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L’UPAC contre Guy Ouellette : de contradictions en malaises

Le commissaire de l'UPAC, Robert Lafrenière, s'explique devant la presse.
Le commissaire de l'UPAC, Robert Lafrenière, s'explique devant la presse. Photo: The Canadian Press / Ryan Remiorz
Radio-Canada

Six jours après l'arrestation du député Guy Ouellette par les enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), le mystère plane toujours. On ne sait toujours pas précisément ce qui est reproché au député. Dans un geste exceptionnel, le premier ministre Philippe Couillard s'est résigné à réclamer des explications à l'UPAC, mais ces explications en ont laissé plusieurs sur leur faim.

Une analyse de Martine Biron

En fait, les versions sont contradictoires. Guy Ouellette affirme être victime d’un coup monté de l’UPAC et l’UPAC dit plutôt qu’elle travaille dans les règles de l’art.

« Il y aura des accusations », a dit le commissaire de l'UPAC, Robert Lafrenière, qui laisse entendre que le député a joué un rôle dans les fuites de documents névralgiques concernant l’enquête Mâchurer sur le financement politique du Parti libéral du Québec.

On comprend toutefois que l’analyse de la preuve contre M. Ouellette sera longue. Ainsi, il risque de siéger à titre d’indépendant encore longtemps.

Malaise à l’Assemblée nationale

La façon dont a procédé l’UPAC pour arrêter le député Ouellette, en « l’appâtant » et sans l’accuser formellement, a créé un énorme malaise au sein de l’ensemble de la classe politique.

Le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, dans un rare moment, a pris la parole pour dénoncer les méthodes des enquêteurs.

« Qu’on accuse ou qu’on s’excuse », a réclamé le président Chagnon avant d’ajouter que les corps policiers doivent être redevables, sinon on peut craindre les dérives totalitaires. Une déclaration peu banale, qui insinue que l’UPAC est peut-être l’État dans l’État.

La séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le judiciaire est certes fondamentale, mais les lois doivent être respectées. Les voix commencent d’ailleurs à s’élever pour qu’un mécanisme de surveillance oblige l’UPAC à rendre des comptes. Mais entre-temps, les enquêtes de l’UPAC demeurent opaques et longues, quasi systématiquement.

Pourtant, un élu de l’Assemblée nationale qui préside une commission parlementaire étudiant un projet de loi qui touche l’UPAC devrait à tout le moins savoir de quoi on l’accuse. Sur ce point, l’Assemblée nationale n’a pas été exaucée et les apparences jouent contre l’UPAC.

La suite pour l’UPAC

Même si le commissaire Robert Lafrenière défend bec et ongles l’intégrité et la probité de son organisation, sa réputation est entachée. Peut-être qu’une enquête sur les gestes posés par Guy Ouellette est tout à fait justifiée, mais l’UPAC donne l’impression de ne pas avoir réalisé les conséquences engendrées par l’arrestation d’un élu.

Alors que plusieurs élus et citoyens attendent beaucoup des enquêtes de l’UPAC, notamment sur le financement politique illégal, le commissaire Lafrenière se retrouve maintenant avec un fardeau supplémentaire : regagner la confiance publique.

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