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Une Québécoise convertie à l’islam se sent impuissante devant la loi sur la neutralité religieuse

La femme porte le niqab dans un abri d'autobus.

Warda Naili, 34 ans, est une Québécoise convertie à l'islam depuis 14 ans, qui a décidé d'opter pour le voile intégral il y a 6 ans.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Malgré les précisions de la ministre de la Justice Stéphanie Vallée mardi, certaines personnes considèrent toujours que la loi québécoise sur la neutralité religieuse cible injustement les femmes musulmanes. C'est le cas de Warda Naili, 34 ans, une Québécoise convertie à l'islam il y a 14 ans, qui a décidé d'opter pour le voile intégral il y a 6 ans. Elle explique en quoi cette loi touche, selon elle, ses droits individuels.

Propos recueillis par Alexis De Lancer à ICI RDI

Sans porter de jugement sur les choix que vous faites, pourquoi est-ce si difficile pour ces femmes de retirer, ne serait-ce que momentanément, le voile intégral?

« C’est une question [à laquelle il] est très difficile [de] répondre. C’est vraiment notre foi et nos convictions, elles sont profondes, fermes et sincères. On ne fait pas ce choix [porter le niqab] à la légère. On sent vraiment un besoin de le porter pour des raisons d’authenticité religieuse. On considère que ça fait partie de notre pratique, et puis on se sentirait incomplète si on n’était pas respectées là-dedans. Pourquoi nos droits seraient-ils différents de ceux des autres citoyens? »

Mais, comprenez-vous le concept de base sur la nécessité des prestations de services de l’État qui doivent être à visage découvert, tout ça au nom de la sécurité, de la communication et de l’identification?

« Je comprends grosso modo les explications. Ce que je comprends, c’est que je vais pouvoir garder mon niqab dans une salle d’attente ou en tant que passagère dans un autobus. Mais je trouve ça un peu compliqué de savoir qu’à la bibliothèque, par exemple, la prestation de service [sera différente], que je vais pouvoir le porter et parfois pas. Il me semble que ce n’est pas tout à fait clair. Ils auraient pu mieux faire. »

Dans quelle(s) circonstance(s) serait-il raisonnable pour vous de vous dévoiler le visage?

« Dans le cabinet de mon médecin par exemple. Je peux soulever mon voile pour faciliter… pas la communication, ce n’est pas un problème de communication. C’est plus une question de relation. Parfois, je sens le besoin d’ouvrir une porte pour que le médecin se sente à l’aise de faire son travail. Mais, autrement, ce serait plus pour des soucis d’identification. Je n’ai pas de problème à m’identifier, c’est plutôt de conserver le visage dévoilé pendant la transaction qui est dérangeant un peu. »

Est-ce que l’application actuelle de la loi est aussi dérangeante pour vous au quotidien?

« Ce sera surtout plus compliqué dans la compréhension de la loi par les citoyens. Depuis des années déjà, on me dit sur la rue que je n’ai pas le droit de porter mon voile dans l’espace public. Maintenant qu’il y a une loi, comment les gens vont-ils la percevoir et la comprendre? Encore hier, j’entendais des citoyens s’exprimer sur le sujet et ils disaient : ‘‘merci, on n'en verra plus’’. Mais ce n’est pas ça la réalité.

La conséquence, ça ne sera pas au niveau de mon mode de fonctionnement à moi, parce que je suis une femme à la maison, mais pour les autres femmes. Oui, ça va être encore plus difficile. Ça va attirer encore plus de réactions, et je considère que ça va faire augmenter le niveau d’agressivité dans la société. »

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