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Crise des Rohingyas : Ottawa dépêche Bob Rae au Myanmar

Des réfugiés ronhingyas font la queue pour recevoir de la nourriture dans un camp installé au Bangladesh.

Photo : Reuters / Zohra Bensemra

Radio-Canada

Le premier ministre Justin Trudeau nomme l'ancien chef libéral fédéral intérimaire Bob Rae comme envoyé spécial pour le Myanmar, a appris Radio-Canada. Cette décision survient au moment où la crise des réfugiés rohingyas continue de secouer ce pays d'Asie du Sud-Est et les nations environnantes.

Un texte de Hugo Prévost

Le ministère des Affaires mondiales indique que le modèle d'intervention s'appuyant sur un envoyé spécial a déjà fait ses preuves au Soudan du Sud, où fait toujours rage une guerre civile meurtrière.

Dès que la crise a éclaté dans l'État de Rakhine, « le gouvernement a voulu être un chef de file international » dans ce dossier, plaide un responsable ministériel qui a réclamé l'anonymat.

L'État de Rakhine est une région du nord du Myanmar où vivent une majorité de Rohingyas, une minorité musulmane largement sans papiers et discriminée par une bonne partie de la majorité bouddhiste du reste du pays.

Bob Rae a été premier ministre néo-démocrate de l'Ontario, député libéral fédéral et chef intérimaire du Parti libéral du Canada.

Bob Rae a été premier ministre néo-démocrate de l'Ontario, député libéral fédéral et chef intérimaire du Parti libéral du Canada.

Photo : Radio-Canada

L'envoi de M. Rae est présenté comme « une étape logique » dans la résolution de la crise. Il se rendra sur le terrain pour y recueillir des informations quant aux persécutions qui ont déjà poussé plusieurs centaines de milliers de Rohingyas à fuir vers le Bangladesh voisin.

Le gouvernement canadien souhaite par ailleurs « rassembler un mouvement international pour soutenir et protéger les Rohingyas et les autres minorités au Myanmar ».

Une fois sa collecte de données effectuée, Bob Rae soumettra des pistes de solution au premier ministre Justin Trudeau pour tenter de mettre fin à la crise.

Ottawa a déjà manifesté auprès du gouvernement birman son inquiétude au sujet de la situation en cours dans l'État de Rakhine.

L'ambassadrice canadienne au Myanmar, Karen MacArthur, est ainsi décrite comme étant « très active » et ayant « de très bonnes relations avec le gouvernement birman, et pouvant parler très franchement et directement ».

M. Trudeau a par ailleurs contacté par téléphone et par écrit la leader birmane, Aung San Suu Kyi, pour exprimer les problèmes constatés par le Canada dans le dossier des Rohingyas. La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland s'est également entretenue avec Mme Suu Kyi.

Ottawa précise toutefois que le système est un peu différent au Myanmar : Aung San Suu Kyi est responsable du gouvernement civil, mais l'armée n'est pas sous son contrôle.

Celle-ci contrôle notamment le ministère de l'Intérieur et celui responsable de la sécurité frontalière.

Les forces armées birmanes ont été accusées par la ministre Freeland de se livrer à un « nettoyage ethnique ».

Le président français Emmanuel Macron a plutôt évoqué un « génocide ».

Des réfugiés rohingyas forment une longue file vers un camp de fortune établi au Bangladesh.

Des réfugiés rohingyas forment une longue file vers un camp de fortune établi au Bangladesh.

Photo : Reuters / Jorge Silva

Le ministère reconnaît que si la crise perdure, il pourrait recommander que le gouvernement impose des sanctions contre le Myanmar.

Pour l'instant, toutefois, la priorité est à la réussite de la mission d'observation de M. Rae.

« C'est un homme qui est passionné par les droits humains, qui veut continuer à être actif, et après avoir servi deux partis lors de sa carrière politique, il désire servir son pays », affirme le responsable ministériel.

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