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Un crâne dont la grosseur varie selon les saisons

Une musaraigne pygmée
Une musaraigne pygmée Photo: iStock
Radio-Canada

La boîte crânienne des musaraignes, des petits mammifères insectivores, rétrécit de 20 % à l'arrivée de l'hiver, avant de retrouver sa taille initiale à l'approche du printemps, ont établi des zoologistes allemands.

Ce phénomène particulier, dit de Delhnel, du nom du premier chercheur à l’avoir observé, intrigue les scientifiques, qui peinent toutefois à le comprendre.

Le zoologiste Javier Lazaro et ses collègues du département d’ornithologie de l'Institut Max Planck ont quand même réussi à en mesurer l’importance et à le documenter.

Pour y arriver, ils ont étudié 12 musaraignes de l'été 2014 à l'automne 2015. Ils ont anesthésié ces animaux avant de radiographier leur crâne et d'implanter une puce électronique sous leur peau pour pouvoir ensuite les identifier.

Les informations recueillies confirment les variations de la taille du crâne entre l'été, l'hiver et le printemps suivant chez tous ces petits mammifères, sans exception.

Nous avons constaté que toutes les musaraignes étudiées subissaient une réduction importante de leur crâne entre l'été et l'hiver. Ensuite au printemps, la boîte crânienne s'agrandit pour presque retrouver son volume initial l'été suivant.

Javier Lazaro

La tête en question

Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Current biology (Nouvelle fenêtre) (en anglais) ont également observé une diminution de la masse de la colonne vertébrale et du volume du cerveau. Cet organe perd de 20 % à 30 % de sa masse.

Javier Lazaro pense qu’en raison du métabolisme rapide des musaraignes, il est probable qu'une diminution de la taille de leurs organes les aide à survivre en hiver quand la nourriture se fait plus rare. Contrairement à d'autres animaux, les musaraignes ne migrent pas vers des régions plus chaudes en hiver et n'hibernent pas non plus. La réduction de la taille de leur tête permettrait donc d‘économiser de l'énergie.

Le processus derrière le rétrécissement du crâne reste à déterminer, mais les chercheurs pensent que les tissus dans les sutures de la boîte crânienne se résorberaient à l'approche de l'hiver avant de se régénérer au printemps, comme les tissus osseux.

Reste maintenant à savoir si ces changements structurels dans le cerveau de ces petits mammifères ont des effets sur leurs capacités cognitives.

Avec les informations de Agence France-Presse

Zoologie

Science