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Déchets et insectes dans un logement loué pour aider un sans-abri à Ottawa

Portant un masque, le propriétaire du logement nettoie l'appartement recouvert d'une imposante quantité de déchets de toute sorte.
Le propriétaire des lieux soutient que l'appartement était envahi par les mouches. Photo: Radio-Canada / CBC/Ashley Burke
Radio-Canada

Un propriétaire de logements d'Ottawa devra payer cher pour réparer un de ses appartements après l'avoir loué à un sans-abri dans le cadre d'un programme municipal.

Nitin Mehra croyait qu'il faisait une bonne action lorsqu'il a accepté de prendre part au programme Logement d'abord, financé par la Ville d'Ottawa, qui met en contact des propriétaires privés d'Ottawa et des sans-abri en quête d'un logement permanent.

Sept mois plus tard, M. Mehra soutient que des asticots se retrouvent au plafond de l'appartement et que de la moisissure est apparue sur les murs de son logement du quartier Vanier.

La toilette ainsi que les appareils ménagers doivent aussi être remplacés, selon lui.

À l'intérieur du réfrigérateur, on retrouve des insectes à travers des contenants de nourriture ouverts.Les asticots sortant du contenant de lait Photo : Radio-Canada / CBC/Ashley Burke

M. Mehra déplore le manque de supervision du programme. Selon lui, des visites à domicile et des services d'accompagnement devaient être offerts au locataire, ce qui n'a pas été fait. Des services de nettoyage devaient aussi être inclus, croit-il.

Après avoir évincé le locataire, le propriétaire doit débourser des milliers de dollars pour réparer les dommages causés au logement. Le locataire se retrouve quant à lui de nouveau sans logis.

« C'est un programme bâclé », estime le propriétaire. « La Ville avait le cœur au bon endroit, mais la mise en application n'a pas été bien faite du tout. »

L'Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) est engagée dans le programme, mais refuse de commenter ce cas particulier pour des raisons de vie privée. Toutefois, elle nie toute responsabilité.

Qu’une personne soit anxieuse, déprimée ou schizophrénique, elle reste responsable de ses décisions ou de ses actes de négligence, estime Tim Simboli, directeur général de la succursale ottavienne de l'Association canadienne pour la santé mentale.

L'évier de cuisine est complètement recouvert de déchets divers et d'aliments. Des traces de moisissure sont aussi visible sur le mur.Le propriétaire s'est aussi inquiété de voir des traces de moisissure sur les murs. Photo : Radio-Canada / CBC/Ashley Burke

La Ville enquête

La Ville a quant à elle décidé d'ouvrir une enquête et de visiter l'appartement.

« J'ai demandé au directeur général de la Ville, Steve Kanellakos, de voir ce qui s'est mal passé. Pourquoi n'y a-t-il pas eu de vrai soutien à cet individu? C'est clair que cette unité n'a pas été inspectée pendant sept mois », a affirmé le maire Jim Watson, qui continue de croire que le programme Logement d'abord est la voie à suivre.

J'ai vu les photos et c’est absolument dégoûtant. J’ai beaucoup de sympathie pour le propriétaire qui essayait de faire quelque chose de positif pour un sans-abri.

Jim Watson, maire d'Ottawa

La Ville a aussi invité le propriétaire à lui soumettre ses factures pour remboursement.

De son côté, le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, estime qu'une telle situation est le résultat d'un manque de financement et de coordination pour ce programme.

« Je veux vraiment que la Ville appuie le modèle Logement d’abord, mais il faut que ce soit bien fait. Et là, on remarque des lacunes dans la coordination, dans l’approche, et peut-être qu’il y a d’autres résidents et propriétaires à risque », a-t-il commenté.

Avec les informations de CBC

Ottawa-Gatineau

Société