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Des terrains proposés par Montréal pour de futures écoles font bondir la CSDM

Des réservoirs de pétrole situés tout près de l'un des terrains proposés par la Ville de Montréal à la CSDM.

Des réservoirs de pétrole situés tout près de l'un des terrains proposés par la Ville de Montréal à la CSDM.

Photo : Radio-Canada / Google

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La direction de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a été pour le moins étonnée lorsqu'elle a reçu une liste de terrains de la Ville de Montréal situés dans des zones industrielles, ferroviaires ou carrément impossibles à aménager pour y construire ses futures écoles. La Ville se défend en disant que la CSDM ne lui a fourni ni ses besoins ni ses critères et que, par conséquent, elle s'est basée exclusivement sur la superficie des terrains disponibles.

En entrevue à l'émission Gravel le matin, la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, n'a pas caché sa déception et son incompréhension à la suite de la réception d’une liste de terrains surprenante que la Ville propose à la CSDM pour y bâtir des écoles.

Plusieurs des espaces proposés, dont la Ville est propriétaire, sont situés dans des terrains vagues loin des zones résidentielles, près de voies ferrées, sur des bords d’autoroute, sous des lignes à haute tension et même à proximité d’énormes réservoirs de pétrole, rue Notre-Dame.

« Il y a plusieurs sites qui sont en dessous de pylônes électriques, d’autres sont adjacents à des voies ferrées, on se rappelle la tragédie de [Lac-]Mégantic. Plusieurs terrains étaient à côté de bretelles d’autoroute. Il y a même un site situé à côté de citernes, on pense qu’il s’agit de citernes de pétrole. »

— Une citation de  Catherine Harel-Bourdon, présidente de la CSDM
Catherine Harel-Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Catherine Harel-Bourdon, présidente de la CSDM

Photo : Radio-Canada

Sur le coup, Mme Harel-Bourdon a cru à une blague, elle dont l’administration a consacré quatre années de travail et de représentations auprès de la Ville pour obtenir des terrains où aménager de nouvelles écoles.

Il faut savoir qu’à Montréal la population de la CSDM connaît une importante croissance et les installations inoccupées ou pouvant être agrandies se font de plus en plus rares.

« J’étais contente quand j’ai lu la lettre en premier lieu, a expliqué Catherine Harel-Bourdon. C’est quand on a analysé les sites proposés que l’on s’est rendu compte que ça n’avait aucun bon sens. »

« Je ne comprends pas qu’on nous propose ce genre de terrains là, dans plusieurs fiches c’est écrit "non développable". Je ne vois pas comment ça peut être développé pour une école. »

— Une citation de  Catherine Harel-Bourdon, présidente de la CSDM

Sur les 18 terrains proposés par la Ville, tous des terrains dont Montréal est propriétaire, seuls trois « présentent des possibilités », selon Mme Harel-Bourdon. Un quatrième emplacement, situé dans une ancienne résidence pour personnes âgées, pourrait aussi être viable, note la présidente de la CSDM.

L'un des sites proposés, en bordure de l'autoroute Bonaventure, se trouve à proximité d'un pylône électrique.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'un des sites proposés, en bordure de l'autoroute Bonaventure, se trouve à proximité d'un pylône électrique.

Photo : Radio-Canada / Google

Une école, un milieu de vie

Pour Catherine Harel-Bourdon, une école est un milieu de vie en soi qui doit être implanté près de la population qu’elle dessert, dans des zones résidentielles ou pour le moins viables.

« Quand on construit une école, c’est un milieu de vie qu’on construit avec un gymnase, avec une cour d’école. C’est un lieu de rassemblement dans les quartiers. C’est sûr que dans des zones industrielles… » soupire la présidente de la CSDM qui a reçu près de 2000 nouveaux élèves cette année et qui en attend des milliers d’autres au cours des années à venir.

« Ce que moi je veux, c'est des solutions. Au-delà de tout ça, on a 1869 nouveaux élèves cette année à la Commission scolaire de Montréal. Ça va devenir de plus en plus difficile. On a réalisé 390 classes et on a 142 classes en chantier, à un moment donné on va être à court d’espace », plaide Mme Harel-Bourdon.

Aucun terrain dans l'ancien hippodrome Blue Bonnets

Pour la présidente de la CSDM, il devient urgent de s’asseoir avec la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec afin de pouvoir trouver des solutions pour faire face à l’augmentation de la population scolaire à Montréal. Rappelons que le secteur résidentiel est en plein développement à Montréal, notamment celui de l’ancien hippodrome de Montréal, où des milliers de familles s’installeront au cours des prochaines années. Un secteur où la Ville ne propose aucun espace pour de nouvelles écoles, s’étonne Catherine Harel-Bourdon.

« Ce qui m’a étonnée dans cette liste, c’est de n’avoir aucune proposition dans le secteur de Blue Bonnets qui va être un nouveau quartier résidentiel de milliers de nouvelles habitations au cours des sept prochaines années, près du quartier Côte-des-Neiges, dont les écoles débordent littéralement. »

— Une citation de  Catherine Harel-Bourdon, présidente de la CSDM

« Bientôt, on va avoir utilisé vraiment tout ce qu’on pouvait utiliser. Vous savez, ça a ses limites d’agrandir dans une cour d’école », a conclu Mme Harel-Bourdon qui doit présenter mercredi soir la lettre de la Ville au conseil des commissaires de la CSDM.

La réplique de la Ville... et de Coderre

La Ville de Montréal s’est expliquée dans un courriel transmis à Radio-Canada. « Nous n'avions pas les besoins et les critères de la CSDM, écrit le relationniste Gonzalo Nunez. Nous avons donc posé une hypothèse exclusivement sur la base de la superficie de terrain [terrains vacants de quelque 5000 mètres carrés et plus] et nous leur avons transmis une liste de propriétés municipales. Cette liste n'est pas définitive. »

Le maire sortant, Denis Coderre, a donné une explication similaire lors d'un point de presse, mercredi midi. « Il faut faire attention, là. On nous a demandé la liste de terrains dont on avait la propriété, et puis on l'a envoyée comme ça. Ce n'était pas nécessairement pour faire des écoles. [...] C'est pour ça que j'ai été le premier surpris ce matin, quand j'ai vu, du côté des pétrolières... Ça n'a comme pas d'allure. C'est sûr que tu ne bâtis pas une école là. »

M. Coderre était allé plus loin en matinée, lors de la réunion du comité exécutif, en accusant la présidente de la CSDM de « casser du sucre sur le dos » de son administration.

« Il y en a [une] qui s’invite à la campagne électorale, pour ses raisons propres à elle. Très certainement, quand j’ai dit : "donnez-nous la capacité de faire des écoles", c’est clair qu’on va le faire dans des milieux de vie où ça compte. Il n’est pas question qu’on vienne jouer avec la sécurité des gens, donc je pense que c’est un petit peu cousu de fil blanc, ces réactions-là », a lancé celui qui brigue un second mandat à la tête de Montréal.

Il fallait planifier, croit Valérie Plante

De son côté, la chef de Projet Montréal, Valérie Plante, a déploré que la Ville n'ait pas planifié des sites pour l'emplacement de futures écoles.

« Ce que je trouve dommage, c’est que là, on est à la remorque. On aurait dû réfléchir à cette question des terrains pour construire des écoles bien avant », a expliqué Mme Plante.

« Dans tous les projets qu’on met de l’avant, que ce soit celui de Blue Bonnets ou celui de Lachine, on dit d’emblée : il faut qu’on pense aux écoles et tenter de trouver les meilleurs endroits possibles, mais qui font partie d’un ensemble cohérent d’habitations autour et, idéalement, de transports collectifs », a ajouté la candidate à la mairie.

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