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Se faire vacciner contre la grippe ou non?

Une femme reçoit un vaccin contre la grippe.

Les campagnes de vaccination s'activent au Nouveau-Brunswick.

Photo : Associated Press

Radio-Canada

À l'approche de la saison de la grippe, plusieurs campagnes de vaccination s'activent dans la province : dans les écoles, les centres pour personnes âgées et même dans les bureaux. Mais se faire vacciner contre la grippe, est-ce que c'est vraiment important?

Un texte de Camille Martel

Malgré les chaudes températures automnales, la grippe s’est déjà pointé le bout du nez au Nouveau-Brunswick.

« Je n’ai jamais vu ça de toute ma carrière », lance Richard Garceau, microbiologiste au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont à Moncton.

Cette année, les cas de grippes sont anormalement élevés dans la province. « Depuis trois semaines, on a des cas tous les jours, et ce, un peu partout dans la province », ajoute le microbiologiste.

En effet, ces chiffres sont situés en haut de la moyenne, comparativement au reste du pays, selon le rapport sur l’influenza, distribué chaque semaine par le gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Cette semaine seulement, quatre personnes ont été diagnostiquées comme ayant contracté l’influenza dans la province et trois d’entre elles ont été hospitalisées, indique le directeur médical du Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, Martin Robichaud.

Ambulance devant Georges-L.-Dumont de MonctonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des patients sont hospitalisés chaque semaine à l'hôpital Georges-L.-Dumont de Moncton après avoir contracté la grippe.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le vaccin sera efficace cette année, affirment les médecins

Les personnes ayant contracté la grippe au Nouveau-Brunswick dans les dernières semaines avaient toutes le même virus, soit le H3.

La nouvelle a soulagé les médecins, puisque c’est l’une des souches qui se retrouvent dans le vaccin cette année.

Le vaccin antigrippal 2017-2018 contiendra deux types d’influenzas A, soit le H1N1 et le H3N2, ainsi que deux types d’influenzas B.

Il est impossible que le vaccin soit efficace à 100 % puisqu’il se base sur des prédictions.

Chaque mois de février, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) observe quels virus prédominent dans l’hémisphère sud, alors en hiver, afin de prédire quels virus toucheront l’hémisphère nord l’hiver suivant.

Puis, les gouvernements décident des composantes du vaccin basées sur ces prédictions chaque année.

Que signifient le H et le N?

Il y a plusieurs virus de la grippe. Les humains sont touchés par le type A et le type B. Dans le type A, on retrouve entre autres le H1N1 et le H3N2. Le H et le N représentent les protéines présentent dans le virus. Le H signifie hémagglutinine et le N la neuraminidase. Il existe aussi plusieurs sortent de H et N, c’est pourquoi le virus change constamment.

Source : Santé Canada

Or, le virus peut subir plusieurs mutations dans un court laps de temps. Résultat : vous pouvez être immunisé au début de l’hiver et ne plus l’être à la fin. Toutefois, fort est de constater que les personnes qui reçoivent un vaccin qui possède la souche identifiée comme étant l’une des plus virulentes par l’OMS ont plus de chances d’éviter les soubresauts de la grippe.

Au Nouveau-Brunswick, c’est seulement à la mi-novembre que les scientifiques sauront si le vaccin sera efficace. Pour le moment, les microbiologistes savent qu’il s’agit de l’influenza A de type H3, mais sans plus.

« On recueille des échantillons sur les patients qui ont la grippe puis on envoie le tout au laboratoire national de microbiologie à Winnipeg qui a des technologies que nous n’avons pas ici », explique Richard Garceau.

Le Laboratoire national de microbiologie, situé à Winnipeg.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Laboratoire national de microbiologie, situé à Winnipeg.

Photo : La Presse canadienne

Les résultats indiqueront la souche précise du virus et c’est à ce moment qu’ils pourront vérifier si c’est la même souche qu’on retrouve dans le vaccin.

Mieux vaut se faire vacciner que non

« Le vaccin, ça empêche surtout de faire des complications », précise Richard Garceau, car plusieurs personnes vont combiner la grippe avec une autre infection.

Si ce n’est pas la grippe, ça peut être une pneumonie qui devient hors de contrôle parce que vous attrapez la grippe.

Richard Garceau, microbiologiste, Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont à Moncton

Selon Richard Garceau, même si le vaccin ne vous protège pas contre toutes les souches de la grippe il atténue tout de même les symptômes de celles-ci.

« On pense que si vous vous faites vacciner chaque année ça monte un répertoire immunitaire dans votre corps. L’organisme devient capable de combattre des souches d’influenza qu’il n’a jamais vu parce qu’il a goûté à toutes sortes de choses », illustre le microbiologiste.

Une représentation du virus de la grippe.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une représentation du virus de la grippe.

Photo : iStock

Même son cloche du côté du médecin hygiéniste régional du sud-est de la province : « On sait que le vaccin n’est pas 100 % efficace, mais vaut mieux un vaccin que pas de vaccin du tout ».

Le Dr Yves Léger tient à rappeler que « l’influenza ce n’est pas une infection banale ».

Des milliers de gens en meurent chaque année au pays, dit-il. Même si la plupart des victimes sont des personnes âgées, des adultes en santé aussi sont touchés.

Mais comment sait-on qu’une grippe de guérit pas normalement? Le médecin hygiéniste avise les gens de consulter un médecin si la fièvre tombe puis resurgit, si l’on éprouve des troubles respiratoires ou si l’on devient confus.

Le mot de la fin

Le vaccin contre la grippe est disponible auprès des médecins de famille, des bureaux de la santé publique et de plusieurs pharmacies.

En général, il n’y a pas de frais pour la population à risque, comme les enfants et les personnes de 65 ans et plus.

Autrement, le vaccin coûte habituellement de 20 $ à 30 $.

L’ABC de la grippe

L’influenza est principalement transmise par la toux ou les éternuements. Elle peut aussi être transmise directement par un contact direct avec des sécrétions respiratoires. La période d’incubation, c’est-à-dire celle où vous n’avez aucun symptôme, est de deux à quatre jours. Les adultes peuvent transmettre le virus à partir de la journée qui précède l’apparition des symptômes jusqu’aux cinq jours suivants. Les symptômes les plus communs sont la forte fièvre, la toux et les douleurs musculaires. La plupart de ceux qui contractent la grippe se rétablissent dans un délai de 7 à 10 jours.

Les personnes les plus à risques sont les femmes enceintes, les personnes atteintes de problème de santé chronique, les personnes de 65 ans et plus, les enfants de 5 ans et moins, les autochtones et tout le personnel médical.

Un petit rappel pour éviter de contracter la grippe : se laver les mains fréquemment, éternuer et tousser dans le creux du coude ou dans un mouchoir et garder les surfaces propres.

Source : Santé Canada

Nouveau-Brunswick

Vaccination