•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ingérence russe dans l’élection américaine : quelles accusations déposera Robert Mueller?

L'ex-directeur du FBI Robert Mueller agit à titre de procureur spécial dans l'enquête sur « les efforts du gouvernement russe en vue d'influencer l'élection présidentielle de 2016 » depuis sa nomination par le département de la Justice.
L'ex-directeur du FBI Robert Mueller agit à titre de procureur spécial dans l'enquête sur « les efforts du gouvernement russe en vue d'influencer l'élection présidentielle de 2016 » depuis sa nomination par le département de la Justice. Photo: Reuters / Joshua Roberts
Radio-Canada

Moins d'une journée avant qu'on ne connaisse le contenu des premières accusations portées par l'enquêteur spécial Robert Mueller, chargé de faire la lumière sur la possible ingérence de la Russie lors de la présidentielle américaine, le président Donald Trump s'est livré à une nouvelle charge à fond de train contre les démocrates sur Twitter.

Le chef d'État américain, bien connu pour sa tendance à s'emporter sur le réseau social et à utiliser quantité de lettres majuscules et de signes de ponctuation, a de nouveau vertement critiqué les élus du Parti démocrate.

Dans une série de tweets, M. Trump soutient ainsi que les démocrates se livrent à une « véritable chasse aux sorcières » à des fins « maléfiques » en « inventant » un « faux dossier » d'enquête sur sa personne.

Du même souffle, le président martèle que les membres de son propre parti, le Parti républicain, « sont unis comme jamais » et « en colère » contre les démocrates.

Le président s'en prend aussi aux enquêtes judiciaires en cours, affirmant que celles-ci se penchent sur une collusion entre son équipe de campagne et la Russie, collusion « qui n'existe pas », plutôt que de porter justement sur les « inventions démocrates » que seraient les informations contenues dans le fameux « dossier Steele ».

Faites quelque chose!

Donald Trump, président des États-Unis

Une affaire qui remonte à loin

Si ces critiques adressées aux démocrates ne sont pas nouvelles, elles surviennent toutefois alors que la pression augmente sur le président et son entourage.

La chaîne CNN annonçait en effet, vendredi, qu'un grand jury fédéral avait approuvé les premières accusations dans le cadre de l'enquête du procureur spécial Robert Mueller.

M. Mueller lui-même a été nommé par le procureur général adjoint Rod Rosenstein à la suite du congédiement de James Comey, alors patron du FBI.

M. Comey se penchait sur les possibles liens entre l'équipe de campagne de M. Trump et la Russie depuis juillet 2016, en pleine campagne électorale.

Les accusations déposées par M. Mueller, qui sont toujours placées sous scellés, devraient mener dès lundi aux premières arrestations.

Si la Maison-Blanche n'a pas voulu commenter l'affaire, vendredi, les attaques contre le Parti démocrate et contre la candidate déchue Hillary Clinton se sont multipliées pendant la fin de semaine.

Outre les tweets du président, plusieurs représentants de l'administration Trump et du Parti républicain ont effectué des sorties dans les médias pour affirmer que le dossier Steele, du nom de Christopher Steele, un ancien agent du MI6 britannique qui aurait compilé maintes informations supposément accablantes contre M. Trump et son équipe, avait été financé par les démocrates et que son contenu était « pure fabrication ».

Plusieurs analystes du renseignement américain ont toutefois conclu que certaines personnes, identifiées dans ledit dossier comme étant entre autres des hommes d'affaires russes, étaient en fait des espions du Kremlin ou employés par le gouvernement russe.

Parmi les informations contenues dans ce dossier, et qui n'ont pas été vérifiées, on allègue que Moscou disposerait d'éléments susceptibles de faire chanter le président américain, puisque celui-ci aurait été filmé à son insu pendant qu'il s'adonnait à des jeux sexuels avec deux prostituées dans un hôtel de la capitale russe.

Qui a payé?

Le financement des travaux de recherche de M. Steele fait également l'objet d'un vif débat. Dans l'un de ses tweets de dimanche avant-midi, le président Trump soutient que le clan Clinton a déboursé jusqu'à 12 millions de dollars pour amasser ces informations.

Le Washington Post écrivait ainsi, la semaine dernière, que Marc Elias, un avocat ayant travaillé pour la campagne Clinton en 2016, avait utilisé des fonds électoraux pour embaucher Fusion GPS, la firme responsable de la production dudit dossier.

Des comités de la Chambre américaine des représentants et du Sénat cherchent à faire la lumière sur l'origine et le contenu de ce document.

Vendredi, le Washington Free Beacon, un site d'information conservateur financé par le mégadonateur républicain Paul Singer, mentionnait qu'il était à l'origine du financement du projet de Fusion GPS visant à compiler des « informations d'opposition » – des informations pouvant servir à attaquer des candidats – sur plusieurs aspirants à l'investiture républicaine de 2016, y compris M. Trump.

La sénatrice républicaine Susan Collins, qui siège au comité sur le renseignement, estime ainsi que les démocrates devraient revenir témoigner à propos du financement de sections du dossier Steele.

En entrevue à l'émission Face the Nation sur les ondes de CBS, Mme Collins a ainsi affirmé que John Podesta, l'ancien président de la campagne de Mme Clinton, la représentante démocrate Debbie Wasserman Schultz, qui était alors présidente du Comité national démocrate, et M. Elias « doivent absolument être rappelés » pour témoigner.

« Il est difficile d'imaginer qu'un président de campagne [et] que la chef du Comité national démocrate n'aient pas été au courant d'une dépense de cette importance », a-t-elle lancé.

De son côté, le représentant républicain Trey Gowdy, qui préside le comité de surveillance de la Chambre des représentants, a déclaré dimanche sur les ondes de Fox News qu'il souhaitait davantage savoir si le FBI ou le département de la Justice s'étaient servis du contenu du dossier Steele dans le cadre de leurs propres enquêtes.

« Je ne m'attends pas à ce que le Comité national démocrate soit objectif. Presque par définition, la recherche d'opposition n'est pas objective », a-t-il déclaré.

« La prochaine chose que la Chambre cherchera à savoir, c'est si le gouvernement s'est servi [des informations] », a-t-il ajouté.

Avec les informations de Reuters, et CNN

Politique internationale

International