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L'armée américaine garde secrète l'ampleur des pertes chez ses alliés afghans

Des soldats afghans

Des soldats afghans prennent position au cours d'une opération contre l'EI dans le district d'Achin, au lendemain de l'explosion de la bombe américaine GBU-43 dans la province de Nangarhar

Photo : EPA / Ghulamullah Habibi

Radio-Canada

Le commandement de l'armée américaine en Afghanistan refuse désormais de rendre publique l'ampleur des pertes subies par ses alliés afghans, révèle un rapport de l'inspecteur général spécial pour l'Afghanistan.

Il s’agit de la première fois depuis huit ans, en effet, que le commandement militaire classifie ou restreint la publication de données sur les forces afghanes comme l’état des pertes, le taux d’attrition ou encore les capacités opérationnelles de l’équipement, a souligné John Sopko, inspecteur général spécial du Congrès américain pour la reconstruction de l’Afghanistan (SIGAR).

Le taux d'attrition [pourcentage du personnel perdu par blessure ou décès, fin d'engagement ou désertion ] et le nombre des victimes ont été classifiés, car le commandement américain, après examen, a décidé que ces données appartenaient au gouvernement afghan.

John Sopko, Inspecteur général spécial du Congrès américain pour la reconstruction de l’Afghanistan

Cette prudence de l’état-major sur la publication de ces données sensibles survient peu de temps après l’annonce du déploiement de 3000 militaires américains de plus en Afghanistan pour appuyer les forces gouvernementales qui luttent contre les talibans et le groupe armé État islamique (EI).

En comptant ces renforts, près de 15 000 soldats américains seront à terme déployés en Afghanistan, en plus du personnel civil, note le rapport de l’inspecteur général spécial du Congrès.

Des pertes « insoutenables »

Selon le rapport du SIGAR, 6700 soldats et policiers afghans ont été tués dans le pays en 2016 et 12 000 autres ont été blessés, soit une hausse de 35 % en un an. Il s’agit là de pertes « insoutenables », selon John Sopko.

Et la situation ne semble pas aller en s’améliorant, si on l'en croit les données concernant les cinq premiers mois de 2017, qui font état de 2500 morts et de 4200 blessés dans les rangs de l’armée et de la police afghanes.

Institué en 2008 par le Congrès américain, le SIGAR a pour mission de rapporter aux élus américains comment sont utilisés les 120 milliards de dollars dépensés par les États-Unis chaque année en Afghanistan depuis 2002.

Les Afghans savent ce qui se passe, les talibans savent ce qui se passe, les militaires américains aussi. Seuls les contribuables américains l'ignorent, mais ce sont eux qui payent.

John Sopko, inspecteur général spécial du Congrès américain pour la reconstruction de l’Afghanistan
Avec les informations de Agence France-Presse

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