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Coderre nie toute proximité avec le promoteur du nouvel amphithéâtre du parc Jean-Drapeau

Le maire sortant de Montréal, Denis Coderre, entouré de candidats de l'arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, lors d'un point de presse dans le quartier Saint-Michel.

Denis Coderre était de passage à l'usine de Keurig Canada, dans le quartier Saint-Michel.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le maire sortant de Montréal, Denis Coderre, se défend d'avoir fait affaire directement avec le Groupe CH, propriétaire du promoteur evenko, dans le dossier de l'aménagement d'un amphithéâtre de 65 000 places sur l'île Sainte-Hélène.

Un texte de Marc-Antoine Ménard

La Ville investit quelque 30 millions de dollars dans ce projet comprenant l'amphithéâtre, une allée menant à la sculpture L'homme, d'Alexander Calder, et une promenade riveraine.

Dans un article du quotidien La Presse publié vendredi, une source affirme que des contacts téléphoniques directs ont eu lieu entre le vice-président exécutif d’evenko, Jacques Aubé, et Denis Coderre, ce que nie le maire sortant. M. Coderre a rappelé que c’est la Société du parc Jean-Drapeau qui est responsable de la gestion des îles Sainte-Hélène et Notre-Dame, et qui traite donc avec les promoteurs.

« Je rêvais du Hollywood Bowl [amphithéâtre d'environ 18 000 places assises à Los Angeles, NDLR]. J’ai dit depuis le début qu’on mériterait d’avoir un amphithéâtre digne de ce nom, naturel. Est-ce que j’ai poussé [pour] qu’on puisse assurer qu’on ait des changements en profondeur au niveau du parc Jean-Drapeau? Écoutez, on m’a élu pour ça, je l’ai dit », a affirmé M. Coderre en conférence de presse à l’usine de Keurig Canada, dans le quartier Saint-Michel.

Denis Coderre rejette aussi un argument voulant que seul evenko ait les moyens d’organiser des concerts sur le nouveau site. « Je verrais d’un très bon œil, comme on le fait au stade olympique, d’avoir l’Orchestre symphonique ou l’Orchestre métropolitain ou […] avec d’autres, comme on l’a fait avec Montréal symphonique, et de faire ça du côté du parc Jean-Drapeau, avec en arrière-plan la ville de Montréal. C’est magnifique », a-t-il illustré.

« Il y a beaucoup d’événements qui se passent là présentement, et ces événements-là sont dans des conditions épouvantables quand il se met à pleuvoir et tout ça, a ajouté le maire sortant. On a besoin de refaire les services pour assurer qu’on puisse attirer davantage d’autres personnes, d’autres organisations qui veulent faire des événements. »

Denis Coderre a ajouté que son administration avait « fait le ménage » au parc Jean-Drapeau, évoquant notamment le réaménagement du secteur de l’ancien restaurant Hélène-de-Champlain, dont la gestion catastrophique à l'ère de Gérald Tremblay et Michael Applebaum avait été soulignée en 2013 par l’ex-vérificateur général de la Ville, Jacques Bergeron.

Notre dossier sur les élections municipales 2017 au Québec 

Valérie Plante se dit troublée

La chef de Projet Montréal, Valérie Plante, qualifie de « promiscuité » les liens potentiels entre son adversaire Denis Coderre et le promoteur evenko. En point de presse dans l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, elle a soutenu que les Montréalais étaient en droit de s’interroger sur l’étanchéité entre l’administration sortante et des entreprises privées.

« Je trouve ça très troublant, qu’on ait mis les intérêts d’une compagnie privée devant les intérêts des Montréalais. Il y avait un plan, à l’origine, qui disait comment on devrait redévelopper le parc Jean-Drapeau. C’était une étude, un plan, qui a été fait de concert avec différents acteurs, donc en bonne et due forme », a déclaré la candidate à la mairie.

« Le parc Jean-Drapeau, c’est un trésor pour les Montréalais et les Montréalaises, et c’est un parc qui est public », a résumé Mme Plante.

Le projet d’amphithéâtre avait déjà été dénoncé par Projet Montréal, plus tôt cette année, parce qu’il entraînait l’abattage d’un millier d’arbres, que l’administration Coderre a promis de remplacer. Des utilisateurs des installations aquatiques héritées des championnats internationaux de 2005 ont aussi déploré que les travaux d’aménagement les empêchent d’y avoir accès.

Le déplacement temporaire de plusieurs concerts estivaux sur l’île Notre-Dame a aussi provoqué la grogne de cyclistes qui utilisent le circuit Gilles-Villeneuve comme piste d’entraînement, ainsi que de résidents de la municipalité de Saint-Lambert, sur la Rive-Sud, qui se plaignent des niveaux sonores des événements au parc Jean-Drapeau depuis quelques années.

Mais pour Denis Coderre, les nouvelles installations ne pourront que contribuer à améliorer le bilan touristique de Montréal, qui a reçu environ 11 millions de visiteurs cette année.

À titre d’exemple, la dernière édition du festival Osheaga à s’être tenue sur le parterre du parc Jean-Drapeau, en 2016, a attiré quelque 45 000 spectateurs par jour, dont près des deux tiers provenaient de l’extérieur du Québec, selon evenko, qui l'organise. L’été dernier, l’événement a eu lieu sur l’île Notre-Dame.

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