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Énoncé économique : « un exercice de diversion », dit l'opposition

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Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, s'adresse aux journalistes.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les partis d'opposition accusent le ministre des Finances Bill Morneau d'avoir préparé « un exercice de relations publiques » plutôt qu'un véritable énoncé économique pour détourner l'attention de sa réforme fiscale et des allégations de conflit d'intérêts qui le touchent. L'opposition officielle conservatrice se désole en plus du refus du gouvernement Trudeau d'opter pour un déficit zéro.

Le ministre Morneau s'est finalement résigné à annoncer la semaine dernière qu'il placerait les actions de son entreprise familiale Morneau Shepell dans une fiducie sans droit de regard.

« Plutôt que d'augmenter les transferts aux provinces pour la santé, ils disent : "on va se servir de cette marge de manoeuvre-là pour redorer l'image de notre ministre des Finances" », a dénoncé le député bloquiste Gabriel Ste-Marie.

« C'est un exercice de style, un exercice de relations publiques, c'est un document où on retrouve beaucoup de mots-clics, de mots à la mode, et beaucoup de recyclage. »

— Une citation de  Alexandre Boulerice, porte-parole du NPD en matière de finances

« C'est extrêmement décevant sur un paquet d'enjeux, que ce soit un programme national de garderies qui n'existe pas, que ce soit des assurances-médicaments, que ce soit l'aide aux aînés, que ce soit les transferts en santé, que ce soit l'assurance-emploi, les paradis fiscaux ou la banque d'infrastructures : rien de nouveau », a déclaré Alexandre Boulerice, porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière de finances.

Sortir des déficits

Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a déploré l’absence de plan pour que le gouvernement cesse de dépenser davantage que ce qu’il perçoit.

« Justin Trudeau avait promis de rééquilibrer le budget avant 2019. Mais aujourd’hui, ça devient officiel : il est prévu que le budget ne soit plus jamais équilibré sous ce gouvernement libéral. »

— Une citation de  Andrew Scheer, chef de l'opposition officielle

« Et la dette augmente à un rythme deux fois plus important que promis. Elle va continuer de grandir chaque année », a-t-il aussi regretté.

« Les déficits ne créent pas la prospérité, les déficits n'aident pas les familles », a insisté M. Scheer, en ajoutant que tout déficit apportera tôt ou tard une augmentation d'impôts.

Bien qu'il estime que l'indexation au coût de la vie de l'Allocation canadienne pour enfant est une bonne chose, le NPD soutient que les libéraux auraient pu faire encore mieux.

« C'est une goutte dans l'océan, a dit Alexandre Boulerice. Ça ne fait pas une grande différence pour les familles. »

Des dépenses « rationnelles », disent des économistes

Mais des experts croient que la bonification du programme d'Allocation canadienne pour enfants, qui permettra à une famille de deux enfants de recevoir jusqu'à environ 200 dollars de plus par année, aura bel et bien sur l'économie l'impact positif que prévoit le ministre Morneau.

« On n'a qu'à regarder l'augmentation du revenu disponible des ménages, qui est quand même très importante. Ça va contribuer : ces gens-là dépensent », a souligné l'économiste Jean-Pierre Aubry, associé au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO).

Quant au choix du gouvernement libéral de ne pas revenir au déficit zéro dans l'immédiat, « dans les conditions actuelles où les taux d'intérêt sont faibles au Canada, et où le gouvernement fédéral est peu endetté et où il augmente ses dépenses d'infrastructures, c'est un choix qui se défend très, très bien », a estimé Serge Coulombe, professeur de science économique à l'Université d'Ottawa, en entrevue à RDI Économie.

M. Coulombe a convenu que le ratio dette-produit intérieur brut (PIB), qui est à la baisse, aurait pu diminuer encore plus rapidement si le gouvernement n'avait pas adopté les nouvelles mesures annoncées mardi. Mais « dans une économie moderne, pour un pays développé, on devrait être relativement satisfait avec un ratio dette-PIB de 30 % qui décroît », a-t-il ajouté.

Le ratio dette-PIB devrait en effet passer de 30,5 % cette année à 28,5 % en 2022-2023.

Serge Coulombe qualifie de « rationnelle » l'ampleur des nouvelles dépenses. « C'est pas un gros party! » a-t-il imagé.

Selon lui, si une nouvelle récession économique se pointe, « il ne fait aucun doute » qu'Ottawa aura la marge de manoeuvre nécessaire pour intervenir.

Clément Gignac, vice-président principal, gestionnaire et économiste en chef à l'Industrielle Alliance, croit malgré tout que le gouvernement libéral fait preuve d'« un peu de témérité » en ne considérant pas comme un facteur de risque la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Il a fait valoir en entrevue que les exportations représentent environ le quart du PIB canadien.

« J'aurais attendu au budget du printemps prochain avant de prendre la décision de redistribuer le dividende fiscal », a dit M. Gignac.

Avec les informations de La Presse canadienne

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