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Archives

René Lévesque, le vulgarisateur

Dans un studio de radio, assis à une table et devant un micro suspendu, l'animateur René Lévesque.

René Lévesque à l'animation de l'émission « Au lendemain de la veille », en 1958

Photo : Radio-Canada / Henri Paul

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le 1er novembre 1987, le journaliste et politicien René Lévesque meurt dans sa résidence de l'île des Sœurs. Il avait alors 65 ans. Deuxième d'une série de quatre articles pour souligner les 30 ans de sa disparition. Aujourd'hui, l'artisan de la télévision.

Le 28 octobre 1956, René Lévesque, à l'âge de 34 ans, plonge dans l’animation en direct avec l’émission Point de mire. Le magazine télévisé traite chaque semaine, pendant une demi-heure, d’un sujet chaud de l’actualité.

La reconnaissance du talent

La première saison est couronnée de succès. En 1957, même la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM) le reconnaît en décernant le Prix de journalisme à René Lévesque.

Debout devant une carte du monde, l'animateur René Lévesque est appuyé au dossier d'une chaise, une cigarette entre les doigts.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

René Lévesque pendant l'enregistrement de l'émission Point de mire le 9 décembre 1956.

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Si la SSJBM reconnaît d’abord le talent journalistique exceptionnel de Lévesque, elle souligne particulièrement l’émission télévisée Point de mire. Une émission qui met en valeur « l’importance du Canada français sur le plan national et fait valoir le rôle du Canada sur le plan international. »


Point de mire, 6 septembre 1957

Le 6 septembre 1957, Montréal devient le premier centre de télédiffusion en français du monde, devant Paris. Pour l’occasion, dans cette émission spéciale de Point de mire, René Lévesque rappelle les débuts de la télévision et parle de l'apport de cette nouvelle technologie sur le marché de la main-d'œuvre et de la production de Radio-Canada.

Pour la première émission de la saison en 1958, diffusée le 7 octobre, René Lévesque s’attaque à un sujet grave : la guerre d’Algérie. Le narrateur rappelle en ouverture, avec une petite note d’humour, l’objectif de la formule : analyser en profondeur différents événements d’envergure internationale ou nationale. C’est la signature de René Lévesque depuis le début de sa carrière.

Point de mire, 7 octobre 1958

Avec son ton convaincant, René Lévesque va même, dès le début, jusqu’à critiquer la concentration des pouvoirs dans les mains du général de Gaulle.

À tous les carrefours, on voit des images typiques de la guerre d’Algérie : des policiers armés de mitraillettes.

Une citation de : René Lévesque

Mettre le savoir à la portée de tous

Judith Jasmin et René Lévesque poursuivent leur collaboration dans le cadre de Premier plan, diffusée de 1959 à 1963. Comme pour Carrefour et Point de mire, l’analyse et la compréhension, en profondeur, de différents enjeux de société restent au cœur du projet.

Sur le plateau, l'animateur René Lévesque discute avec le réalisateur Claude Sylvestre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Discussion avec le réalisateur de Premier plan, Claude Sylvestre, le 3 septembre 1959.

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Grâce à son amour des gens, René Lévesque traite de sujets polarisants, mais il est capable de rapporter avec talent et doigté des propos fort nuancés. Comment, autrement, aborder la question controversée de la peine de mort?

Dans cette émission spéciale sur la peine capitale, une femme, de dos, dont le fils a été assassiné, témoigne : « Être pendu, c’est trop vite. Ça fait pas assez mal ». Un homme, de dos, dont le fils a commis un meurtre, dit : « Le moment où un homme est exécuté, c’est toute la société qui échoue ». Deux points de vue, deux victimes.

Premier plan, 17 janvier 1960

Peu de gens aujourd’hui se lanceraient sans hésiter sur un terrain aussi glissant.

Il n’est pas si facile de faire la distinction, comme on le croyait jadis, entre le bien et le mal.

Une citation de : René Lévesque

Les propos sont bruts et durs à entendre, mais René Lévesque apporte encore une fois les nuances nécessaires pour mieux comprendre.

La grève des réalisateurs de Radio-Canada

Le 29 décembre 1958, le mot d’ordre est donné : on sort! Les réalisateurs de la télévision sortent à l’extérieur pour former un piquet de grève. Une première dans l’histoire de la télévision publique du Canada.

Lors de la grève des réalisateurs de Radio-Canada en 1958-1959, à l'extérieur à
5h30 PM à proximité de l'édifice de Radio-Canada, une voiture circule sur une
rue où une foule compacte est massée de chaque côté sur les trottoirs. Parmi les gens présents, des grévistes avec des pancartes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photographie prise lors de la grève des réalisateurs de Radio-Canada en 1958-1959.

Photo : Radio-Canada

La direction du Service français de Radio-Canada cherche à régler le conflit rapidement, mais elle n’a pas les pouvoirs nécessaires pour négocier elle-même avec les réalisateurs. Pour s’occuper des négociations, le siège social d’Ottawa envoie à Montréal deux délégués unilingues anglophones.

René Lévesque voit son émission Point de mire annulée. Outre cette annulation, le conflit ne le touche néanmoins pas directement. Il décide, au début, de se tenir à l'écart du conflit.

Le journaliste vedette de Radio-Canada revient par contre sur sa décision quelques jours plus tard.

Nouvelles, 1959

René Lévesque est en effet outré par l’indifférence d’Ottawa et des employés de CBC devant le conflit. Il deviendra à partir de ce moment une figure incontournable de la grève des réalisateurs.

Une grève comme celle-là, il ne faut pas qu’elle soit humiliante ou [déshonorante].

Une citation de : René Lévesque

Le 19 janvier 1959, il se rend à Ottawa aux côtés de Pierre Elliott Trudeau, Jeanne Sauvé, Pierre Bourgault. 1000 personnes sont également avec eux. Après sa discussion avec le ministre du Travail, Michael Star, il saisit mieux le fossé qui sépare « les deux solitudes ».

Devant l'édifice de Radio-Canada, lors de la grève des réalisateurs en 1968-1959, le comédien Bertrand Gagnon, un homme non identifié, l'auteur Louis Morisset, l'ours Clive et le journaliste René Lévesque. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Grève des réalisateurs de Radio-Canada en mars 1959.

Photo : Radio-Canada

La grève dure 63 jours. Elle prend fin le 2 mars 1959 quand la brigade à cheval de la police de Montréal lance une charge violente contre les grévistes.

Durant l’affrontement, on arrête René Lévesque et une trentaine de personnes. Parmi celles-ci, Jean Marchand, secrétaire général de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada et futur ministre dans le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau.

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