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Les femmes prennent de plus en plus leur place dans le droit au Manitoba

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Le téléjournal midi, 24 janvier 2006

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Comme dans toutes les provinces au Canada à l'exception du Québec, les femmes sont minoritaires au sein du Barreau du Manitoba. La situation pourrait changer dans un avenir assez rapproché en raison du grand nombre de femmes dans les facultés de droit, mais il reste de nombreuses barrières à faire tomber pour atteindre la parité.

Avec seulement 37 % de femmes avocates, le Manitoba arrive en deuxième place pour ce qui est du plus faible pourcentage au pays. Seule la Saskatchewan a un taux plus faible, avec 36,5 %. Ailleurs au Canada, ce taux varie entre 39 % et 44 %, à l'exception du Québec, où 54 % des avocats sont des femmes.

Deux cartes du Canada qui indiquent le pourcentage d'avocats qui sont des femmes dans plusieurs provinces du pays.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Manitoba et la Saskatchewan ont le plus faible pourcentage d'avocats qui sont des femmes au pays tandis que le Québec est la seule province où elles sont majoritaires.

Photo : Radio-Canada

L'avocate manitobaine Joëlle Pastora Sala dans le bureau d'une collègue.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'avocate Joëlle Pastora Sala dit avoir été considérée comme une stagiaire ou une étudiante en raison de son sexe lors de rencontre avec des confrères.

Photo : Radio-Canada

Joëlle Pastora Sala travaille au Centre juridique d'intérêt public de Winnipeg depuis qu'elle est devenue avocate, il y a quatre ans. Malgré son expérience, il lui arrive d'être victime d'un certain sexisme dans le milieu juridique lorsqu'elle participe à des réunions avec des confrères.

Sa consoeur Katrine Dilay dit avoir, elle aussi, vécu des situations semblables et souligne que les femmes sont presque absentes de certains domaines du droit, comme la protection des consommateurs dans lequel elle oeuvre.

Quand je vais à des réunions avec notre stagiaire, un homme de mon âge, les avocats lui parlent souvent à lui au lieu de s'adresser à moi. C'est leur préjugé.

Joëlle Pastora-Sala, avocate au Centre juridique d'intérêt public

Une nouvelle génération d'avocates

La juge Marianne Rivoalen dans son bureau au palais de justice de Winnipeg.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La juge Marianne Rivoalen siège à la Cour du Banc de la Reine depuis 2005 et occupe le poste de juge en chef adjoint (division de la famille) depuis 2015.

Photo : Radio-Canada

La juge en chef adjointe Marianne Rivoalen voit des changements au sein de la pratique depuis une vingtaine d'années. Elle observe que de plus en plus de femmes restent dans la pratique privée et qu'elles accèdent plus souvent à des postes de direction au sein des cabinets.

Je pense que les choses s'améliorent. Je sais qu'il y a des femmes qui sont en position d'autorité et qui encouragent les femmes à aller en droit. Les écoles du Barreau ont aussi fait de la publicité pour encourager les femmes.

Marianne Rivoalen, juge en chef adjointe, Cour du Banc de la Reine du Manitoba
L'avocate manitobaine Katrine Dilay assise à son bureau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Même si elle n'a pas d'enfant, l'avocate Katrine Dilay affirme que la famille reste une priorité et qu'il faut trouver un équilibre entre la vie personnelle et le travail.

Photo : Radio-Canada

Les cohortes d'étudiants en droit qui sont en ce moment sur les bancs d'école ont une composition bien différente de celles du passé. Joëlle Pastora Sala souligne qu'il y avait plus de femmes que d'hommes dans sa cohorte lorsqu'elle a terminé ses études de droit, il y a quatre ans.

Katrine Dilay croit qu'un changement de culture survient lorsque la parité est atteinte dans un milieu. Ce changement de culture peut se voir, selon elle, dans la flexibilité des horaires ou dans le fait que certaines actions ou paroles ne sont plus tolérées en milieu de travail.

Présentement, la profession est encore très semblable à ce qu'elle était il y a 50 ans. Il va falloir que ça change pour que les femmes restent en droit privé et qu'elles continuent à travailler comme avocates. En ce moment je ne pense pas que ce soit parfait.

Katrine Dilay, avocate au Centre juridique d'intérêt public

La famille, toujours une priorité

Me Pastora Sala souligne que les cabinets privés sont des milieux où les hommes sont particulièrement majoritaires, contrairement à la fonction publique, par exemple. Les longues heures de travail requises dans ces milieux font souvent en sorte que les femmes qui désirent des enfants partent après environ cinq ans, selon elle.

On nous dit souvent qu'il faut arriver au travail avant et partir après le patron. Comme jeunes avocates très occupées [...] on commence à penser comment équilibrer le travail et la famille.

Joëlle Pastora Sala, avocate au Centre juridique d'intérêt public

La juge Marianne Rivoalen est bien d'accord et note que la responsabilité des enfants reste en grande partie celle des femmes dans le couple. Une réalité qui peut nuire à la carrière d'une avocate parce qu'elle ne peut rester tard au travail ou prendre part au réseautage qui est attendu des avocats en pratique privée. « Même s'il y a eu beaucoup de gains, c'est toujours un monde d'hommes », dit-elle.

Me Pastora Sala et Me Dilay tirent un grand plaisir de leur travail. Toutes deux précisent néanmoins que la famille a un rôle prépondérant dans leurs réflexions pour l'avenir.

Pour moi, ça va être ma famille qui va avoir la priorité sur le travail. C'est ce que j'ai décidé et j'espère que les deux vont pouvoir fonctionner, mais si je dois faire un choix à un moment donné, je connais ma priorité.

Katrine Dilay, avocate au Centre juridique d'intérêt public

Notre dossier Barreau du Manitoba>>

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