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Trop de services de santé en anglais dans les écoles francophones du N.-B.?

Couloir d'école avec des sacs à dos sur des crochets.

Les enseignants francophones du Nouveau-Brunswick dénoncent un manque de services de santé en français pour leurs élèves.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les enseignants francophones du Nouveau-Brunswick dénoncent un manque de services de santé en français dans les écoles. Ils déplorent qu'ils doivent régulièrement écrire ou interpréter des rapports en anglais, pour mieux aider leurs élèves à réussir dans un système d'éducation qui mise sur l'inclusion.

Un texte de Michelle LeBlanc

À l’école Soleil Levant de Richibucto, 68 élèves ont des besoins particuliers, dans une école qui en compte moins de 300. Les ressources pour aider ces jeunes sont insuffisantes, estime la directrice Monique Vautour.

La psychologue scolaire, par exemple, doit partager son temps avec sept autres écoles. Pour éviter une longue liste d’attente, les parents se tournent souvent vers des services psychologiques privés, livrés en anglais.

« Nos élèves, parce qu’il manque de services à l’école - que ce soit en orthophonie ou [...] en santé mentale - vont à Miramichi, qui est à peu près 40 minutes de chez nous. Ils arrivent avec des rapports dont les recommandations sont en anglais. »

Monique Vautour en entrevue

Monique Vautour est directrice de l'école Soleil Levant de Richibouctou.

Photo : Radio-Canada / Gilles Landry

Ces recommandations doivent être mises en œuvre à l’école. Et les enseignants, dans les équipes stratégiques , doivent traduire et tenter de comprendre des directives dans une langue qui n’est pas la leur.

« Maintenant, on connaît comment mieux aider l’enfant. [...] L’enseignante, elle, veut répondre aux besoins de l’enfant, mais il nous manque de ressources », déplore Monique Vautour.

Selon les enseignants, la situation est similaire dans toutes les écoles francophones de la province, même dans la région très francophone de la Péninsule acadienne.

Le directeur de l’école La Ruche de Tracadie, Robert Roy-Boudreau, voit lui aussi passer des rapports de spécialistes en anglais.

« Ce n’est pas l’idéal pour personne; ce n’est pas l’idéal pour le parent, ce n’est pas l’idéal pour l’équipe stratégique à l’école, ce n’est pas l’idéal pour l’enfant lui-même, qui doit se faire évaluer par une personne dans une autre langue », explique-t-il.

Est-ce qu’on a compris, au niveau de la langue, si l’enfant a réussi à bien démontrer où il est rendu dans son cheminement intellectuel?

Robert Roy-Boudreau, directeur de l’école La Ruche de Tracadie
Robert Roy-Boudreau en entrevue

Robert Roy-Boudreau est directeur à l'école La Ruche de Tracadie.

Photo : Radio-Canada / Gilles Landry

Outre la lourde charge de la traduction, les enseignants craignent que des précisions et des nuances se perdent, au détriment de l’élève.

C’est notamment le cas lorsque les enseignants doivent remplir des formulaires en anglais pour des spécialistes de la santé.

« Le personnel enseignant n’est pas nécessairement habile au niveau de la terminologie en anglais, pour bien rendre justice à l’élève », soutient Gabrielle McLaughlin, directrice à l’école Sainte-Anne de Fredericton.

L’Association des enseignants et enseignantes francophones du Nouveau-Brunswick, l’AEFNB, a fait part de ces doléances au ministre de l’Éducation Brian Kenny.

La semaine dernière, ils ont aussi accordé leur appui au groupe Égalité santé en français, dont le but ultime est d’obtenir la dualité en santé. Les enseignants sont convaincus qu’une dualité en santé mènera à plus de services de santé à l’école, livrés par des professionnels francophones.

« Le système de santé va au-delà de l’éducation, c’est une affaire de société », dit Robert Roy-Boudreau, qui se dit convaincu qu’une dualité en santé est la seule solution pour davantage de services en français dans les écoles.

Nouveau-Brunswick

Éducation