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Damas responsable de l’attaque chimique en avril, selon l'ONU

Les précisions de Frédéric Nicoloff
Radio-Canada

Un rapport de l'Organisation des Nations unies (ONU) conclut que le régime syrien du président Bachar Al-Assad est responsable de l'attaque au gaz qui a fait près d'une centaine de morts au printemps.

« Le groupe [d'experts] est convaincu que la République arabe syrienne est responsable de l'usage de sarin sur Khan Cheikhoune le 4 avril 2017 », est-il écrit dans le rapport qui a été consulté par l'AFP.

Selon l’ONU, 83 personnes, dont plusieurs enfants, ont péri dans le bombardement de Khan Cheikhoune. Cette ville, située au nord-ouest de la Syrie, était alors contrôlée par des rebelles et des djihadistes. Plusieurs centaines de personnes ont aussi été intoxiquées.

Damas a démenti son implication.

La Russie, alliée du régime Al-Assad, affirme que le gaz sarin retrouvé à Khan Cheikhoune provient de l'explosion d'un obus au sol et non d'une attaque aérienne syrienne.

Mais des experts de l'ONU et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui se sont rendus en Syrie pour préparer le rapport, réfutent cette thèse.

Rectificatif

Une précédente version de cet article laissait entendre que les experts de l’ONU se sont rendus sur les lieux visés par les attaques chimiques, ce qui n’est pas exact. Afin d’éviter toute confusion, nous avons précisé qu’ils se sont déplacés en Syrie.

Selon eux, le « scénario privilégié » voudrait que « le gaz sarin ait été propagé par une bombe aérienne lancée depuis un avion ».

« Le Conseil de sécurité doit envoyer un message clair : aucun usage d'arme chimique ne sera toléré et il faut apporter un soutien total aux enquêteurs indépendants », a réagi l'ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, Nikki Haley.

Tout pays qui se refuse à le faire ne vaut pas mieux que les dictateurs et les terroristes qui utilisent ces armes terribles.

Nikki Haley, ambassadrice des États-Unis aux Nations unies

La riposte américaine

L'attaque du 4 avril dernier, alors imputée aux forces du régime de Bachar Al-Assad par les Occidentaux, avait conduit à des frappes de missiles américains contre une base aérienne syrienne. Au total, 59 missiles américains ont été lancés dans la nuit du 6 au 7 avril.

Le président Donald Trump avait expliqué, lors d’un discours à la nation, qu’il avait ordonné « une frappe militaire ciblée sur une base aérienne en Syrie d'où a[vait] été menée l'attaque chimique contre la localité de Khan Cheikhoun ».

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni avaient tous montré du doigt le président syrien Bachar Al-Assad comme responsable de cette attaque.

Un avenir sans Assad, disent les États-Unis

Peu avant le dépôt du rapport de l’ONU sur les événements du 4 avril, le secrétaire d'État américain, Rex Tillerson, s’est exprimé sur l’avenir de la Syrie.

« Nous ne pensons pas qu'il y ait un futur pour le régime Assad et la famille Assad », a dit M. Tillerson. Le message avait rarement été aussi clair.

Je pense l'avoir dit à plusieurs occasions. Le règne de la famille Assad arrive à sa fin, la seule question reste de savoir comment cela sera provoqué.

Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson

Les propos fermes de M. Tillerson tranchent avec les précédentes prises de position de Washington. Ils font aussi grincer des dents les alliés de Bachar Al-Assad.

« Nous ne devrions pas anticiper l'avenir, le futur seul sait ce qui attend chacun », a répondu l'ambassadeur russe aux Nations unies, Vasily Nebenzia.

Plus tôt dans la journée, l'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, avait indiqué qu'un nouveau cycle de pourparlers sur la Syrie se tiendrait à partir du 28 novembre à Genève, sous l'égide de l'ONU.

« Nous devons engager les parties [au conflit] dans de vraies négociations », a déclaré M. de Mistura.

Les propos de Rex Tillerson viennent toutefois assombrir sa quête de solution pacifique. Le diplomate s’était pourtant entretenu avec le secrétaire d’État américain dans la journée.

Staffan de Mistura a déjà organisé sept séances de discussions entre le régime syrien et l'opposition. Mais jamais encore il n'a réussi à surmonter le principal obstacle, qui concerne le sort du président Bachar Al-Assad.

Syrie : l'engrenage de la guerre 
Avec les informations de Agence France-Presse

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