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Alexandre Bissonnette : nouveaux détails sur la fusillade à la mosquée

Des policiers sur les lieux de l'attentat à Ste-Foy

Photo : La Presse canadienne / Francis Vachon

Radio-Canada
Mis à jour le 

Le soir de la fusillade à la mosquée de Québec, Alexandre Bissonnette a soupé avec ses parents avant de se rendre à son club de tir, qui était fermé.

Un texte de Yannick Bergeron

Ces informations proviennent des mandats de perquisition dont les médias ont obtenu vendredi l'autorisation de dévoiler, partiellement, le contenu.

Interrogée par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), la mère d'Alexandre Bissonnette a révélé une partie des activités de l'accusé le soir du 29 janvier dernier.

Manon Marchand indique à l'enquêteur que son fils vient d'être mis en arrêt de travail par son employeur, Héma-Québec.

« Il aurait demandé un congé et on le lui aurait refusé », dit la mère au policier.

Il aurait parlé en mauvais termes de ses patrons, qui l'ont appris.

La mère d'Alexandre Bissonnette

Allégations

Les renseignements tirés des mandats de perquisition sont des allégations qui n'ont pas été prouvées en cour. Alexandre Bissonnette bénéficie toujours de la présomption d'innocence puisqu'il n'a pas encore eu l'occasion de répondre aux accusations.

Le père du suspect mentionne aussi à des enquêteurs de la Sûreté du Québec et de la police de Québec que son fils possède armes, soit un Glock, un Sig Sauer et une arme longue Browning.

Le document précise qu'une vérification au registre des armes restreintes a confirmé que deux armes de poing sont enregistrées au nom d'Alexandre Bissonnette.

Il s'agit d'un Sig Sauer modèle P227R ainsi que d'un Glock modèle 17.

Des témoins affirment que le tireur a utilisé un pistolet de couleur noire.

Adel Achouba décrit ainsi le comportement du tireur : « il était calme et de sang-froid ».

Arrestation

Lors de son arrestation, Bissonnette était à bord d'un Mitsubishi RVR 2015, appartenant à son père.

Le sergent Martin Bergeron, du groupe tactique d'intervention, confirme avoir aperçu un pistolet noir, de type Glock, dans le véhicule.

Les agents Alain Bouchard et Frédéric Smith III mettent le suspect en état d'arrestation « pour meurtre, tentative de meurtre et actes terroristes ».

Les accusations de terrorisme ne seront finalement pas retenues contre lui.

Après la diffusion des photographies d'Alexandre Bissonnette, un autre témoin affirme l'avoir vu à l'extérieur de la mosquée, trois jours avant le drame.

Un long manteau et une tuque

Les bandes vidéo du Centre culturel islamique du 26 janvier montrent un homme portant une tuque foncée, avec des lignes horizontales de couleur réfléchissante, ainsi qu'un long manteau noir qui descend jusqu'aux genoux.

Le rituel de la mosquée ne lui semble pas familier, puisqu'il n'a pas enlevé ses chaussures lorsqu'il est entré deux fois dans le hall.

Il restera sur place une trentaine de minutes.

Les policiers ont obtenu un mandat pour tenter de retrouver les vêtements de cet « individu » chez Bissonnette.

« Un acte prémédité »

Pour l'ex-président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Yangui, ces nouvelles révélations démontrent hors de tout doute qu'Alexandre Bissonnette avait planifié son geste.

« On comprend que l’acte de Bissonnette, c’était un acte prémédité. Il savait très bien ce qu’il voulait faire. Il savait très bien comment le faire, et par quel moyen. Heureusement pour nous que les pistolets semi-automatiques n’ont pas travaillés », confie-t-il.

Si jamais il avait utilisé ces pistolets-là, peut-être que les 50 personnes auraient été mortes, et ça serait la plus grande tuerie au Canada.

L'ex-président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Yangui

Plusieurs mois après les événements, les plaies sont toujours vives pour la famille Yangui.

« Ma famille par exemple, qui a vécu cette action-là, on vit encore dans cette tragédie-là. Et que dire des familles des blessés, que dire de ces familles-là. [...] Et même quand je parle avec vous maintenant, j’ai les larmes aux yeux, alors que dire de ces familles-là, je leur souhaite vraiment beaucoup de force », dit-il.

Alexandre Bissonnette, âgé de 27 ans, est accusé de 6 meurtres et de 39 tentatives de meurtre. Son procès a été fixé au 26 mars 2018.

Avec les informations de Cathy Senay

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