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Pour une meilleure représentation des femmes au théâtre

Une partie de la distribution des <em>Belles-soeurs</em> en 1968

Une partie de la distribution des Belles-sœurs de Michel Tremblay en 1968, une pièce dont les 15 personnages sont féminins.

Photo : Musée québécois de la culture populaire

Radio-Canada

Les femmes ont-elles autant de place que les hommes dans le milieu du théâtre? Accorde-t-on autant d'importance à leurs idées ou au rôle qu'elles ont joué dans l'histoire? C'est ce à quoi se sont intéressées trois jeunes femmes dans le livre La Coalition de la robe, paru dernièrement aux Éditions Remue-ménage.

Une chronique de Julie Tremblay

Marie-Claude Garneau, Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent signent cet ouvrage qui retrace le parcours des jeunes femmes vers « la libération de leur parole féministe ».

Après avoir terminé leurs études à l'École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe, elles se rendent compte qu'on enseigne peu le théâtre des femmes et qu'il est trop peu mis en scène :

Dans tous les domaines, la part des femmes dans l'histoire a été quand même effacée. Les femmes ont du mal à se tailler une place dans la sphère publique. Dans le théâtre, ça s'inscrit aussi.

Marie-Claude St-Laurent, auteure et comédienne

Résultat : il a fallu que les auteures de La Coalition de la robe s'intéressent d'elles-mêmes au travail des femmes pour découvrir Louky Bersianik, Jovette Machessault ou encore le Théâtre des cuisines.

« À qui revient-il de nous apprendre que les femmes ont fait preuve de désobéissance pour faire partie de l'histoire? [...] Ce n'est pas sur les bancs du cégep que nous avons appris que Louky Bersianik, née Lucile Durand, publie en 1976 L'Euguélionne, le premier grand ouvrage féministe de chez nous. Qu'elle a été la première à proposer une féminisation du langage, contribuant à ce qu'on puisse dire : je suis une écrivaine et non un écrivain.

- Extrait de La Coalition de la robe

Qui plus est, les trois jeunes femmes ont remarqué que dans le théâtre classique, qui est encore très joué, les personnages féminins se font rares. Elles recensent entre autres les pièces montées par les principaux théâtres montréalais en 2005-2006, où les femmes occupent une place nettement moins importante.

« Sur 64 acteurs et actrices, 23 étaient des femmes (36 %) et 41 des hommes (64 %), presque deux fois plus d'hommes que de femmes », écrivent les auteures.

 

« Dégenrer les personnages »

L'une des pistes de solutions envisagées par les auteures de La Coalition de la robe pour mettre fin aux tabous sur les genres et à la prédominance des rôles masculins au théâtre est de ne pas attribuer d'emblée un sexe aux personnages.

C'est ce que proposent Marie-Claude St-Laurent et Marie-Ève Milot dans leur pièce Chiennes, qui sera présentée au Théâtre d'Aujourd'hui en mars 2018.

On s'était rendues compte que dans notre écriture, les personnages qui occupaient des fonctions de pouvoir, naturellement on les attribuait à des personnages masculins. Quand on a pris conscience de ce biais-là, on s'est rendues compte qu'il fallait ouvrir notre propre imaginaire.

Marie-Claude St-Laurent, auteure et comédienne

Ainsi, les interprètes et les metteurs en scène peuvent choisir entre les deux sexes, ou décider délibérément de maintenir une ambiguïté quant au genre du personnage.

Elles espèrent ainsi susciter les discussions et défaire les réflexes qui tendent à privilégier les hommes, dans la vie comme au théâtre.

* Marie-Claude St-Laurent sera présente au Salon du livre de Rimouski, qui se tiendra du 2 au 5 novembre, pour parler de cet ouvrage.

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