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  • La Convention de la Baie-James, un traité historique pour le Québec et pour les Cris

    Manifestation de Cris de la baie James, tirée du reportage de l'émission Découverte du 3 mars 1991

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Il y a 40 ans, la Convention de la Baie-James et du Nord québécois entrait en vigueur. Le développement hydroélectrique peut alors poursuivre son élan dans le respect des revendications territoriales des Autochtones. Cette entente représente une première en Amérique du Nord. Retour sur le « projet du siècle » pour Robert Bourassa, mais aussi pour les Cris du Nord-du-Québec.

    L’entrée en vigueur de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois n’est mentionnée que très brièvement au bulletin de nouvelles Ce soir du 31 octobre 1977. C’est pourtant le fruit d’âpres négociations entre Québec et les Cris. Seul le ministre des ressources naturelles, cité par le présentateur Bernard Derome, souligne ce moment historique :

    C’est le début d’une ère nouvelle de bonne entente entre les Autochtones et le gouvernement du Québec.

    Yves Bérubé, ministre québécois des Ressources naturelles

    Pour le premier ministre Robert Bourassa, le nord du Québec, c’est une terre promise. En 1971, il présente sa vision : transformer l’eau des rivières de la baie James en électricité. La municipalité de la Baie-James est traversée par six des plus importantes rivières du Québec : les rivières Harricana, Nottaway, Broadback, Rupert, Eastmain et la Grande Rivière. Elles sont un site idéal pour la construction d’infrastructures hydroélectriques.

    Le « projet du siècle », symbole du savoir-faire technique des Québécois, doit générer plus de 100 000 emplois. Or, les Autochtones qui vivent dans cette région n’ont aucunement été consultés ni même informés que leur territoire serait en partie inondé.

    En 1972, au moment de l’ouverture des premiers chantiers, les Cris s’opposent au projet. Ils obtiennent provisoirement l’arrêt des travaux devant le juge Albert Malouf. Mais la Cour d’appel du Québec annule la décision, car elle estime que « l’intérêt de millions de Québécois » prime sur celui « d’environ deux mille de ses habitants ».

    Billy Diamond, en conférence de presseAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

    Billy Diamond, chef du Grand conseil des Cris, s'opposant au projet de la baie James en 1972

    Photo : Radio-Canada

    La bataille judiciaire menace d’être longue. Les Cris et le gouvernement du Québec décident donc de s’asseoir ensemble à la table des négociations. C’est ainsi que prend forme la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, premier traité moderne de revendication territoriale au Canada.

    Signée le 11 novembre 1975 entre les gouvernements du Canada et du Québec, les Cris et les Inuits, la Convention couvre un immense territoire de 1 082 000 kilomètres carrés. En vertu de ce traité, les Autochtones renoncent à leurs droits sur les terres, en échange de droits et de compensations financières.

    D’abord enthousiasmés par la Convention, qualifiée de « Charte des droits des Cris » par le grand chef Billy Diamond, les Autochtones déchantent peu à peu. La construction de barrages hydroélectriques est un véritable moteur pour la création d’emplois et la relance de l’économie du Québec. Cependant, elle bouleverse grandement le territoire des Cris de la baie James, qui en dénoncent les impacts environnementaux et sociaux.

    Les grandes étapes historiques de la baie James

    Découverte, 3 mars 1991

    À l’émission Découverte du 3 mars 1991, Pierre Maisonneuve retrace l’histoire des complexes hydroélectriques de la baie James. On se situe 20 ans après le début des travaux, entamés en 1971. « Qu’avons-nous encore à apprendre dans le développement de grands barrages? » se demande l’animateur, soulevant notamment les préoccupations liées à l’environnement. On est alors à la veille du projet de Grande-Baleine qui opposera à nouveau les Autochtones au gouvernement du Québec.

    Il faudra attendre le 7 février 2002, avec la signature de la paix des braves, pour que les poursuites entourant la Convention de la Baie-James soient abandonnées.

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