•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Académie française soutient que l'écriture inclusive est « un péril mortel » pour la langue française

Des gens circulent devant l'Académie française, à Paris

L'Académie française, à Paris

Photo : Getty Images / LIONEL BONAVENTURE

Radio-Canada

Dans une déclaration adoptée à l'unanimité jeudi, l'Académie française lance une mise en garde contre l'écriture inclusive et parle même de « péril mortel » pour la langue française.

Les membres de l'Académie ont fait connaître leur position dans une déclaration diffusée sur leur site Internet (Nouvelle fenêtre).

« Prenant acte de la diffusion d’une "écriture inclusive" qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité », peut-on lire.

En France, l'écriture inclusive est l'intégration du féminin entrecoupé de points dans les noms. Par exemple, on écrit : « Pour que les femmes comme les hommes soient inclus.es, se sentent représenté.e.s et s'identifient. »

Les membres de l'Académie expliquent ne pas en comprendre l'objectif et que ce type d'écriture va alourdir la tâche des pédagogues et compliquer celle des lecteurs.

L'institution va plus loin et parle aussi de danger mortel pour le français. « Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration "inclusive", la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. »

Des membres de l'Académie française réunis en assemblée annuelle en 2016Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des membres de l'Académie française réunis en assemblée annuelle en 2016

Photo : Getty Images / ERIC FEFERBERG

L'Académie soutient même qu'une telle écriture va complexifier l'apprentissage du français. « Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète. »

En France, en 2015, le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes a publié un guide pour qu'une communication « sans stéréotypes de sexe » soit appliquée au gouvernement.

Un manuel scolaire pour le primaire sorti en septembre dernier et écrit en écriture inclusive avait relancé la polémique en France et a ainsi forcé l'Académie française à prendre position.

Rappelons que l'écrivain québécois d'origine haïtienne Dany Laferrière est le premier et le seul Québécois admis au sein de l'Académie française. Il est membre de cette institution depuis 2015.

Avec les informations de L'Express.fr

Livres

Arts