•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Demander de l’aide? Dorénavant, les joueurs de la LNH y regarderont à deux fois

Alex Galchenyuk

Alex Galchenyuk

Photo : Getty Images / Kevin Hoffman

Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le programme d'aide de la LNH destiné aux joueurs qui sont aux prises avec des problèmes de consommation de substances interdites ou avec des difficultés personnelles est tellement anonyme que la première page du document se lit comme suit : CONFIDENTIEL. S'IL-VOUS-PLAÎT NE PAS DIFFUSER À MOINS D'OBTENIR UNE AUTORISATION ÉCRITE DE LA LNH OU DE L'AJLNH.

Et dès le premier article du document, on explique que l’objectif de ce programme conjoint de la LNH et de l’Association des joueurs consiste à « traiter ceux qui ont un problème d’abus de manière confidentielle, juste et efficace ».

Maintenant, lisez cette déclaration faite par Mario Tremblay lundi soir sur les ondes du 98,5 FM, et trouvez l’erreur : « Je ne sais pas quelle mouche a piqué Galchenyuk, mais d’après moi, tout d’abord, on sait qu’il a eu des problèmes hors glace. On peut le mentionner qu’il a été dans deux cures de la LNH. Une ou deux, mais je pense que c’est deux. »

Depuis que cette histoire a fait surface, tout le monde marche sur des oeufs. Mario Tremblay n’est pas disponible pour préciser sa déclaration. La direction du Canadien répond que le programme d’aide est confidentiel et que, par conséquent, l’organisation n’a pas à confirmer ni à infirmer si certains de ses joueurs y font appel.

Quant à Galchenyuk, même si le service des communications de l'équipe l’avait mis au fait mardi matin de la déclaration de l’ancien joueur et entraîneur du Tricolore, le pauvre avait l’air totalement démuni mardi soir, après le match face aux Panthers de la Floride, lorsqu’on lui a demandé de commenter la situation.

« Je ne sais pas de quoi vous parlez », a-t-il nerveusement répondu.

***

Bien des gens en ville se demandent maintenant qui a raison : Mario Tremblay ou Alex Galchenyuk? Or, ce n’est pas tout à fait la question.

Mario Tremblay a commencé à travailler dans le monde des médias en 1986. Il a suffisamment d’expérience pour s’assurer de la véracité de propos aussi délicats. Le contraire pourrait signifier la fin de sa carrière de commentateur.

Sachant cela, il faut se demander comment il se fait qu’un joueur qui croyait trouver de l’aide en toute confidentialité puisse se retrouver avec des micros sous le nez pour commenter ses problèmes personnels.

Toute la crédibilité des programmes d’aide aux employés qu’on retrouve sur le marché du travail, y compris celui de la LNH, repose justement sur l’assurance de pouvoir régler un problème personnel (psychologique, familial, de santé ou financier) sans que sa réputation et son statut professionnel soient entachés.

En principe, un joueur recevant des traitements pour la première fois en vertu du programme d’aide de la LNH le fait presque à l’insu des dirigeants de son équipe. Ceux-ci finissent par recevoir une facture, mais ils n’ont techniquement pas le droit d’aborder la question avec leur joueur. Par contre, si un joueur rechute, il est suspendu sans salaire pendant qu’il reçoit à nouveau des soins, et la nouvelle devient forcément publique.

Galchenyuk n’a jamais été suspendu.

« Dans les faits, les directions d’équipes savent généralement si un de leurs joueurs a recours au programme d’aide. Certains athlètes s’en confient eux-mêmes à leurs supérieurs. Sinon, on finit bien par s’en rendre compte lorsqu’un joueur en particulier se fait tester tous les trois jours et pas les autres », explique une source bien au fait du fonctionnement du programme.

Ce qui se passe à Montréal cette semaine est incroyablement mauvais, autant pour la LNH que pour le Canadien.

Bon an, mal an, plusieurs joueurs font appel à ce programme. Ils prennent leur courage à deux mains pour tenter de se sortir d’une situation difficile. Et parfois d’une situation de détresse.

Voyant ce qui arrive à Galchenyuk, certains y réfléchiront sans doute deux ou trois fois avant de décrocher le téléphone. Par ailleurs, comme cette histoire surgit à Montréal, les joueurs du reste de la ligue se demanderont sans doute, à juste titre, comment il se fait que des informations aussi sensibles n’aient pas été mieux protégées par l’organisation.

Et Galchenyuk dans tout ça? Ne doit-il pas se sentir trahi?

Bref, absolument personne ne paraît bien dans cette histoire. En fait, tout le monde y perd.

D’autres athlètes se sont déjà retrouvés dans une telle position de grande vulnérabilité dans le passé. Certains ont même réussi à faire complètement tourner la situation à leur avantage en démontrant hors de tout doute qu’ils étaient totalement concentrés sur leur carrière. Tim Raines en est un fort bel exemple.

C’est la grâce qu’on souhaite à Alex Galchenyuk. Mais franchement, il n’avait pas besoin de ça.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !