Les Amazon, les Netflix de ce monde ne respectent pas les mêmes règles bien qu'ils veuillent jouer sur la même patinoire que notre commerce de détail, que nos commerçants et commerçantes locaux », dénonce l’élu de Mercier.

Si on ne fait rien, nos commerçants et nos commerçantes vont tomber aux mains des géants du numérique, on va complètement assécher la source du financement de nos services publics.

Amir Khadir, député solidaire de Mercier

Responsabiliser les banques

Québec solidaire veut également responsabiliser les banques afin qu’elles s’assurent que les transactions commerciales effectuées par leur intermédiaire soient proprement taxées.

« Pourquoi les banques seront tenues responsables? Parce que c'est des banques et leurs cartes, leurs plateformes d'affaires, qui permettent des transactions, qui permettent que d'un compte bancaire, ici, on achemine de l'argent à un autre compte bancaire, ailleurs », explique Amir Khadir.

Le député enjoint au gouvernement Couillard d'appuyer son projet de loi. Il fait valoir que les propositions de son parti sont cohérentes avec les recommandations du rapport de la Commission des finances publiques sur la lutte aux paradis fiscaux.

On pourrait, si les autres partis le veulent, se rasseoir ensemble et faire ce qu'il faut à l'intérieur de ce cadre-là, mais avec la même détermination d'avoir enfin une justice fiscale.

Amir Khadir, député solidaire de Mercier

Enjeu transpartisan

L’homme d’affaires Peter Simons, qui interpelle depuis plusieurs mois les gouvernements afin qu’ils adoptent des lois fiscales plus équitables pour les commerçants traditionnels, applaudit l’initiative de Québec solidaire. Il était d’ailleurs aux côtés d’Amir Khadir lorsque ce dernier a présenté son projet de loi aux médias.

Si l’alliance entre un patron d’entreprise et une formation située à gauche de l’échiquier politique est pour le moins inusitée, elle démontre que la lutte contre l’évasion fiscale dépasse la partisanerie, croit Peter Simons.

« Ça n'a aucun rapport avec aucun parti. Je pense, c'est le bon sens, un petit pas, d'après moi, dans une direction [vers laquelle il faut] avancer rapidement. Donc, s'il y a un vecteur d'action, peu importe d'où ça vient, je le supporterai », affirme-t-il.

Je serais ravi, comme citoyen, de voir tous les partis travailler ensemble pour un changement que je considère essentiel et inévitable pour le Québec.

Peter Simons, président et directeur général de la Maison Simons

Amir Khadir abonde dans le même sens. Même s’il reconnaît être une personne qui « critique beaucoup le capitalisme », le député de Mercier ne voit aucun mal à s’associer à « un homme d’affaires socialement responsable » comme Peter Simons.

« Il sait que la consommation repose sur des citoyens qui ont une vie et qui ont des besoins, et ces besoins-là requièrent des services sociaux, et il faut les financer. Et l'assiette fiscale est tellement mise à mal par le commerce électronique que nos services sont menacés », insiste M. Khadir.

Politique