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Aide médicale à mourir : une vue d'ensemble impossible à obtenir en Ontario

Le panneau de l'entrée des urgences de l'Hôpital d'Ottawa.

L'urgence du campus Civic de l'Hôpital d'Ottawa

Photo : Radio-Canada / Danny Globerman

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée ne sait pas quels hôpitaux offrent l'aide médicale à mourir en Ontario, mais estime que près que 20 % des hôpitaux pourraient s'opposer à cette pratique. Ce service est-il donc accessible pour tous les Ontariens?

Un texte de Stéphany Laperrière

Radio-Canada a contacté une vingtaine d'hôpitaux ontariens pour connaître leur position sur l'aide médicale à mourir. Si certains affichent cette position publiquement sur leur site web, d'autres refusent de nous dire si le service est offert.

Dix des 23 hôpitaux contactés (en bleu sur la carte) offrent l'aide médicale à mourir; cinq (en rouge) déclarent ne pas offrir le service, un (en jaune) recommande « fortement » que l'aide médicale ne survienne pas dans ses locaux. Mais au total, 30 % des hôpitaux contactés n'ont pas répondu à nos demandes de précisions.

Radio-Canada a aussi approché le Bureau du coroner en chef de l'Ontario pour obtenir le nombre de décès assistés médicalement par hôpital depuis la décriminalisation de cette pratique, en vain.

« En raison des modifications apportées par le projet de loi 84, il existe une protection concernant l'identité des médecins et des institutions, comme les hôpitaux, et donc je suis incapable de vous fournir ce niveau de détails », indique par courriel une porte-parole du Bureau.

Seul le nombre de décès par région a été fourni.

Bien que la province encourage les hôpitaux à informer la population de leur position sur l'aide médicale à mourir, elle ne sait pas lesquels suivent cette recommandation.

« Ça a des impacts importants sur la personne qui est en soin de fin de vie, pour qu'elle soit capable de prendre une décision éclairée », affirme Isabelle Maroux, professeure agrégée à la Faculté des sciences de la santé de l'Université d'Ottawa.

Changement de loi contesté

En mai dernier, l'Ontario a changé ses lois pour empêcher l'obtention d'informations qui pourraient permettre d'identifier des établissements ou des médecins qui offrent l'aide médicale à mourir.

Cette modification avait été vivement critiquée, notamment par le commissaire à la vie privée de l'Ontario, Brian Beamish, selon qui elle nuit à la transparence des institutions publiques.

Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée invoque la sécurité du personnel médical pour justifier cette modification à la loi.

Le ministère veut s'assurer que les médecins qui choisissent d'offrir l'aide médicale à mourir voient leur identité protégée et que des préoccupations liées à la sécurité ou à la vie privée ne découragent pas les médecins qui voudraient offrir ce service.

David Jensen, porte-parole du ministère de la Santé et des Soins de longue durée

Pour sa part, le commissaire a mis en doute l'existence d'un tel lien, après avoir examiné d'autres pays où l'aide médicale à mourir est légale, notamment la Suisse, la Hollande et la Belgique.

Non seulement c'est facile dans ces pays d'identifier les endroits où ce service est offert, mais il n'existe aucune preuve que ces établissements ont déjà été la cible de menaces ou de violences.

Brian Beamish, lors d'une présentation devant le Comité permanent des finances et des affaires économiques de l'Assemblée législative de l'Ontario au printemps dernier

L'information aux patients

Comment les patients ontariens peuvent-ils s'informer?

Le Dr Paul Preston, médecin à North Bay et vice-président des services cliniques pour le Réseau local d'intrégration des services de santé du Nord-EstAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dr Paul Preston, médecin à North Bay et vice-président des services cliniques pour le Réseau local d'intrégration des services de santé du Nord-Est

Photo : Radio-Canada

L'Ontario a mis sur pied une ligne téléphonique qui jumelle les patients désirant obtenir l'aide médicale à mourir à des professionnels de la santé, mais peu de médecins y sont inscrits.

« Vous recevez des appels de l'extérieur de votre communauté et, jusqu'à présent, nous n'avons pas réussi à obtenir du financement pour couvrir les frais de transport », explique le Dr Paul Preston, qui pratique la médecine à North Bay.

Selon lui, les patients qui souhaitent obtenir l'aide médicale à mourir sont souvent dirigés vers des médecins de manière informelle.

Avec la collaboration de Mathieu Grégoire

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