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Un 3e lien méconnu sous le fleuve Saint-Laurent

L'intérieur du tunnel Grondines-Lotbinière

L'intérieur du tunnel Grondines-Lotbinière

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Radio-Canada

Plusieurs l'ignorent, mais le fameux « troisième lien » existe déjà entre les deux rives du Saint-Laurent. Construit il y a 25 ans, le tunnel Grondines-Lotbinière fait circuler non pas des voitures sous le fleuve, mais bien de l'électricité.

Un texte de Maxime Corneau

Inauguré en 1992, ce tunnel de 4 kilomètres de long est presque tombé dans l’oubli. Hydro-Québec contrôle rigoureusement son accès, bloqué en permanence par une clôture discrète. La prise d’images de la porte d’entrée extérieure n’est pas autorisée pour des raisons de sécurité.

En pénétrant dans le tunnel à une quinzaine de mètres sous terre, il est facile de comprendre pourquoi son propriétaire en limite l'accès.

« Sous nos pieds, il y a des journées où il transite l’équivalent de 1 million de dollars d’énergie par jour », explique Jean-Pierre Tardif, conseiller en communication de l’Institut de recherche d’Hydro-Québec.

Un tunnel sous le fleuve

Le tunnel Grondines-Lotbinière permet de faire traverser la principale ligne d’exportation d’Hydro-Québec d'un côté à l'autre du Saint-Laurent. Cette ligne transporte l’hydroélectricité de Radisson, dans le nord du Québec, jusqu’à la région de Boston.

Un combat citoyen

À la fin des années 80, un groupe de citoyens s’était mobilisé contre Hydro-Québec qui souhaitait ériger des pylônes pour relier les deux rives du Saint-Laurent. Plusieurs craignaient que l'on défigure ainsi l'un des plus beaux paysages du Québec.

Après des années de protestation et d’audiences, Hydro-Québec avait dû se résoudre à enfouir sa ligne. L’opération avait coûté à l’époque 130 millions de dollars de plus que le budget prévu pour l'installation de pylônes. La société d'État ne dévoile pas le coût total du projet.

Les mineurs le jour où le creusage du tunnel a été terminé. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les mineurs le jour où le creusage du tunnel a été terminé.

Photo : Radio-Canada

Des câbles innovants

Le tunnel de béton de quelques mètres de diamètre abrite six câbles permettant de transporter 450 kilovolts d’électricité.

Ces câbles représentaient une première mondiale lors de leurs installations et avaient été développés par l’entreprise Hitachi, avec l’aide d’Hydro-Québec.

« Les câbles du réseau aérien ne sont pas isolés, les fils sont nus. C'est en aluminium la plupart du temps. Dans le cas des conducteurs d'une ligne souterraine, les câbles sont en cuivre, et on a une isolation qui est constituée de papier imbibé d'huile », explique Jean-Pierre Tardif.

Le câble en cuivre est isolé à l'aide d'un carton imbibé d'huile. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le câble en cuivre est isolé à l'aide d'un carton imbibé d'huile.

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Le tunnel est aussi utilisé par plusieurs entreprises afin d’y faire passer des câbles de fibres optiques.

Pas de voiture autorisée

Si des commentateurs ont déjà utilisé l’exemple du tunnel Grondines-Lotbinière pour le comparer à un projet de tunnel entre Québec et la Rive-Sud, Hydro-Québec martèle que son infrastructure n’est pas développée pour le transport automobile. La ventilation et la largeur du tunnel n'en permettraient pas une utilisation sécuritaire.

Cette voiturette est la seule autorisée à circuler dans le tunnel. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cette voiturette est la seule autorisée à circuler dans le tunnel.

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Le seul véhicule autorisé à circuler dans le tunnel est d’ailleurs une voiturette articulée qui peut se retourner sur elle-même en cas d’urgence.

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