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Des acheteurs de homard de la N.-É. veulent pouvoir financer les pêcheurs

L'ancien ministre des Pêches et des Océans, Robert Thibault, est maintenant porte-parole de la Coalition des acheteurs de homard de l'ouest de la Nouvelle-Écosse.
L'ancien ministre des Pêches et des Océans, Robert Thibault, est maintenant porte-parole de la Coalition des acheteurs de homard de l'ouest de la Nouvelle-Écosse. Photo: Radio-Canada / CBC
Radio-Canada

Des négociants de homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse forment une coalition pour faire pression sur le gouvernement fédéral. Ils veulent que le ministère fédéral des Pêches et des Océans leur permette de prêter de l'argent à des pêcheurs et d'agir comme une banque.

L’ancien ministre fédéral des Pêches et des Océans, Robert Thibault, est le porte-parole de la Coalition des acheteurs de homard de l’ouest de la Nouvelle-Écosse.

« Les pêcheurs seraient indépendants, ils seraient les propriétaires et contrôleraient leur entreprise. Mais ils auraient un contrat avec les acheteurs. Probablement qu’on exigerait qu’on leur vende le produit, jusqu’à ce que la dette soit payée », dit-il.

Le pêcheur pourrait à n’importe quel temps acheter sa dette, pourrait payer sa dette, entrer dans une entente avec quelqu’un d’autre. Il serait totalement indépendant, mais on pourrait créer des liens de travail, on pourrait avoir une certaine sécurité.

Robert Thibault, porte-parole de la Coalition des acheteurs de homard de l'ouest de la Nouvelle-Écosse

Robert Thibault propose un projet pilote pour le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Ententes secrètes

La coalition fait cette proposition au moment où le ministère des Pêches et des Océans s’attaque de plus en plus au stratagème des prête-noms, qui serait répandu dans l’industrie du homard.

Dans ces ententes de contrôle, le pêcheur est le détenteur officiel du permis, mais ne sert que de prête-nom. Dans plusieurs cas, une entreprise lui fournit un bateau et un équipage et engrange les profits de la pêche.

Pêches et Océans considère qu’il s’agit d’une façon de contourner sa politique du propriétaire-exploitant, qui assure l’indépendance de la pêche côtière en Atlantique. Selon la loi, les détenteurs de permis de pêche côtière doivent être ceux qui pêchent et qui bénéficient directement de la ressource.

La politique du ministère a été renforcée en mai 2017, quand la Cour fédérale du Canada a confirmé le pouvoir du ministre de suspendre le permis du pêcheur de crabe des neiges Kirby Elson, du Labrador, qui refusait de mettre fin à un accord de contrôle le liant à deux entreprises de transformation.

Kirby Elson interjette appel de la décision.

Discussions avec Ottawa?

Robert Thibault a notamment pour mandat de négocier avec le gouvernement fédéral au sujet de l’interdiction des accords de contrôle. Il croit qu’il faut trouver une solution légale et transparente pour remplacer ces stratagèmes.

« Ce qu’on dirait au ministre, c’est qu’on comprend qu’il a des objectifs de politiques, on comprend très bien ça », précise-t-il. « Nous, on a des objectifs entrepreneuriaux, qui demandent une sécurité d’accès au produit. Et on serait complètement prêts à entrer dans des discussions pour trouver un terrain commun pour les deux. »

Des pêcheurs quittent West Dover, en Nouvelle-Écosse, à l'ouverture de la saison de pêche 2016.Des pêcheurs quittent West Dover, en Nouvelle-Écosse, à l'ouverture de la saison de pêche 2016. Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

L’été dernier, le ministre des Pêches et des Océans, Dominic LeBlanc, a promis d’enchâsser dans la loi l’interdiction des accords de contrôle. Le ministère continue d’enquêter sur ces stratagèmes et n’hésite pas à suspendre les permis qui lui semblent louches.

« Il faut trouver des ententes qui permettent d’investir dans l’industrie », dit Robert Thibault.

Les acheteurs prêtent de l’argent aux pêcheurs depuis longtemps, mais les sommes dont ont besoin des pêcheurs sont maintenant astronomiques, avec des bateaux de plus en plus grands et de plus en plus chers. En 2015-2016, les débarquements de homard dans la zone de pêche au homard 34, de Shelburne à Digby, totalisaient 28 467 tonnes, pour une valeur de 417 millions de dollars.

« Les coûts sont devenus extrêmement élevés, tant pour obtenir un permis que pour tout le reste. Il faut des outils financiers », dit Robert Thibault.

Réponse de Pêches et Océans

Le ministère des Pêches et des Océans ne commente pas encore la proposition de la Coalition des acheteurs de homard de l’ouest de la Nouvelle-Écosse. Dans un courriel, il dit cependant qu’il s’engage à travailler avec les représentants de l’industrie pour s’assurer que les bénéfices de la pêche continuent d’être distribués aux pêcheurs et aux membres des communautés côtières.

La Fédération des pêcheurs indépendants dit pour sa part qu’il est trop tôt pour commenter la proposition de la coalition.

Avec les informations de CBC

Nouvelle-Écosse

Industrie des pêches