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Chevreuils nuisibles dans la baie des Chaleurs : on cherche des solutions

Cerf de Virginie

Cerf de Virginie

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Radio-Canada

La Direction de la gestion de la faune de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et l'Union des producteurs agricoles (UPA) se disent conscientes des problèmes causés par la présence accrue de chevreuils dans la baie des Chaleurs. Les deux entités tentent de trouver des solutions avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Un texte de Brigitte Dubé avec les entrevues de Maude Rivard

Quatre-vingt-cinq pour cent du cheptel de cerfs de Virginie de la zone 1 (correspondant à la Gaspésie touristique) se trouve dans cette région, ce qui cause des dommages aux exploitations agricoles et des accidents sur les routes. Les cerfs de Virginie sont de plus en plus présents dans les zones périurbaines et la région au cours des dernières années. Des chasseurs aimeraient pouvoir en abattre davantage afin de mieux contrôler la population.

Écoutez l'entrevue à l'émission Au coeur du monde

Le nombre de collisions avec les bêtes sur les routes a aussi augmenté au cours des dernières années.

Des chevreuils.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des chevreuils.

Photo : iStock / iStockPhoto

Le biologiste à la Direction de la gestion de la faune de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Martin Dorais, explique que la chasse au chevreuil est actuellement encadrée par le plan de gestion actuel qui prendra fin en 2018. Pour le prochain plan, qui est en cours d’élaboration, le Ministère envisage la création d'une sous-zone de chasse pour le chevreuil dans la baie des Chaleurs, alors qu’il est en difficulté du côté est et du côté nord.

Le Ministère regarde la possibilité de subdiviser sa zone pour répondre à différentes problématiques qu’on trouve au sud.

Martin Dorais, biologiste à la Direction de la gestion de la faune de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

M. Dorais explique qu’au début des années 1990, des hivers difficiles et l’augmentation des populations de coyotes ont eu pour effet de mettre en danger les populations de cerfs. Le ministère de la Faune a permis aux citoyens de les nourrir et les cerfs se sont multipliés près des habitations. De plus, les hivers sont moins rigoureux dans la baie des Chaleurs, ce qui favorise encore plus l’espèce.

Chevreuil en hiverAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Chevreuil en hiver

Photo : Radio-Canada/Yvon Thériault

Par ailleurs, le propriétaire du Jardin du Village à Caplan, Étienne Goyer, calcule que les chevreuils causent pour quelques milliers de dollars de dommages par année sur sa ferme.

Ça fait sept ans que je cultive et ça fait sept ans que j’ai des problèmes avec les chevreuils. Ça semble aller en s’intensifiant.

Étienne Goyer, propriétaire du Jardin du Village à Caplan

Il n'envisage pas l'installation de clôtures qu'il juge trop coûteuses, à 15 $ du mètre.

Un programme unique à la région a été mis sur pied par le ministère de l'Agriculture des Pêcheries et de l'Alimentation, après qu'un groupe de producteurs ait présenté un projet collectif. Le Programme de développement du secteur agroalimentaire permet une aide financière de 50 % pour l’achat de matériel de clôture neuf, jusqu’à concurrence de 5000 $.

Aux yeux de M. Goyer, le chevreuil semble avoir un statut particulier par rapport à d‘autres espèces nuisibles. « Il existe des solutions pour les insectes et les rongeurs, rappelle-t-il. [Je me demande pourquoi], quand on parle de cerf de Virginie, il n’y a aucune option possible. »

On devrait pouvoir émettre des permis de chasse spéciaux de nuisance aux propriétaires pour qu’ils soient en mesure de protéger leurs cultures.

Étienne Goyer, propriétaire du Jardin du Village à Caplan

De son côté, l’agronome et directeur de l’UPA Gaspésie-Les Îles, Marc Tétreault, précise que l’UPA n’a pas demandé l’augmentation du nombre d’abattage, même si le syndicat reconnaît que les dommages sont en croissance et ont des impacts importants sur les revenus des entreprises.

« Nous nous penchons sur le problème, indique-t-il. Un comité a été créé avec des représentants du ministère de la Faune, le ministère de l’Agriculture et le MAPAQ et la Financière agricole.

M. Tétreault ajoute que l’abondance de cerfs cause des maux de tête à d’autres agriculteurs ailleurs au Québec, mais que l’ampleur des dommages semble plus prononcée en Gaspésie. « Des champs de pommes de terre ont été complètement rasés, raconte-t-il. Des spécialistes sont venus et ont affirmé qu’ils n’avaient pas vu ça ailleurs. »

Alors que certains se demandent si la réintroduction du coyote, un prédateur naturel, serait la solution, le biologiste Hugues Deglaire craint un déséquilibre dans d’autres populations animales.

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