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Airbus n'attend que l'appel d'offres pour proposer son Typhoon à Ottawa

Un employé d'Airbus travaille dans la cabine de pilotage d'un avion de chasse Eurofighter Typhoon.

Un employé d'Airbus travaille dans la cabine de pilotage d'un avion de chasse Eurofighter Typhoon.

Photo : Reuters / Phil Noble

La Presse canadienne

Airbus est en piste et n'attend plus que l'appel d'offres du gouvernement Trudeau pour lui proposer ses avions de chasse Eurofighter Typhoon.

Ottawa a menacé de ne plus faire affaire avec Boeing pour le remplacement de 18 appareils de sa flotte de CF-18 vieillissants. Le géant américain lui proposait son Super Hornet, un contrat dont la valeur n'est pas connue, mais que les analystes évaluent à environ 6 milliards de dollars.

De passage au Symposium sur le marché canadien de la défense et de la sécurité, lundi à Boucherville, le président d'Airbus Canada, Simon Jacques, a appelé le gouvernement fédéral à présenter un appel d'offres « ouvert et équitable » pour le remplacement de ses chasseurs militaires.

On a un très bon avion; si l'appel d'offres sort avec des critères qui sont justes pour tout le monde, c'est-à-dire que peu importe la compagnie, c'est ouvert et équitable, si c'est une vraie compétition, absolument qu'on a une chance de gagner.

Simon Jacques, président d'Airbus Canada

Airbus a décroché son premier contrat d'envergure l'an dernier avec le gouvernement du Canada, qui lui a commandé 16 avions de recherche et de sauvetage, une entente de 2,4 milliards de dollars, en plus de 2,3 milliards en entretien et service après-vente pour 20 ans. Le premier de ces appareils doit être livré à la fin de 2019.

M. Jacques a fait valoir que l'avionneur européen est déjà associé à plusieurs fournisseurs canadiens, dont CAE et Pratt & Whitney, pour ce contrat. Il ajoute qu'une équipe canadienne sera mise sur pied pour soumissionner à un éventuel contrat de chasseurs si les critères lui permettent d'offrir le Typhoon aux militaires canadiens. Il assure que l'industrie canadienne dans son ensemble en profiterait aussi.

On attend l'appel d'offres pour savoir si on a une chance de gagner ou pas et, en gagnant, ça nous prend des partenaires canadiens et québécois.

Simon Jacques, président d'Airbus Canada

Il a souligné que sa présence au Symposium visait justement à « parler aux fournisseurs pour leur expliquer comment travailler avec Airbus dans le futur, principalement pour la partie défense et aérospatiale ».

C Series : pas de garanties pour les fournisseurs québécois

Avec la prise de contrôle de la C Series par Airbus, le consortium européen se trouve maintenant dans une position favorable pour damer le pion au concurrent Boeing sur l'échiquier des avions de chasse.

L'avionneur américain, qui cherchait à bloquer l'entrée de la C Series aux États-Unis et possiblement faire échouer le programme en entier en réclamant des droits punitifs qui ont finalement atteint 300 %, s'est trouvé à remettre entre les mains d'Airbus une gamme complète d'appareils complémentaires à ceux qu'Airbus offrait déjà.

De perdre aux mains d'Airbus le contrat de remplacement des CF-18 serait un camouflet additionnel d'importance pour le géant américain.

Simon Jacques n'a toutefois pas voulu discuter des suites de la transaction avec Bombardier.

Interrogé quant à savoir si la chaîne d'approvisionnement québécoise pour l'assemblage de la C Series à Mirabel allait également être sollicitée pour les appareils qu'Airbus entend assembler à son usine de Mobile, en Alabama, M. Jacques s'est contenté d'un laconique : « Je ne peux pas répondre à cela. »

L'objectif d'Airbus, en assemblant l'appareil de Bombardier aux États-Unis, est de contourner la vague protectionniste américaine en offrant un avion construit sur place, ce qui empêcherait toute récidive en matière d'imposition de droits compensatoires et de droits antidumping.

Il est trop tôt pour savoir, cependant, quelle proportion de l'appareil ou de ses pièces devra provenir des États-Unis pour qu'il échappe à une nouvelle tentative de perturbation de Boeing.

Économie