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« Crystal meth » : la descente aux enfers est de plus en plus commune à Winnipeg

Radio-Canada

La consommation de méthamphétamine cristallisée (aussi appelée crystal meth) atteint de nouveaux sommets au Manitoba, selon des intervenants du domaine. Cette drogue ne fait pas de discrimination. Elle transcendce toutes les données démographiques, atteignant tous les quartiers de Winnipeg, peu importe le statut social et l'âge.

Robert Lidstone fait partie des Winnipégois qui ont eu une dépendance à cette drogue.

Aujourd'hui dans la mi-trentaine, il a grandi dans une famille heureuse et aimante. Il a passé son enfance dans une banlieue de Winnipeg; sa mère était infirmière, et son père, scientifique nucléaire.

Sa dépendance à la méthamphétamine cristallisée a commencé en 2006, alors qu'il terminait sa maîtrise en géographie. M. Lidstone luttait contre la dépression. Il a essayé la drogue de façon récréative, dit-il. Au troisième essai, il est devenu dépendant.

Je ne m’étais jamais vu comme quelqu'un qui aurait une dépendance à la drogue et certainement pas quelqu'un qui se retrouverait sans-abri...

Robert Lidstone, ancien toxicomane

Le problème de toxicomanie de Robert Lidstone a duré une décennie. Il a été contraint d’abandonner son doctorat à l’Université de York.

« Je pouvais être réveillé trois ou quatre jours consécutifs lorsque je consommais. [...] Je passais ces journées à la recherche de rapports sexuels ou à la lecture de journaux et de magazines dans les bibliothèques publiques », raconte-t-il.

Un expert ramasse une seringue avec un gant mauve.

Un morceau de seringue est ramassé dans le North End à Winnipeg. Les experts expliquent que l'augmentation de la méthamphétamine cristallisée est associée avec la hausse de seringues trouvées.

Photo : Radio-Canada / Jill Coubrough

Puis, arrivait le creux de l’effet de la drogue. Le rituel était le même : trouver quelque chose à manger et un refuge où dormir, explique-t-il.

« Je me souviens d'avoir marché à travers les aires de restauration des centres commerciaux Portage et City Place. Je regardais les gens manger et j’attendais que quelqu'un parte; s'il y avait des restes, je me faufilais et je les engloutissais. »

J'avais tellement honte et j'étais tellement dégoûté de moi-même.

Robert Lidstone, ancien toxicomane

Robert Lidstone n'a pas consommé de drogue depuis environ trois mois. On lui a diagnostiqué une dépendance à la drogue et un trouble de bipolarité.

Au cours de sa longue descente aux enfers et de ses séjours en désintoxication, il a réalisé que son histoire était bien plus commune qu’il ne le croyait.

« J'ai appris que beaucoup de gens qui venaient de milieux professionnels avaient des dépendances à des drogues comme la méthamphétamine cristallisée », déclare M. Lidstone.

La méthamphétamine en cristaux inonde le marché

La méthamphétamine cristallisée est devenue un stimulant de choix, car son coût est faible, l’effet est de longue durée, et elle est facilement accessible, selon des experts.

L’effet dure plus de 12 heures. En comparaison, l’effet de la cocaïne, une drogue plus chère, s’estompe après 30 à 45 minutes, explique l'inspecteur Max Waddell, de l'unité du crime organisé du Service de police de Winnipeg.

La méthamphétamine cristallisée a commencé à émerger à Winnipeg au début des années 2000, mais ce n'est qu'en 2012 que la police a vu les saisies de cette drogue « grimper en flèche », précise M. Waddell.

Sur une table, des sac de drogues d'une saisi sont étalés.

Le Service de police de Winnipeg a saisi 11 grammes de méthamphétamine, évalués à environ 1650 $, en juillet 2017.

Photo : Radio-Canada / Cliff Simpson

Une drogue lourde de conséquences

L’augmentation de la méthamphétamine cristallisée dans les rues de Winnipeg s,accompagne de symptômes alarmants.

Le Service de police de Winnipeg a enregistré une augmentation de 8 % des crimes violents cette année par rapport à l'année dernière, qu'il attribue en grande partie à l'augmentation de l'utilisation de cette drogue.

C'est la raison pour laquelle ils [les gens dépendants] font irruption dans les maisons, ils volent des vélos… Ils revendent des biens volés pour obtenir de l'argent.

Max Waddell, inspecteur de l'unité du crime organisé du Service de police de Winnipeg

Les interventions policières dues à la méthamphétamine cristallisée, que ce soit pour un crime ou une personne en détresse, sont de plus en plus dangereuses pour les policiers.

Les personnes droguées par la méthamphétamine n’ont pas vraiment le contrôle sur elles-mêmes.

Max Waddell, inspecteur de l'unité du crime organisé du Service de police de Winnipeg

Les stimulants tels que la méthamphétamine cristallisée peuvent provoquer une psychose, de la paranoïa, des hallucinations et des délires. Cela peut entraîner un comportement irrationnel et agressif, selon la police et des professionnels de la santé.

Manitoba

Drogues et stupéfiants