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  • René Lévesque, le politicien

    Dans un studio de télévision, assis à une table surmontée d'un micro de table, l'animateur Wilfrid Lemoine discute avec René Lévesque, nouveau député du Parti libéral du Québec, dans la circonscription de Montréal-Laurier.

    René Lévesque à l'émission spéciale de Radio-Canada pour la soirée électorale du 22 juin 1960.

    Photo : Radio-Canada / André Le Coz

    Radio-Canada

    Le 1er novembre 1987, le journaliste et politicien René Lévesque meurt dans sa résidence de l'île des Sœurs. Il avait alors 65 ans. Dans le troisième texte de notre série pour souligner le 30e anniversaire de sa disparition, retour sur le parcours de l'homme politique.

    Après le décès de Maurice Duplessis le 7 septembre 1959, l'Union nationale est complètement désorganisée. Les libéraux de Jean Lesage, eux, sont bien déterminés à apporter un vent de changement dans la province.

    René Lévesque, qui s’est fait remarquer durant la grève des réalisateurs de Radio-Canada, décide de quitter son emploi de journaliste le 24 avril 1960 pour se lancer en politique.

    Avec une bonne équipe en place, Jean Lesage, et le Parti libéral, remporte l’élection, marquant ainsi le début de la Révolution tranquille.

    De journaliste à député

    Les élections du Québec, 22 juin 1960

    Une émission spéciale, pour la soirée des élections, est diffusée le 22 juin. C’est le journaliste Wilfrid Lemoine qui, cette fois, pose les questions à l’ancienne vedette des ondes. Les thèmes « changement de régime », « grande noirceur » et « vieille politique » sont abordés par René Lévesque en entrevue.

    Ce dernier est content de sa victoire dans la circonscription Montréal-Laurier, et ce, « malgré toutes les pressions qui ont été mises, malgré la force effrayante du régime. »

    C’est ce que Lévesque entend par vieille politique : embauche de fiers-à-bras, vol de bulletin de vote, fraudes électorales. Les moyens utilisés par l’Union nationale pour tenter de remporter l'élection ont été nombreux et, pas toujours, très propres.

    J’ai vu une dame se faire frapper par un groupe de 6 hommes resté là, qui s’est littéralement assise sur sa boîte de scrutin.

    René Lévesque

    Ce sont ces pratiques électorales que l’homme dénonce à la télévision. Ce sont à ces pratiques électorales qu’il entend, d’abord, s’attaquer.

    Un changement de ton

    Téléjournal, 11 février 1961

    Dans le gouvernement de Jean Lesage, il se voit offrir les postes de ministre des Ressources hydrauliques et, pour faire suite à son discours sur les pratiques électorales, de ministre des Travaux publics. 

    Plusieurs dossiers lui tiennent à cœur, mais, particulièrement, celui du contrôle des ressources naturelles. Devant des étudiants universitaires, le ministre des Richesses naturelles du Québec aborde la question.

    Il faut qu'on cesse d'être des spectateurs de ce qui se passe chez nous.

    René Lévesque

    Ainsi, les prémisses de la campagne électorale anticipée de 1962 se mettent en place.

    La nationalisation de l’électricité

    Dans une salle, René Lévesque, ministre des Richesses naturelles et ministre de la Famille et du Bien-être social, est assis à un bureau, une cigarette à la main, derrière un micro sur pied.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

    René Lévesque, 6 décembre 1965.

    Photo : Radio-Canada / André Le Coz

    Jean Lesage souhaite consolider les réformes en cours et profiter de la désorganisation de l'Union nationale. Il annonce la tenue d'élections anticipées.

    Le premier ministre et son équipe proposent également aux électeurs d'approuver la nationalisation de onze compagnies d'électricité privées. Pendant la campagne, les libéraux adoptent d'ailleurs le célèbre slogan nationaliste : « Maîtres chez nous »

    De 1960 à 1966, les libéraux de Jean Lesage transforment de fond en comble l'appareil étatique. De grandes réformes sont entreprises, de nouveaux ministères, dont ceux de l'Éducation et de la Culture, sont créés.

    La rupture avec les libéraux

    Les couche-tard, 6 novembre 1964

    René Lévesque, cependant, a ses idées bien à lui et veut pousser les réformes encore plus loin. Il parle bien volontiers dans les médias lorsqu’il le juge nécessaire et n’hésite pas à briser la ligne de parti.

    « Est-ce qu’il est vrai que vous avez l’intention de lâcher le Parti libéral? », lance Jacques Normand, animateur de la populaire émission Les couche-tard, le soir du 6 novembre 1964.

    Un parti ce n’est pas comme une chemise qu’on change chaque semaine et ce n’est pas perpétuel

    René Lévesque

    René Lévesque, avec son sourire habituel, y commente la rumeur selon laquelle il quitterait le Parti libéral et même la vie politique, si nécessaire.

    Politicien à l’aise avec le public, il n’hésite pas à blaguer, à sourire et à rire, alors que tout le monde sait très bien que lui et Jean Lesage sont publiquement en désaccord sur la question de la Constitution.

    Un départ obligé

    Comme ministre des Richesses naturelles puis ministre de la Famille et du Bien-être social, René Lévesque s’est associé à Paul Gérin-Lajoie et Eric Kierans pour faire adopter des réformes qui ont transformé le Québec. Cependant, en voulant doter le Québec d’un statut spécial au sein du Canada, René Lévesque fait figure de dissident au sein du Parti libéral.

    Il n’arrive plus à y faire la promotion de ses idées et décide de partir pour fonder le Mouvement Souveraineté-Association. L'adhésion au mouvement progresse rapidement au point où René Lévesque annonce que, dès l'automne 1968, le mouvement doit devenir un parti politique.

    La fondation du Parti québécois

    Un nouveau parti au Québec, 11 octobre 1968

    Le Parti québécois voit le jour à partir de la fusion du Mouvement Souveraineté-Association et du Ralliement national.

    Sous le thème « Un parti à fonder, un pays à bâtir », René Lévesque y fait un discours portant sur la domination économique des Canadiens français par les Anglais et sur l'importance de la souveraineté.

    Un nouveau parti au Québec, 11 octobre 1968

    À la dernière journée de ce congrès, il est question de la responsabilité des membres du parti vis-à-vis du nom choisi : "Parti québécois". La question du nom avait été un point litigieux pendant le congrès et René Lévesque préférait privilégier une option avec le mot « souveraineté ».

    À l’élection de 1970, une première pour le Parti québécois, Lévesque est battu dans Laurier par le député libéral André Marchand, mais son parti devient l’opposition officielle à Québec. Une fierté pour l’homme.

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