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Coderre envisage de taxer les boissons sucrées

Un enfant boit une boisson gazeuse.

Les boissons gazeuses abîment les dents.

Photo : La Presse canadienne

Denis Coderre songe à imposer une redevance sur les boissons sucrées sur le territoire de la Ville de Montréal s'il est réélu le 5 novembre. Les sommes ainsi recueillies pourraient être versées dans un fonds dédié à la politique de l'enfant, suggère-t-il.

Le maire sortant a défendu cette idée lors d'un point de presse qui portait sur la sécurité alimentaire, jeudi après-midi, au parc Angrignon.

Il a évoqué une taxe de 5 % qui pourrait être collectée auprès des commerçants, sans pour autant évaluer combien d'argent cette nouvelle mesure pourrait rapporter.

M. Coderre a d'ailleurs précisé que des vérifications supplémentaires étaient nécessaires pour déterminer si la municipalité avait le pouvoir de réglementer ce type de boissons. « On regarde avec notre service des finances présentement », a-t-il spécifié.

On évalue nos options [...] Peut-être qu'il faudra impliquer d'autres paliers de gouvernement.

Une citation de Denis Coderre, maire sortant de Montréal

Les boissons énergisantes pourraient également être visées.

« C'est sûr que ça va provoquer énormément », a reconnu le maire sortant, expliquant qu'il souhaitait non seulement que cette mesure permette de diversifier les revenus de la Ville, mais qu'elle envoie « un message de sensibilisation ».

Car selon la Coalition québécoise sur la problématique du poids, « la consommation régulière de boissons sucrées est associée à l'obésité, au diabète, aux maladies cardiovasculaires et à la carie dentaire; des problèmes de santé qui coûtent très cher aux Québécois ».

À l'inverse, la Fédération canadienne des contribuables a réitéré son opposition à une taxe sur les boissons sucrées. « L’expérience dans d’autres juridictions dans le monde a démontré qu’une taxe additionnelle ne fonctionne pas. Juste ce mois-ci, la ville de Chicago a renversé sa politique de taxe sur les boissons sucrées après seulement deux mois de mise en œuvre parce qu’elle n’a pas eu les effets escomptés », a-t-elle rappelé par communiqué.

Denis Coderre

Denis Coderre, lors d'un point de presse au parc Angrignon le 26 octobre 2017

Photo : Radio-Canada

« Il y a peut-être une réalité à Chicago, mais nous, on est rendu-là », a répondu le maire sortant, qui dit avoir discuté récemment de cette question avec son homologue new-yorkais Bill de Blasio.

Il a également laissé entendre que cette taxe pourrait être étendue aux 83 municipalités membres de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). « Comme on a fait au niveau des sacs de plastique », a-t-il rappelé, référant à l'interdiction qui devrait entrer en vigueur en avril 2018.

Surprise!

Cette suggestion inattendue de Denis Coderre survient à 10 jours des élections municipales du 5 novembre. Elle ne figure pas dans la plateforme électorale de son parti, l'Équipe Denis Coderre pour Montréal, dévoilée il y a trois semaines.

La politique de l'enfant de la Ville de Montréal a été présentée en juin 2016. Elle prévoit notamment des mesures favorisant la persévérance scolaire, l'alimentation saine et l'accès à des activités sportives, culturelles et de loisirs dans une dizaine de quartiers comme Verdun, Montréal-Nord et Saint-Michel.

Notre dossier sur les élections municipales 2017 au Québec  

La chef de Projet Montréal et candidate à la mairie, Valérie Plante, a indiqué qu'elle prendrait connaissance des détails de l'annonce du maire sortant avant de la commenter. De façon générale, elle a dit qu'elle voudrait s'assurer d'une offre alimentaire saine et diversifiée dans les services de la Ville de Montréal, comme les cantines et les chalets de parc, par exemple.

Quant à Marvin Rotrand, chef par intérim de Coalition Montréal, il s'est dit « satisfait » de voir Denis Coderre soutenir une idée qu'il a lui-même défendue à l'Hôtel de Ville au cours du dernier mandat. En 2014, le conseiller du district de Snowdon avait voulu déposer au conseil municipal une motion évoquant l'imposition d'une taxe de 35 cents le litre sur les boissons gazeuses, de boissons sportives et de boissons énergisantes, mais le parti du maire avait négocié pour que cette mention soit retirée du texte, avait-il confié au quotidien The Gazette. Une telle taxe, selon lui, aurait pu rapporter 280 millions de dollars par année.

Une idée qui a fait des petits ailleurs dans le monde

Une taxe sur les boissons sucrées est déjà en vigueur dans plusieurs pays, comme la Norvège, la France et le Mexique. Le Royaume-Uni et l'Irlande doivent également commencer à taxer ces boissons à compter de 2018.

La Ville de New York, aux États-Unis, a jonglé avec l'idée en 2010, mais celle-ci a finalement été abandonnée. L'administration municipale a ensuite tenté d'interdire la vente de boissons sucrées de plus de 470 ml dans les restaurants, les cinémas et les lieux de restauration rapide, en 2012, mais cette interdiction a été invalidée par les tribunaux l'année suivante.

Au Canada, une taxe sur les boissons gazeuses a été envisagée par le cabinet du ministre des Finances, Bill Morneau, en 2016, mais à ce jour, seules la taxe sur les produits et services (TPS) et la taxe de vente du Québec (TVQ) s'appliquent sur la vente de ces boissons.

Lors de sa dernière assemblée annuelle, à Québec, l'Association médicale canadienne a néanmoins demandé à Ottawa de changer son fusil d'épaule.

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